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LE MARCHAND DE LIGNERY, FRANÇOIS-MARIE, officier dans les troupes de la Marine, né à Montréal le 24 août 1703, fils de Constant Le Marchand* de Lignery et d’Anne Robutel de La Noue, décédé le 28 juillet 1759.

Lignery entra dans les troupes de la Marine comme cadet à l’âge de 14 ans, mais il ne servit activement qu’en 1728, alors qu’il participa, comme aide de camp, à la campagne menée par son père contre les Renards. Il fut promu enseigne en second en 1733, puis, durant l’hiver de 1734–1735, il accompagna Nicolas-Joseph de Noyelles de Fleurimont dans une nouvelle campagne contre les Renards. En 1739, Lignery servit comme major dans le détachement que Charles Le Moyne de Longueuil mena contre les Chicachas. Le 17 mai 1741, il fut promu enseigne sur la recommandation de Longueuil. Plus tard au cours de l’année, Lignery fut nommé aide-major de Montréal, et devint lieutenant en 1744.

D’abord l’ennemi des Indiens, Lignery devait devenir celui des Anglais en 1744, lorsque la guerre de la Succession d’Autriche s’étendit en Amérique du Nord. En avril 1745, il servit comme major et commandant en second sous les ordres de Paul Marin de La Malgue, lors d’une attaque contre Port-Royal (Annapolis Royal, N.-É.). Lignery participa à deux autres campagnes en Acadie, soit le blocus de 22 jours de Port-Royal, en octobre 1746, sous le commandement de Jean-Baptiste-Nicolas-Roch de Ramezay*, et le raid conduit par Nicolas-Antoine Coulon de Villiers contre un détachement anglais, à Grand-Pré quatre mois plus tard. Le 1er avril 1751, ayant participé à 12 campagnes différentes et grâce à une chaleureuse recommandation du gouverneur La Jonquière [Taffanel], Lignery fut promu capitaine.

Il retourna alors dans l’Ouest, où, le 9 juillet 1755, il joua, avec Jean-Daniel Dumas*, un rôle majeur dans la défaite de l’armée du général Edward Braddock, lors de la bataille de la Monongahéla ; il reçut la croix de Saint-Louis. Huit mois plus tard, il fut nommé commandant sur l’Ohio, en remplacement de Dumas, avec la mission de maintenir la loyauté des tribus de l’Ouest et de harceler les Anglais par de fréquentes sorties. Pendant les deux années qui suivirent, à partir de sa base du fort Duquesne (Pittsburgh, Penn.), Lignery envoya plusieurs détachements effectuer des raids en Virginie et en Pennsylvanie. Ceux-ci furent tellement bien menés qu’ils affectèrent grandement le moral des Anglo-Américains. En mars 1758, le général John Forbes reçut le commandement des opérations devant être effectuées contre le fort Duquesne ; il s’en approcha lentement, établissant à mesure qu’il avançait des postes de ravitaillement bien gardés. Les attaques répétées de Lignery pour entraver ces opérations furent efficaces. Les 14 et 15 septembre 1758, Lignery défit aisément l’armée de 800 hommes dirigée par le major James Grant du 77e régiment écossais et continua ses attaques improvisées.

Cependant, le fort Frontenac (Kingston, Ont.) était tombé en août ; on se trouvait à la fin de la saison, alors que les provisions diminuaient, que les alliés indiens désertaient et que l’armée principale de Forbes augmentait quotidiennement ses effectifs. En novembre, un conseil de guerre prit la décision d’abandonner le fort Duquesne. Lignery décida alors d’envoyer la majeure partie de ses troupes à Montréal, à Détroit et au pays des Illinois ; il retarda la destruction du fort jusqu’au 23 novembre, date à laquelle l’armée de Forbes n’était plus qu’à 12 milles, puis il se retira au fort Machault à Venango (Franklin, Penn.), sur la rivière Ohio.

Du fort Machault, où ses effectifs reprirent de nouveau de l’importance en 1759, il reprit ses raids contre les Anglais. Cependant, le 6 juillet, le commandant de Niagara (près de Youngstown, N.Y.), Pierre Pouchot, assiégé par les Anglais, demanda l’aide de Lignery. Abandonnant l’idée d’une attaque importante contre le fort Pitt, que les Anglais avaient construit pour remplacer le fort Duquesne, Lignery s’avança sur Niagara. Le 24 juillet, il tomba dans une embuscade avec sa troupe de Français et d’Indiens et fut fait prisonnier. Le fort capitula le 25 et Lignery mourut de ses blessures le 28 du même mois.

Le 27 janvier 1738, Lignery avait épousé à Montréal, Marie-Thérèse, fille de Daniel Migeon de La Gauchetière ; de cette union naquirent sept enfants, dont deux moururent en bas âge. Ses fils devinrent officiers dans les troupes de la Marine ; sa veuve et ses deux filles se retirèrent en France avec des pensions du gouvernement.

C. J. Russ

AN, Col., E, 125 ; Col., F3, 15, ff.225–230.— Journal du chevalier de Lévis (Casgrain), 155, 161–164, 166.— Journal du marquis de Montcalm (Casgrain), 110s., 149–151, 192, 245, 462s., 473–475, 493.— Lettres de M. de Bourlamaque (Casgrain), 23, 26, 152, 193, 280s.— Lettres du chevalier de Lévis (Casgrain), 217s.— Lettres et pièces militaires (Casgrain), 153.— Une expédition canadienne à la Louisiane en 1739–1740, RAPQ, 1922–1923, 157, 181, 184–189.— Fauteux, Les chevaliers de Saint-Louis, 161s.— Le Jeune, Dictionnaire.— Frégault, La guerre de la conquête, 310s., 332s., 350s.— Gosselin, LÉglise du Canada jusquà la conquête, III : 410–412, 491.— Kellogg, French régime, 425s., 434.— McLennan, Louisbourg, 148s.— Stanley, New France, 99, 149, 186–191, 214–221.

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C. J. Russ, « LE MARCHAND DE LIGNERY, FRANÇOIS-MARIE », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 3, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 21 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/le_marchand_de_lignery_francois_marie_3F.html.

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Auteur de l'article:   C. J. Russ
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Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1974
Année de la révision:   1974
Date de consultation:   21 décembre 2014