Pierre Hertel de Moncours (1687–1739) est issu d’une famille canadienne reconnue pour ses nombreux faits d’armes en Nouvelle-France. C’est en combattant aux côtés de guerriers autochtones, bien plus qu’en recevant une formation traditionnelle, qu’il devient un militaire aguerri. Commandant de la garnison du fort de Pointe-à-la-Chevelure en 1731, Moncours est ensuite envoyé à la baie des Puants, région où les tensions montent avec la nation des Renards (Mesquakies) et avec les coureurs de bois.

HERTEL DE MONCOURS (Montcourt), PIERRE, officier dans les troupes de la Marine, né à Trois-Rivières le 18 mars 1687 et baptisé le lendemain, onzième enfant de Joseph-François Hertel de La Fresnière et de Marguerite Josephe de Thavenet, décédé le 28 février 1739 et inhumé le 1er mars suivant à Montréal.

Pierre de Moncours et ses frères entrèrent dans les troupes de la marine. C’est en prenant part à des incursions bien plus qu’en recevant une formation militaire traditionnelle qu’ils se rompirent au métier des armes ; ils devinrent très habiles dans les relations avec les nations autochtones. En 1731, on confia à Zacharie-François Hertel* de La Fresnière, frère de Moncours, la tâche d’ériger à Pointe-à-la-Chevelure, sur le lac Champlain, un fort ceinturé d’une palissade qu’on nommera plus tard fort Saint-Frédéric ; Moncours y prit le commandement de la garnison. Par ailleurs, il eut le malheur de perdre une partie de ses biens personnels dans l’incendie de Montréal en 1734. On le désigna par la suite au poste de commandant à la baie des Puants (Green Bay, Wisconsin). Un an avant l’arrivée de Moncours, Nicolas-Antoine Coulon de Villiers avait tenté, mais sans succès, d’écraser les Renards (Mesquakies) dans cette région. Moncours entreprit de collaborer avec les trafiquants de fourrures établis à ce poste mais, en 1736, le gouverneur Charles de Beauharnois* de La Boische écrivit au ministre Maurepas [Phélypeaux] pour se plaindre de celui qu’il avait désigné à la baie des Puants, car il avait passé outre aux ordres et séquestré des coureurs de bois. Le gouverneur rappela Moncours l’année suivante.

Pierre Hertel de Moncours épousa Thérèse d’Ailleboust, à Montréal, le 17 novembre 1721. Elle était la fille de Paul d’Ailleboust* de Périgny et la nièce des célèbres frères Nicolas, Pierre et Jean-Baptiste d’Ailleboust. Deux enfants naquirent de cette union ; l’un d’eux, Pierre, devint officier dans les troupes de la marine et fut tué à Niagara en 1759, au cours de la guerre de Sept Ans. Hertel de Moncours mourut le 28 février 1739.

C. C. J. Bond

AN, Col., C11A, 54, f.134 ; 65, f.152 ; Col., D2C, 222.— Provost, Inventaire de documents, RHAF, IV (1950–1951) : 595.— Gagnon, Noms propres au Canada français, BRH, XV (1909) : 94.— Le Jeune, Dictionnaire, II : 297.— Tanguay, Dictionnaire, I : 152 ; IV : 497.— P.-G. Roy, Hommes et choses du Fort Saint-Frédéric (Montréal, 1946), 158ss ; La famille Margane de Lavaltrie, BRH, XXIII (1917) : 42.

Bibliographie de la version modifiée :
Bibliothèque et Arch. nationales du Québec, Centre darch. de la Mauricie et du Centre-du-Québec (Trois-Rivières), CE401-S48, 19 mars 1687 ; Centre darch. de Montréal, CE601-S51, 1er mars 1739.

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C. C. J. Bond, « HERTEL DE MONCOURS (Montcourt), PIERRE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 2, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 8 août 2026, https://www.biographi.ca/fr/bio/hertel_de_moncours_pierre_2F.html.

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Éditeur:    Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:    1969
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Date de consultation:    8 août 2026