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ABRAHAM, JOHN, gouverneur à Port Nelson ; circa 1672–1689.

Il entra au service de la Hudsons Bay Company vers 1672 et servit dans la baie James durant les années 1672–1675 et 1676–1678 sous les ordres du gouverneur Charles Bayly, contre qui il porta des accusations de mauvaise administration. En 1679, Abraham fut nommé adjoint de John Nixon, qui était le successeur de Bayly. Bien qu’au moment de l’embarquement il se soit esquivé avec une avance sur son traitement, il fut engagé en 1681 comme officier à bord du Diligence (capitaine : Nehemiah Walker) et passa l’hiver dans la baie James.

En dépit des critiques dont il était l’objet de la part de Nixon, Abraham fut nommé capitaine du George en 1683, avant de s’embarquer pour Port Nelson où, en 1682, le gouverneur John Bridgar était allé établir un fort. Au cours de ce voyage, Abraham prêta main-forte à Nehemiah Walker pour capturer le bâtiment interlope Expectation. Arrivant à destination, il prit le commandement après avoir découvert que le poste de la compagnie avait été détruit et que Bridgar et Benjamin Gillam*, le contrebandier originaire de la Nouvelle-Angleterre, avaient été faits prisonniers et emmenés à Québec par Radisson* et Chouart Des Groseilliers. Après un hiver passé à harceler Jean-Baptiste Chouart, fils de Des Groseilliers, et à lui faire concurrence, Abraham avait déjà entrepris le voyage de retour quand il fut nommé gouverneur de Port Nelson. Il rebroussa chemin et, au cours des premières semaines de son mandat, il fit construire le fort York (Bourbon) sous la direction de George Geyer et repoussa une attaque de M. de Bermen* de La Martinière, nouvellement arrivé dans la région, au service de la Compagnie du Nord. En 1685, après un hiver d’escarmouches, les Français se retirèrent.

En apprenant qu’Abraham avait quitté Port Nelson en 1684, avant l’arrivée des vaisseaux venus d’Angleterre, le comité révoqua son mandat et le nomma adjoint du gouverneur Thomas Phipps. Il occupa ce poste en 1685–1686 et fut alors rappelé parce que, entre autres raisons, le comité jugea qu’il avait manqué d’audace et de sagacité en 1684–1685 dans sa résistance aux Français, alors qu’il avait sur eux l’avantage. Une de ses dernières tâches fut d’explorer la rivière Churchill en 1686. Le rapport enthousiaste qu’il rédigea sur les possibilités de cette région éveilla les soupçons du comité sur ses ambitions personnelles.

Abraham entreprit ensuite une expédition de contrebande dans la baie d’Hudson, à bord de la Mary, mais à cause de certaines mesures prises par la compagnie pour protéger son monopole, il ne put mettre à la voile avant 1688 ; il était alors devenu l’associé du mécontent, John Outlaw. La Mary fut détruite par les glaces du détroit d’Hudson et son équipage fut ramené à la rivière Albany (Quichicouane) à bord de vaisseaux de la compagnie. Tout en évitant de provoquer les Français, on tenta de s’y établir, sous les ordres de John Marsh, afin de reconquérir le prestige que Pierre de Troyes s’était acquis et le commerce qu’il avait accaparé en 1686. Malgré la paix qui régnait entre leurs souverains respectifs, les détachements rivaux en vinrent aux prises. Abraham fut livré aux Français en otage, changea d’allégeance et passa le reste de sa vie à se livrer à des actes de piraterie aux dépens du commerce anglais dans le Saint-Laurent. Les archives de la compagnie font mention de sa femme, Mary, entre 1677 et 1686.

Alice M. Johnson

HBRS, VIII, IX (Rich) ; XI, XX (Rich and Johnson) ; XXI (Rich).

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Alice M. Johnson, « ABRAHAM, JOHN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 nov. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/abraham_john_1F.html.

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Auteur de l'article:   Alice M. Johnson
Titre de l'article:   ABRAHAM, JOHN
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1966
Année de la révision:   1966
Date de consultation:   23 novembre 2014