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ALLAN, PETER JOHN, poète, né le 6 juin 1825 à York, Angleterre, troisième fils du docteur Colin Allan et de Jane Gibbon ; décédé le 21 octobre 1848 à Fredericton.

Le père de Peter John Allan avait été chef du service de santé à Halifax avant de prendre sa retraite et d’aller s’installer à Fredericton en 1836. C’est là que Peter John grandit ; il fréquenta le King’s College pendant quelque temps, mais il le quitta avant d’avoir obtenu son diplôme et se tourna ensuite vers l’étude du droit. À peu près au même moment, ayant adopté, comme il le disait, « cette aimable marotte qu’est l’art de versifier », il commença à faire paraître ses compositions dans le New Brunswick Reporter and Fredericton Advertiser, journal local publié par James Hogg*, lui-même quelque peu poète. Encouragé par l’accueil que recevaient ses vers et plutôt ennuyé par ses études de droit, Allan se mit à préparer la publication d’un recueil de poèmes. Il en vendit suffisamment d’exemplaires à l’avance pour garantir le paiement des frais de publication et il avait mis la dernière main au manuscrit quand il mourut subitement à Fredericton le 21 octobre 1848, après une brève maladie. Ses poèmes furent publiés à titre posthume à Londres par son frère pendant l’été de 1853 ; le volume s’intitulait The poetical remains of Peter John Allan [...].

Dans sa recension du recueil d’Allan, le Morning Post de Londres déclarait : « Sa poésie n’est peut-être pas la meilleure qui se puisse imaginer ; elle ne relève sans doute pas de la plus haute inspiration ; on ne peut pas vraiment la qualifier de véhémente, d’irrésistible, de passionnée ou de sublime, mais elle est touchante et contemplative ; [elle] est essentiellement douce et humaine [...] singulièrement agréable, élégante et tendre, et part d’un sentiment pur et élevé. » Cette critique est assez juste et peut-être même généreuse, mais naturellement elle examine les efforts d’Allan à la lumière des attentes littéraires des Britanniques plutôt que de les replacer dans le contexte culturel qui était celui du Nouveau-Brunswick vers le milieu du xixe siècle. Ce qui n’offrait qu’un intérêt passager pour la métropole eut un effet plus marqué sur les poètes de la province. Les meilleurs vers d’Allan apportent une note nouvelle dans la poésie des Maritimes :

Je t’entends dans le cours bouillonnant des sources,
                        Le joyeux chant ascendant de l’alouette,
                        Le zéphyr qui soupire dans l’air du soir ;
                        Je t’entends – tu es la nature venue à moi ;
                        Et tout espoir terrestre, tout souci fiévreux
                        S’évanouit dès que je t’imagine, toi
                        Dont l’amour peut vaincre jusqu’au dur désespoir
                        De savoir que tu ne seras jamais mienne.

Influencé par la pensée esthétique des poètes romantiques et surtout par le style et la versification de lord Byron, Peter John Allan sut, dans ses poèmes les mieux réussis, rompre avec les attitudes moralistes et le ton sentimental qui dominaient la poésie coloniale depuis la fin du xviiie siècle. Il s’enthousiasmait devant les possibilités de l’imagination humaine, devant la gamme d’expériences que cette faculté ouvre à la conscience et devant la relation qui unit le monde naturel à la réalité idéale, que seule l’imagination a révélée à l’homme. Dans ses plus beaux vers, il se sert de cette intense sensibilité à la réalité idéale pour maîtriser le flot des émotions qui l’envahit lorsqu’il est placé devant la beauté sensuelle de la nature. Cette maîtrise donne à ses vers une solidité intellectuelle que l’on ne retrouve pas chez des poètes contemporains des Maritimes comme Joseph Howe* et Mary Jane Katzmann* (Lawson), qui ont une vision sentimentale de la nature. Sans doute peu de gens remarquèrent-ils la nouveauté de l’œuvre d’Allan. Elle eut un effet immédiat, quoique discret, sur la poésie de James Hogg, mais il fallut attendre les premiers vers de Charles George Douglas Roberts* et de William Bliss Carman* pour retrouver dans la poésie des Maritimes un équilibre aussi subtil entre la perception intellectuelle et la sensibilité émotive.

Thomas B. Vincent

Peter John Allan est l’auteur de : The poetical remains of Peter John Allan, esq., late of Fredericton, New Brunswick, with a short biographical notice, Henry Christmas, édit., introd. de J. M’G. Allan (Londres, 1853).

Church of Jesus Christ of Latter-Day Saints, Geneal. Soc. (Salt Lake City, Utah), International geneal. index.— New-Brunswick Courier, 28 oct. 1848.— New Brunswick Reporter and Fredericton Advertiser, 1846–1853, particulièrement le numéro du 30 sept. 1853 qui cite le Morning Post (Londres).— DNB. L. M. Beckwith Maxwell, The River StJohn and its poets ([Newcastle, N.-B.], 1946)

Bibliographie générale

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Thomas B. Vincent, « ALLAN, PETER JOHN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 7, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 2 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/allan_peter_john_7F.html.

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Auteur de l'article:   Thomas B. Vincent
Titre de l'article:   ALLAN, PETER JOHN
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 7
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1988
Année de la révision:   1988
Date de consultation:   2 octobre 2014