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ALLISON, DAVID, professeur, administrateur scolaire et auteur, né le 3 juillet 1836 à Newport, Nouvelle-Écosse, fils de James Whidden Allison et de Margaret Elder ; le 18 juin 1862, il épousa à Richibucto, Nouveau-Brunswick, Elizabeth Powell (décédée en 1898), et ils eurent cinq fils, puis le 3 juillet 1902, à Montréal, Ellen Elizabeth Cummins ; décédé le 13 février 1924 à Halifax.

Issu d’une famille écossaise de l’Ulster, David Allison avait une bonne position sociale et des relations politiques. Dans son enfance, son père, fermier prospère et magistrat, représenta le canton de Newport à titre de député conservateur à la Chambre d’assemblée pendant un mandat. Formé d’abord dans une école de rang et à la Dalhousie Collegiate School de Halifax, Allison étudia ensuite durant quatre ans à la Wesleyan Academy de Sackville, au Nouveau-Brunswick, qui avait été fondée par un parent à lui, Charles Frederick Allison*. Suivant l’exemple d’autres jeunes méthodistes talentueux des Maritimes, il alla se perfectionner à la Wesleyan University de Middletown, au Connecticut, où il obtint une licence ès arts en 1859. Le même établissement lui décerna une maîtrise ès arts trois ans après. À ce moment-là, Allison était de retour à Sackville et enseignait les humanités à la Wesleyan Academy. En 1859–1860, il avait dirigé le Stanstead Seminary, dans le Bas-Canada.

Dès l’ouverture du Mount Allison Wesleyan College à Sackville en 1862, Allison devint professeur d’humanités ; il enseignait aussi l’économie politique, l’histoire constitutionnelle et le droit international. En 1869, il succéda à Humphrey Pickard* à la direction du collège, alors fréquenté par 21 élèves. Les neuf ans de son premier directorat furent fertiles en événements. Malgré une faible hausse des inscriptions, le collège surmonta, par d’énergiques campagnes de financement, la perte de la subvention du gouvernement du Nouveau-Brunswick en 1872 et accepta en 1876 de faire partie de la University of Halifax, fédération d’établissements régionaux qui n’offrait pas elle-même de cours (et qui s’avérerait un échec en 1881). En outre, le collège décerna en 1875 une licence ès sciences et ès littérature anglaise à Grace Annie Lockhart, qui devint ainsi la première femme de l’Empire britannique à obtenir un diplôme universitaire de premier cycle. Allison n’était vraisemblablement pas un champion de l’accès des femmes aux études supérieures. Ce fut surtout son collègue le professeur James Robert Inch* qui, semble-t-il, joua ce rôle. Allison affirmait que « la plus haute mission de toute femme » était de seconder « un homme bon, honnête [et] fidèle ». On rapporte que, à l’occasion, il manifestait son agacement à l’égard des étudiantes qui soutenaient un autre point de vue dans leurs dissertations. Néanmoins, il disait que « toute éducation qui établit une distinction entre les sexes fait fausse route ».

En novembre 1877, Allison accéda à la surintendance de l’Éducation en Nouvelle-Écosse ; il continua cependant d’exercer ses fonctions à Mount Allison jusqu’à ce qu’Inch lui succède à la fin de l’année scolaire 1877–1878. Le gouvernement libéral ne l’avait pas choisi uniquement en raison de son expérience d’éducateur et d’administrateur. Son appui à la University of Halifax, initiative du premier ministre Philip Carteret Hill*, était aussi un atout, de même que sa foi méthodiste, garante de son impartialité en cette époque de tensions entre presbytériens et catholiques. Enfin, à cause de ses liens avec les conservateurs, on ne le soupçonnerait pas d’avoir été nommé pour des motifs politiques. Sans jamais cacher ses préférences conservatrices, Allison s’efforçait de ne pas se montrer partisan en public. On dit qu’il s’était prononcé contre l’entrée des Maritimes dans la Confédération et avait sympathisé avec le chef des anticonfédérateurs du Nouveau-Brunswick, Albert James Smith*. Si tel était le cas, il ne tarda pas à rejoindre les rangs des conservateurs favorables à la Confédération.

En tant que surintendant de l’Éducation, Allison voulait que les écoles publiques de la Nouvelle-Écosse mettent l’accent sur la formation générale et résistait aux tentatives de ceux qui cherchaient à faire de l’instruction publique un instrument de réforme progressiste. Il était tiède à l’endroit de l’adoption d’un projet de loi sur la fréquentation scolaire obligatoire et prônait le maintien de mécanismes de décision décentralisés. Dans toutes ces matières, comme dans le cas de la prohibition – pour laquelle il dissimulait mal son dédain –, il luttait sans grand succès contre la vague réformiste. Il dut être soulagé de retourner à Mount Allison en 1891 pour un deuxième mandat de directeur, même si, en quittant son poste de surintendant, il abandonnait l’instruction publique en Nouvelle-Écosse aux mains des réformistes [V. Alexander Howard MacKay]. Dans les 20 années suivantes, Mount Allison connut une expansion remarquable, mais au moment où Allison prit sa retraite – en 1911, à l’âge de 75 ans – on le respectait tout en étant gêné de voir à quel point il maîtrisait mal certains aspects de la vie universitaire, par exemple la discipline des étudiants et les finances.

Dans d’autres domaines, par contre, Allison conservait une vitalité qui le soutiendrait durant une longue retraite. Signe qu’il avait gardé une réputation d’impartialité, il appartint en 1908 à un conseil de conciliation (où se trouvait aussi l’économiste politique Adam Shortt*) qui régla un conflit à Sydney Mines entre la Nova Scotia Steel Company Limited et les mineurs en grève. À son domicile de Halifax, il s’occupait en corrigeant des examens provinciaux. Il avait déjà compilé une grammaire anglaise pour les écoles de la Nouvelle-Écosse. Il se mit à écrire une histoire générale de la province. Cet ouvrage paru en 1916 ne se distinguait pas du point de vue historiographique, mais il était d’une facture agréable.

David Allison avait un physique imposant et une voix tonnante. Il aimait les sports : adepte des courses hippiques dans sa jeunesse, il se laissait aller, dans sa maturité, à manifester son appui à l’équipe de rugby de Mount Allison en usant d’un langage peu convenable pour un éminent laïque et prédicateur méthodiste. Ses contemporains ont donc laissé à son sujet des témoignages contradictoires. D’après un ancien élève, Allison était « une personne directe, rude quoi ». Selon un autre, son éloquence en classe – à laquelle correspondait sa vigueur en chaire – faisait de lui « un chef charismatique et un prince parmi les professeurs ». Impulsif et passionné, Allison était dépourvu de la patience et de la persévérance qui lui auraient permis de défendre plus adroitement ses valeurs conservatrices en matière d’éducation et de religion. On raconte que, vieux et malade, il entendit sa femme converser avec un journaliste à la porte avant de la maison et qu’il rassembla ses forces pour crier, du haut de l’escalier : « Dis-lui que je suis tory et méthodiste ! ». Tant à cause de son contenu que de la manière dont il la lança, cette phrase aurait bien pu lui servir d’épitaphe.

John G. Reid

On trouve des documents sur la carrière de David Allison comme recteur du Mount Allison College surtout dans les collections des Mount Allison Univ. Arch. à Sackville, au Nouveau-Brunswick ; il n’a laissé, sur cette partie de sa carrière, que quelques papiers. On peut consulter avec profit des lettres aux Mount Allison Univ. Arch., 7508 (B. C. Borden fonds). Des dossiers officiels, par exemple des annuaires et des procès-verbaux d’organismes administratifs, donnent des détails sur le développement de l’établissement pendant le mandat d’Allison. La principale source d’information sur la période où Allison a été surintendant de l’Éducation de la Nouvelle-Écosse se trouve dans son Annual report (Halifax), 1879–1891 ; le texte de R. N. Henley intitulé « The transformation of common schooling in Nova Scotia, 1877–1896 » (thèse de ph.d., Univ. of Toronto, 1997) est indispensable à l’interprétation de cette période. Allison a rédigé, avec Clyde Edwin Tuck, History of Nova Scotia (3 vol., Halifax, 1916). [j. g. r.]

Mount Allison Univ. Arch., 5501 (R. C. Archibald papers) ; Biog. files, David Allison.-- Argosy Weekly (Sackville), 29 mars 1924.-- Chignecto Post and Borderer (Sackville), 3 juin 1880.-- Morning Chronicle (Halifax), 14 févr. 1924.-- Provincial Wesleyan (Halifax), 1er août 1860.-- Sydney Daily Post (Sydney, N. É.), 28–30 juill., 3–4 août 1908.-- Wesleyan (Halifax), 3, 10 août 1898.-- Canadian men and women of the time (Morgan ; 1898 et 1912).-- D. W. Johnson, History of Methodism in Eastern British America [...] ([Sackville], s.d.).-- The Legislative Assembly of Nova Scotia, 1758–1983 : a biographical directory, S. B. Elliott, édit. ([Halifax], 1984).-- L. A. Morrison, The history of the Alison, or Allison family in Europe and America [...] (Boston, Mass., 1893).-- J. W. O’Brien, A parson reminisces : a mélange of recollections and reflections (Sackville, s.d.).-- J. G. Reid, Mount Allison University : a history, to 1963 (2 vol., Toronto, 1984).-- Benjamin Russell, Autobiography of Benjamin Russell (Halifax, 1932).-- Standard dict. of Canadian biog. (Roberts et Tunnell).

Bibliographie générale

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John G. Reid, « ALLISON, DAVID », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 15, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/allison_david_15F.html.

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Auteur de l'article:   John G. Reid
Titre de l'article:   ALLISON, DAVID
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 15
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   2005
Année de la révision:   2005
Date de consultation:   23 octobre 2014