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ANADABIJOU, chef montagnais ; circa 1611.

C’est probablement la réputation de « grand sagamo » dont jouissait Anadabijou, qui porta Champlain et François Gravé Du Pont à se rendre à sa case « à la poincte de Sainct Matthieu » trois jours après leur arrivée à Tadoussac le 24 mai 1603. Avec quelque 80 à 100 membres de sa tribu, Anadabijou célébrait la victoire récente d’une armée de 1 000 guerriers montagnais, algonquins et etchemins sur les Iroquois, à l’embouchure de la rivière des Iroquois (le Richelieu). C’était là un événement important, car ces tribus passaient maintenant à la défensive dans leurs relations avec leurs ennemis traditionnels, les Iroquois, qui retournaient dans la vallée du Saint-Laurent après en avoir été chassés vers 1570–1603.

Français et Indiens se firent des déclarations d’amitié réciproque. L’un des deux Indiens que Gravé avait déjà emmenés avec lui en France parla de son séjour là-bas et de l’accueil amical que le roi de France lui avait fait, donnant l’assurance que le roi voulait peupler leur pays et qu’il les aiderait à vaincre leurs ennemis.

Anadabijou fuma le calumet avec Champlain et Gravé et exprima sa satisfaction, soulignant « les avantages qu’ils [les Indiens] pourraient compter recevoir de Sa Majesté ». C’est le premier compte rendu d’une réunion où il fut question d’une alliance entre les Français, d’une part, et les Algonquins, les Montagnais et les Etchemins, d’autre part, contre leurs ennemis communs, les Iroquois ; les Français devaient rester fidèles à cette politique et il en résulta un siècle de conflits entre eux et les Iroquois.

Le festin de la victoire se poursuivit et l’on consomma de huit à dix grandes marmites de viande d’orignal, d’ours, de phoque, de castor et de gibier d’eau. Le lendemain, Anadabijou transporta ses gens en canots jusqu’à Tadoussac où, quelque deux semaines plus tard, ils recommencèrent la fête en compagnie de leurs alliés algonquins et etchemins.

Champlain profita d’une de ces occasions pour discuter de religion avec Anadabijou, et en particulier de la nature de Dieu, de l’origine de l’homme et de la prière.

Vers la fin de l’été, à la demande d’Anadabijou, on confia le fils de Begourat à Gravé, qui rentrait en France ; Anadabijou lui enjoignit de le bien traiter et de lui faire voir ce qu’avaient vu les deux autres Indiens.

Le 12 juillet 1611, un groupe d’Algonquins qui arrivaient aux rapides de Lachine offrirent un cadeau à l’un des fils d’Anadabijou pour le consoler de la mort récente de son père. Plusieurs années plus tard, Miristou, fils d’Anadabijou, affirma que son père avait « maintenu la paix entre les Français et les autres nations. »

Elsie McLeod Jury

Champlain, Œuvres (Biggar).— Desrosiers, Iroquoisie, 23s.

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Elsie McLeod Jury, « ANADABIJOU », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/anadabijou_1F.html.

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Auteur de l'article:   Elsie McLeod Jury
Titre de l'article:   ANADABIJOU
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1966
Année de la révision:   1966
Date de consultation:   22 juillet 2014