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ANDERSON, JAMES, agent principal de la Hudson’s Bay Company et explorateur, né le 15 janvier 1812 à Calcutta (Inde), fils de Robert Anderson et d’Eliza Charlotte Simpson, décédé le 16 octobre 1867 à Sutton West, Ontario.

Le père de James Anderson fut officier dans l’armée avant de diriger une plantation en Inde ; il rentra en Angleterre en 1817 et émigra dans le Haut-Canada en 1831. Parmi les membres de cette famille, on trouve le général sir James Outram, qui se signala en Inde, et le lieutenant-colonel Alexander Seton, un des héros du naufrage du Birkenhead.

Anderson entra au service de la Hudson’s Bay Company l’année où son père émigra ; son frère Alexander Caulfield* travailla également pour la compagnie et devint agent principal. James fut d’abord nommé à Moose Factory et joua peu après un rôle majeur dans l’arrestation et l’exécution sommaire d’Indiens qui avaient massacré une famille de Blancs à Hannah Bay en 1832. Il fut promu chef de poste en 1847, alors qu’il travaillait au poste de Nipigon. En 1850, il fut transféré au département de Northern, et on lui confia pendant un an la responsabilité du district d’Athabasca. Pendant les huit années suivantes, il dirigea le district plus éloigné du fleuve Mackenzie ; dans le quartier général situé au fort Simpson, il mit de l’ordre dans la comptabilité chaotique qu’il avait trouvée en arrivant. Ayant conclu que son principal subordonné, Robert Campbell*, souffrait d’une « sorte de monomanie » au sujet du fleuve Yukon, à l’exploration duquel il avait pris part, Anderson obtint l’autorisation de réduire les dépenses à cet endroit ainsi que sur le cours supérieur de la rivière Liard. Les profits réalisés dans le district augmentèrent considérablement sous sa direction, passant d’une moyenne annuelle de £19 291 entre 1844 et 1850 à £24 756 de 1851 à 1857. Il fut nommé agent principal, le 12 mars 1855.

À cette époque, la poursuite des recherches pour retrouver des vestiges de l’expédition de sir John Franklin* dans l’Arctique était gênée parles besoins en navires que suscitait la guerre de Crimée, au moment même où le docteur John Rae* avait découvert des indices laissant croire que ses membres avaient péri près de l’estuaire de la Grande rivière des Poissons (Back). L’Amirauté demanda à la Hudson’s Bay Company d’envoyer une expédition avec mission de descendre cette rivière, au cours de l’été de 1855, et de vérifier les dires de Rae ; on désigna Anderson pour diriger l’expédition. Rae recommanda d’utiliser les canots plus courts du Nord et un radeau gonflable, plutôt que la lourde embarcation qu’avait choisie George Back* en 1834. Retardé par un printemps tardif et par l’attente, d’ailleurs déçue, d’interprètes esquimaux, Anderson gagna du temps en empruntant une nouvelle route difficile de « portage de montagne », vers le nord du Grand lac des Esclaves. Jusqu’à ce qu’il atteigne le lac Aylmer et puisse se servir des cartes de Back, il explora des terres inconnues. Accompagné de James G. Stewart*, qu’il jugea « absolument inutile », et de 14 voyageurs répartis en deux canots, il atteignit la mer le 31 juillet. Ils cherchèrent le rivage « comme S’[ils] cherchaient des épingles » et, sur l’île Montréal et dans les alentours, ils trouvèrent des outils éparpillés et des morceaux de bois dont l’un portait le mot Terror ; l’affirmation de Rae se trouvait donc confirmée. Les avaries survenues aux canots forcèrent Anderson et ses compagnons à entreprendre la remontée de la Grande rivière des Poissons, le 14 août. Ils réussirent à passer sains et saufs ses 84 rapides et chutes, avant que l’hiver ne se soit vraiment installé. Mais le froid fit perdre définitivement la voix à Anderson et il mourut de tuberculose par la suite. Sir George Simpson* lui fit savoir que son expédition avait « apporté tout ce que des gens raisonnables pouvaient en attendre » ; l’Amirauté le récompensa d’un don de £400 et de la médaille du pôle, et des extraits de son journal, concis et plein de vigueur, furent publiés, sur recommandation de sir John Richardson, dans le Journal de la Royal Geographical Society.

Simpson était désireux de faire du commerce avec les Esquimaux à la baie de Liverpool. Anderson pensait que le delta du Mackenzie convenait mieux, mais, en 1857, il envoya Roderick MacFarlane et une petite équipe descendre la rivière Beghula (Anderson), au nord-est du fort Good Hope ; un poste, le fort Anderson, fut finalement ouvert dans la partie ouest de l’Arctique mais il ne le resta que de 1861 à 1866. Dès 1858, Anderson avait dû chercher une région plus commode et moins isolée, et Simpson l’envoya dans la seigneurie de Mingan, sur la rive nord du golfe du Saint-Laurent. La concession que possédait la Hudson’s Bay Company à cet endroit devait bientôt prendre fin, et l’habileté déjà prouvée d’Anderson à réaliser des économies s’avéra utile. En 1863 il se retira à Sutton West où il mourut en octobre 1867, laissant après lui sa femme Margaret, fille de Roderick McKenzie, agent principal de la compagnie, ainsi que six fils et une fille.

James Anderson fit preuve d’une grande compétence dans la traite des fourrures et mérite une mention honorable dans l’histoire des recherches effectuées en vue de retrouver l’expédition de Franklin.

C. S. Mackinnon

[James Anderson], Chief Factor James Anderson Back River journal of 1855, C. H. D. Clarke, édit., Canadian Field-Naturalist (Ottawa), LIV (1940) : 63–67, 84–89, 107–109, 125s., 134–136 ; LV (1941) : 9–11, 21–26, 38–44 ; Extracts from Chief-Factor James Anderson’s Arctic journal, Royal Geographical Soc., Journal (Londres), 27 (1857) : 321–328.— APC, MG 19, A29.— HBC Arch., D.4/55, 10 févr., 4 avril 1859 ; D.4/71, 13 déc. 1850 ; D.4/74, 26 déc. 1853 ; D.4/75, 18 nov. 1854 ; D.4/76a, 20 avril, 14 juin, 12 déc. 1856, 24 juin 1857.— PABC, James Anderson papers.

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C. S. Mackinnon, « ANDERSON, JAMES », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/anderson_james_9F.html.

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Auteur de l'article:   C. S. Mackinnon
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1977
Année de la révision:   1977
Date de consultation:   22 septembre 2014