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ATIRONTA, baptisé Pierre, capitaine huron, mort en 1672.

De 1666 à sa mort, Atironta habita le village huron situé près de Québec. Ce village était composé de survivants de la nation huronne qui, après un hiver de famine et de mort dans l’île Saint-Joseph (Christian Island), s’enfuirent avec un groupe de Français (prêtres, frères convers, artisans et soldats) sous la direction du père Ragueneau et arrivèrent à Québec le 28 juillet 1650.

Ils établirent d’abord leur camp près de l’Hôtel-Dieu, puis dans l’île d’Orléans, au mois de mars suivant. Au petit noyau s’agrégèrent, en 1651, les Hurons de l’établissement de Sillery et ceux qui avaient fui à Ekaentouton (l’île Manitoulin). En 1654, un autre groupe de Hurons, qui jusque-là habitaient Trois-Rivières, allèrent les rejoindre dans l’île d’Orléans. Le 20 mai 1656, ils furent attaqués à l’improviste par les Iroquois, qui en tuèrent ou capturèrent plusieurs. Par mesure de sûreté, ils rentrèrent à Québec et y demeurèrent jusqu’en 1668 puis, après un bref séjour à Beauport, ils allèrent s’établir en 1669 à la côte Saint-Michel, à Notre-Dame-de-Foy. Ils étaient alors 210. En 1673, ils s’installèrent à l’Ancienne-Lorette. Leur nombre s’accroissait, grâce en partie à l’arrivée d’Iroquois convertis. Les Indiens de ce village, dont le noyau se composait des survivants des missions huronnes, étaient des chrétiens dont s’occupaient les Jésuites.

Durant les six années où Pierre Atironta vécut parmi les Hurons exilés, il adhéra sincèrement aux croyances et aux pratiques chrétiennes et, bien que d’un âge avancé, il apprit par cœur toutes les prières huronnes. Il devint le dogique de sa case, dirigeant les prières en commun le matin et le soir. Il n’entretenait aucune rancœur à l’endroit des Iroquois qui l’avaient traité avec cruauté. Il introduisit dans le village la pratique de prier pour les malades et de les visiter. Contrairement à la coutume indienne, il réprimandait au besoin ses enfants, de même que tous ceux dont la conduite lui paraissait répréhensible. Tant que sa santé le lui permit, il continua de travailler dans les champs et au foyer et, quoique ses souffrances fussent très grandes vers la fin, il ne manifesta aucun signe de douleur.

Elsie McLeod Jury

JR (Thwaites).

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Elsie McLeod Jury, « ATIRONTA (mort en 1672) », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 18 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/atironta_1672_1F.html.

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Auteur de l'article:   Elsie McLeod Jury
Titre de l'article:   ATIRONTA (mort en 1672)
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1966
Année de la révision:   1966
Date de consultation:   18 décembre 2014