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ATKINSON, GEORGE (connu sous le nom de Sneppy jusqu’en 1790 environ), trafiquant de fourrures et explorateur, né le 15 mars 1777 à Eastmain House (Eastmain, Québec), fils de George Atkinson* et de l’Indienne Necushin ; décédé le 25 septembre 1830 dans la colonie de la Rivière-Rouge (Manitoba).

Fils d’un trafiquant de la Hudson’s Bay Company, George Atkinson devint un élément puissant – même s’il ne se montra pas toujours docile – dans les activités que cette compagnie menait dans la région d’Eastmain, soit sur la côte est de la baie James et de la baie d’Hudson. Vers 1790, il fut baptisé en Angleterre où on l’envoya par la suite à plusieurs reprises pour « secouer un peu la poussière [indigène] », comme disait son père ; néanmoins, il ne rompit jamais les liens avec le peuple de sa mère et épousa deux Indiennes à la façon du pays.

À l’époque où Atkinson arriva pour travailler dans l’Eastmain, la Hudson’s Bay Company luttait contre la concurrence des trafiquants de Montréal. Il semble qu’Atkinson explora pour la première fois l’intérieur des terres à l’été de 1793, lorsqu’il accompagna un groupe de la Hudson’s Bay Company qui se rendait, via le lac Nemiscau, au poste de ses rivaux, situé au lac Cheasquacheston (lac au Goéland). Plus tard cette année-là, Atkinson, qui avait alors 16 ans, provoqua l’abandon d’une seconde expédition en refusant de conduire un canot après la mort accidentelle de l’homme de barre. En 1795, une nouvelle tentative pour atteindre le poste échoua, parce qu’Atkinson et les Indiens y étaient « fermement opposés ». Son supérieur, James Fogget, se plaignit en ces termes : « La compagnie des Indiens le ravit toujours, [mais] non celle des Anglais. » À cette époque où le recrutement des employés obéissait à des normes moins sévères à cause de la guerre, la Hudson’s Bay Company appréciait hautement les aptitudes des Indiens ; Atkinson demeura donc au service de la compagnie pour chasser et organiser le transport dans le district d’Eastmain. De 1803 à 1806, il assuma la direction du poste de la rivière Big (La Grande Rivière), au nord d’Eastmain Factory, où il fit une concurrence efficace, quoique peu orthodoxe en certaines occasions, à la North West Company. Son salaire augmenta progressivement au cours de cette période et, durant la saison de traite de 1805–1806, il s’élevait à £50 par an sans compter les primes. En 1807, à son retour d’un voyage en Angleterre, il devint membre du conseil d’Eastmain et fut remis à la tête du poste de la rivière Big qu’il dirigea jusqu’à sa fermeture en 1813. Pendant les trois dernières années qu’il passa là-bas, il surveilla également la chasse à la baleine le long de la côte, au nord du poste, mais ses rapports avec les autres trafiquants de la compagnie et les capitaines de schooners étaient de toute évidence difficiles. En 1813, le comité de Londres de la Hudson’s Bay Company écrivait à son supérieur, Thomas Thomas : « nous craignons qu’il ne soit un peu malaisé d’établir une entente cordiale de longue durée entre Atkinson et les agents européens ».

Le comité de Londres envisageait de confier à Atkinson un rôle plus indépendant, espérant ainsi que ses contacts avec les Indiens, au lieu de nuire, contribueraient à la réalisation des projets de la compagnie. Atkinson reçut donc pour tâche, en 1815, de suivre le cours des rivières Great Whale (Grande rivière de la Baleine) et Little Whale (Petite rivière de la Baleine) ; c’était la première étape d’un programme de la compagnie visant à explorer « le pays région par région » à la recherche de nouveaux territoires de traite. Parce qu’il tenait beaucoup à chasser pour subvenir aux besoins de sa famille, Atkinson ne voulut pas entreprendre l’expédition immédiatement, et ce n’est qu’en 1816 qu’il se borna à finir d’explorer la rivière Great Whale. À l’issue d’un voyage d’environ 350 milles en canot jusqu’au lac Bienville, il présenta un tracé approximatif de son itinéraire et un rapport démontrant que la rivière n’offrait aucune possibilité concernant la traite ou l’approvisionnement. En 1818, il entreprit sa seconde expédition avec un groupe d’Indiens ; il pénétra dans les terres à partir du Richmond Gulf (lac Guillaume-Delisle) et suivit la rivière Deer (rivière au Caribou) jusqu’au lac Clearwater (lac à l’Eau Claire) pour se rendre ensuite dans les environs du lac Upper Seal (Petit lac des Loups Marins). C’est dans cette région que, le 22 juillet 1818, il nota ce qui est considéré comme les premières observations relatives au phoque d’eau douce. Au début d’août, il rencontra des Indiens qui lui apprirent que les lacs au bord desquels il se trouvait alors se déversaient dans « la mer, de l’autre côté du continent ». Il avait donc atteint la ligne de partage des eaux, mais il fut obligé de rebrousser chemin parce que son guide était peu disposé à aller plus loin et que la maladie sévissait parmi les Indiens. Il rédigea encore une fois un compte rendu décourageant, qui faisait état de 50 portages avant d’atteindre la ligne de partage des eaux, de l’aridité de la région et de la rareté des fourrures.

L’exploration de l’intérieur des terres fut confiée par la suite à lin autre employé de la Hudson’s Bay Company, James Clouston. Il mit en lumière l’emprise que son prédécesseur exerçait sur les Indiens lorsqu’il écrivit en 1823 que ces derniers croyaient qu’Atkinson était capable de les tuer par une conjuration. Il se plaignit également du fait qu’Atkinson disait aux Indiens qu’ils étaient trompés par la Hudson’s Bay Company et qu’il les incitait à hausser le prix de leurs fourrures. Comme Atkinson était de plus en plus une cause d’embarras pour la compagnie, on tenta de le convaincre d’aller vivre dans la colonie de la Rivière-Rouge avec sa nombreuse famille.

George Atkinson accomplit une dernière tâche avant de prendre sa retraite. En 1828, il prit part à l’expédition que William Hendry mena depuis le district d’Eastmain jusqu’à la rivière Koksoak, dans la péninsule d’Ungava ; son concours explique dans une large mesure le succès de l’entreprise. Hendry n’avait jamais voyagé à l’intérieur des terres et, même s’il se plaignit du comportement imprévisible d’Atkinson, ce dernier lui rendit de précieux services en tant que guide et interprète. Peu de temps après son retour, Atkinson alla s’établir dans la colonie de la Rivière-Rouge, où il mourut en 1830. Il laissait ainsi une veuve et 14 enfants, dont 2 au moins étaient issus de son premier mariage. Malgré les ennuis qu’il causa à ses supérieurs et à ses associés dans la traite, Atkinson joua un rôle important, car il aida la Hudson’s Bay Company à s’assurer auprès des Indiens l’approvisionnement en fourrures dans la région d’Eastmain, à une époque où la concurrence était vive. Ses expéditions à l’intérieur des terres en 1816 et 1818 annonçaient des entreprises plus ambitieuses qui, au cours des 25 années suivantes, allaient ouvrir la voie du Labrador.

Glyndwr Williams

PAM, HBCA, G.1/40 ; G.1/42.— HBRS, 24 (Davies et Johnson).— Daniel Francis et Toby Morantz, Partners in furs : a history of the fur trade in eastern James Bay, 1600–1870 (Kingston, Ontario, et Montréal, 1983).

Bibliographie générale

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Glyndwr Williams, « ATKINSON, GEORGE (1777-1830) », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 19 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/atkinson_george_1777_1830_6F.html.

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Auteur de l'article:   Glyndwr Williams
Titre de l'article:   ATKINSON, GEORGE (1777-1830)
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1987
Année de la révision:   1987
Date de consultation:   19 décembre 2014