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BALL, INGRAM, homme politique et juge, né en 1752 à Stonehouse Manor, Stonehouse, Angleterre, aîné des six enfants de Robert Ball et de Mary Dickerson ; il épousa d’abord Anna Coutts, puis Margaret Childs, et 12 enfants naquirent des deux mariages ; décédé le 18 mars 1807 près de Sydney (Nouvelle-Écosse).

Ingram Ball était le frère d’Alexander John Ball, futur contre-amiral de la marine royale et premier gouverneur britannique de Malte. Il entra dans le 33e d’infanterie comme enseigne, le 12 février 1772, et passa au 7th Dragoons comme cornette, en juin de l’année suivante. Promu lieutenant le 29 mai 1776, il fut élevé au grade de lieutenant-capitaine en janvier 1780, mais il démissionna de l’armée en novembre. On a prétendu qu’il faisait partie de l’état-major du lieutenant général Charles Cornwallis pendant la guerre d’Indépendance américaine. Ball vint à l’île du Cap-Breton en 1788 avec sa femme et ses six enfants, puis s’établit à l’ouest de Sydney, sur l’emplacement du village actuel de Ball’s Creek. Il se mêla rapidement à la vie politique de la colonie, puisqu’il fut nommé au Conseil exécutif par le lieutenant-gouverneur William Macarmick, le 22 juin 1789. Ball s’aligna sur la faction du conseil menée par Ranna Cossit, ministre de l’Église d’Angleterre à Sydney, laquelle s’opposait à celle que dirigeait le procureur général David Mathews*. Les deux groupes cherchaient à dominer la colonie en manipulant le lieutenant-gouverneur et le Conseil de l’île du Cap-Breton, démarche essentielle puisqu’une chambre d’assemblée n’avait jamais été convoquée.

Après que Macarmick eut quitté l’île en 1795, Mathews devint administrateur et usa de son nouveau pouvoir pour harceler et destituer les membres de la clique rivale. En sa qualité de premier et, à ce moment-là, de seul juge adjoint de la Cour suprême (poste auquel Macarmick l’avait nommé), Ball assuma les fonctions de juge en chef. Malheureusement, certains de ses jugements vinrent toutefois en contradiction avec ceux du juge de paix Archibald Charles Dodd*, allié de Mathews. Mécontent des décisions de Ball, Mathews nomma Dodd au poste de premier juge adjoint en juin 1797, geste par lequel Ball semble avoir été suspendu de la Cour suprême. À un moment donné, pendant son mandat, Mathews destitua aussi Ball de son poste de conseiller. Tandis que la tension augmentait entre Mathews et ses adversaires au cours de 1797, un groupe de marins menés par son fils battirent le pays en terrorisant les habitants qui s’opposaient à l’administrateur. En l’absence de Ball, ils entrèrent de force chez lui « accompagnés d’une catin », puis « taquinèrent et secouèrent » Mme Ball pendant quelque temps. L’année suivante, Mathews se servit d’une accusation de dette pour faire emprisonner Ball.

En juin 1798, James Ogilvie vint assumer la direction du gouvernement. Il libéra aussitôt Ball et le nomma de nouveau au sein du conseil ; il révoqua Dodd de la Cour suprême et le remplaça par deux cojuges en chef, Ball et William Smith. Dès le début de 1799, Ball et Smith étaient en désaccord ; incapables de s’entendre sur les jugements, ils se divisèrent sur les décisions et neutralisèrent le pouvoir de la Cour suprême. La cause de cette rivalité semble avoir été le changement d’allégeance de Ball en faveur du groupe de Mathews, alors que Smith avait tendance à favoriser Cossit et ses alliés. Les raisons de la volte-face de Ball ne sont pas claires. Au mois de mai 1799, John Murray* prit la place d’Ogilvie comme administrateur. Il appuya la faction de Cossit et ne tarda pas à se brouiller avec Ball, le qualifiant de « vieux militaire débauché » et l’accusant d’être ivre « du matin au soir ». Ball fut finalement relevé de ses fonctions de cojuge en chef et de conseiller, le 22 décembre 1799. Au printemps de 1800, il fut reconnu coupable de parjure et condamné à 12 mois de prison. Le successeur de Murray, John Despard*, s’intéressa à son cas et, en mai 1801, il obtint le consentement du gouvernement britannique pour la remise du reste de sa peine.

Après sa libération, Ingram Ball ne participa plus activement à la politique de l’île du Cap-Breton et se retira dans sa ferme. Sa carrière révèle le ton acrimonieux de la vie politique durant les premières années de la colonie, attribuable dans une large mesure à l’esprit de parti et au favoritisme qu’occasionnèrent l’absence d’une chambre d’assemblée et la lutte pour l’obtention du petit nombre de postes vacants.

Robert J. Morgan

APC, MG 11, [CO 217] Cape Breton A, 10 : 86 ; [CO 220] Cape Breton B, 5 : 44s. PRO, CO 217/113 : ff.200–201, 534 ; 217/114 ; 217/115 : f.87 ; 217/116 ; 217/117 : ff.21, 29, 125, 143–145 ; 217/118 : f.13. [William Smith], A caveat against emigration to America ; with the state of the island of Cape Breton, from the year 1784 to the present year ; and suggestions for the benefit of the British settlements in North America (Londres, 1803).

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Robert J. Morgan, « BALL, INGRAM », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 5, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 16 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/ball_ingram_5F.html.

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Auteur de l'article:   Robert J. Morgan
Titre de l'article:   BALL, INGRAM
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Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1983
Année de la révision:   1983
Date de consultation:   16 septembre 2014