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BEGG, ALEXANDER, instituteur, éditeur, rédacteur en chef, fonctionnaire, éleveur et historien, né le 7 mai 1825 à Watten, Écosse, fils d’Andrew Begg, meunier et petit fermier locataire, et de Jane Taylor ; en 1858, il épousa en secondes noces à Brockville, Haut-Canada, Emily Maria Luke, et ils élevèrent huit garçons et cinq filles ; décédé le 19 mars 1905 à New York et inhumé le 22 mars à Orillia, Ontario.

Alexander Begg passa ses jeunes années en Écosse. Il fit ses premières classes dans une école privée, puis fréquenta l’école paroissiale de Watten. À 18 ans, il s’inscrivit à l’école normale d’Édimbourg, où il obtint un brevet d’enseignement. Il enseigna ensuite à Cluny, dans le comté d’Aberdeenshire.

En 1846, comme quelques-uns de ses condisciples, Begg immigra à Belleville, dans le Haut-Canada ; ce fut le début d’une carrière fertile en rebondissements. D’abord instituteur dans des écoles publiques des cantons de Huntingdon et de Madoc, puis à Oshawa, il se tourna ensuite vers le journalisme. À compter de 1850, il publia le Bowmanville Messenger, premier journal de la ville, avec James E. McMillan. En 1853, il lança le Sentinel à Brighton, puis l’année suivante l’Advocate de Trenton, qu’il vendit vers 1855 à son frère Peter. Après une visite en Écosse, il exerça la fonction d’agent des douanes à Morrisburg, Port Dover, Brockville et Cornwall successivement. En 1869, le département fédéral du Revenu de l’intérieur l’affecta dans les Territoires du Nord-Ouest en qualité de receveur des douanes et d’inspecteur du revenu de l’intérieur. Il se mit alors en route pour Pembina (Dakota du Nord) avec le lieutenant-gouverneur William McDougall. Toutefois, l’expédition tourna mal, et les colons anti-Canadiens de la Rivière-Rouge (Manitoba) crurent à tort que Begg venait occuper un siège au conseil territorial dont l’instauration était prévue. Le département le muta donc en Ontario. Mécontent, Begg quitta la fonction publique.

Dans les années 1870, Begg s’occupa, en plus, d’immigration, de colonisation et de promotion. En 1872, à titre de commissaire de l’immigration pour l’Ontario à Glasgow, il fit des tournées de conférences en Écosse. On dit qu’il convainquit des milliers de petits fermiers locataires, ou crofters, de s’installer au Canada. Il rentra en Ontario après qu’un changement de politique eut éliminé son poste. En 1874, il fonda dans le district de Parry Sound une colonie vouée à la tempérance, Beggsboro (près de Burk’s Falls), et la dota d’un moulin à farine, d’une scierie et d’une fabrique de bardeaux afin de créer des emplois. En 1878, il devint copropriétaire et rédacteur en chef du Muskoka Herald de Bracebridge ; deux ans plus tard, à Toronto, il lança le Canada Lumberman, dont l’influence se ferait sentir durant des décennies. En 1878, au cours d’un voyage en Europe, il présenta, à l’Exposition universelle de Paris, un landau construit à London, en Ontario, qui remporta un prix, ainsi qu’une carriole fabriquée à Orillia. En outre, il transporta à Paris, en Écosse et en Angleterre des achigans vivants qui provenaient de la région de Muskoka.

Durant les années 1880, Begg prit part au développement de ce qui est aujourd’hui l’Alberta et la Colombie-Britannique. En 1881, en qualité de correspondant du Daily Mail de Toronto, il traversa l’Ouest américain par train et par vapeur jusqu’au fort Benton (Montana) et se rendit à cheval au fort Macleod (Alberta), où il fit le compte rendu d’une rencontre qui réunissait le gouverneur général lord Lorne [Campbell*] et une assemblée de Gens-du-Sang, de Peigans et de Pieds-Noirs dont Pied de Corbeau [Isapo-muxika*]. Après s’être arrêté à Morley, où son fils Magnus était instructeur agricole auprès des Stonies, il se rendit jusqu’aux Rocheuses puis refit route vers l’est jusqu’à Brandon, au Manitoba, où le chemin de fer canadien du Pacifique se rendait depuis peu. Son rapport enthousiaste sur le Nord-Ouest parut dans une publication de la Gazette de Montréal sous le pseudonyme de Julius et dans deux chapitres de Manitoba and the great north-west. On attribue quelquefois la rédaction de ce texte à un autre Alexander Begg*, mais la page titre du livre confirme qu’il s’agit bien de celui-ci ; en effet, on peut y lire que l’auteur « a passé la saison de 1881 à parcourir [le Montana et le district de la rivière Bow] en vue d’établir un ranch ». Or, en 1882, Begg et un autre de ses fils, Robert A., aménagèrent, au confluent des rivières Bow et High (Highwood), en Alberta, un ranch où ils élevaient des moutons, des chevaux et des bovins d’importation. Cinq ans plus tard, Begg rejoignit son fils Roderick, qui travaillait à Victoria pour le Daily British Colonist.

De 1887 à 1893, Begg consacra de nouveau ses énergies à l’immigration écossaise. Son attachement à son pays natal et son esprit de clan (sentiments qui le poussèrent à fonder à Victoria une société Sir William Wallace) avaient toujours été vifs. Mais cette fois, il obéissait en plus à des considérations philanthropiques, à ses ambitions personnelles et à son désir de participer à la rapide expansion économique de la Colombie-Britannique. Il proposa au gouvernement provincial d’Alexander Edmund Batson Davie* d’être nommé commissaire de l’immigration afin d’établir une colonie de fermiers-pêcheurs sur la côte du Pacifique. Sa proposition ayant été acceptée, il prit l’habitude de faire suivre son nom des initiales C.C., pour crofter commissioner, afin de se distinguer de son homonyme, qui à l’époque vivait aussi sur la côte ouest. Encouragé par la promesse d’un prêt du gouvernement britannique, il conçut un « gigantesque plan » qui prévoyait l’installation de 1 250 familles dans l’île de Vancouver et leur emploi dans la pêche hauturière. Les changements survenus dans les gouvernements de Londres et de Victoria, l’opposition que ce plan suscitait en Écosse et en Colombie-Britannique, de même que l’indifférence des investisseurs, firent en sorte que l’on abandonna le projet. À force d’en avoir entendu parler, des Écossais décidèrent néanmoins d’émigrer au Canada par leurs propres moyens. En 1891 et en 1892, tout en faisant la promotion de son « plan », Begg supervisa l’installation d’un stand de la Colombie-Britannique à l’Imperial Institute de Londres. En 1894, il publia « la première histoire continue » de la province, dont on recommanda l’utilisation dans les écoles publiques par la suite.

Pendant ses dernières années, qu’il passa surtout à Victoria, Begg conçut d’autres projets de colonisation, lança d’autres affaires et écrivit. Il publia l’un des premiers comptes rendus de l’œuvre missionnaire accomplie par William Duncan* à Metlakatla et collabora fréquemment au périodique de la Royal Geographical Society à titre de membre correspondant. De 1894 à 1903, en raison de l’essor économique que connaissaient l’intérieur de la Colombie-Britannique et le Klondike, il fit des recherches historiques sur la question de la frontière de l’Alaska. S’appuyant sur un traité conclu en 1825 entre la Grande-Bretagne et la Russie, il fit valoir une position favorable au Canada, mais, en dépit des longs mémoires qu’il soumit à Ottawa et à Victoria, le tribunal international trancha en 1903 en faveur des États-Unis. De 1896 à 1904, il se consacra à deux autres projets qui avortèrent : l’un consistait à peupler d’immigrants la baie Hardy, dans l’île de Vancouver, et à mettre en valeur ses ressources halieutiques et forestières ; l’autre, pour la réalisation duquel il fonda la Stikeen and Teslin Railway, Navigation, and Colonization Company, à ouvrir l’accès au nord de la Colombie-Britannique. Même son projet de transformation du mont Douglas de Victoria en station touristique échoua.

En 1903, Alexander Begg s’était installé à New York, où six de ses enfants exerçaient une profession. Une fois devenue veuve, Mme Begg, qui avait longtemps vécu à Orillia après son mariage, demeura à New York, où elle mourut en 1932. Libéral et presbytérien, « l’infatigable M. Begg » se range parmi ces « bâtisseurs du Canada » si caractéristiques du xixe siècle qui exercèrent leurs nombreux talents un peu partout. Bien que l’œuvre de sa vie n’ait pas été spectaculaire, son apport au journalisme, à la colonisation et à l’historiographie a été durable.

Jill Wade

Les publications d’Alexander Begg comprennent les titres suivants : Letters on the situation in the north west, by Julius, as they appeared in the Montreal « Gazette » ([Montréal], 1881) ; les chapitres intitulés « Stock raising in the Bow River district compared with Montana », et « The western Indians and the North-West Mounted Police », dans John Macoun et al., Manitoba and the great north-west : the field for investment ; the home of the emigrant, being a full and complete history of the country [...] (Guelph, Ontario, 1882), 269–281 et 569–578, respectivement ; History of British Columbia from its earliest discovery to the present time (Toronto, 1894 ; réimpr., 1972) ; Report relative to the Alaskan boundary question (Victoria, 1896) ; A sketch of the successful missionary work of William Duncan amongst the Indian tribes in northern British Columbia, from 1858 to 1901 (Victoria, 1901) ; et Statement of facts regarding the Alaska boundary question, compiled for the government of British Columbia (Victoria, 1902).

BCARS, D-19, Alexander Begg file, y compris une biographie d’Alexander Begg rédigée par Roderick Begg (1937), et une lettre de Maxwell Tobey à Madge Wolfenden, 26 mars 1938 (mfm) ; GR 486.— City of Vancouver Arch., Add. mss 181 (papiers d’Alexander Begg).— Scottish Record Office (Édimbourg), AF 51/55, AF 51/151–156 (papiers sur les projets de colonisation par des crofters) (mfm aux BCARS).— Daily Colonist (Victoria), 21 mars 1905 : 5.— Victoria Daily Times, 21 mars 1905 : 7.— Canadian men and women of the time (Morgan ; 1898).— Cyclopædia of Canadian biog. (Rose et Charlesworth), 2.— Marjorie Harper, Emigration from north-east Scotland (2 vol., Aberdeen, Écosse, 1988), 2.— Kerr, Biog. dict. of British Columbians.— Standard dict. of Canadian biog.  (Roberts et Tunnell), 1.— Thomas, Struggle for responsible government in N.W.T. (1956).— Jill Wade, « The « gigantic scheme » ; crofter immigration and deep-sea fisheries development for British Columbia (1887–1893) », BC Studies, no 53 (printemps 1982) : 28–14.— Madge Wolfenden, « Alexander Begg versus Alexander Begg », BCHQ, 1 (1937) : 133–139.

Bibliographie générale

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Jill Wade, « BEGG, ALEXANDER (1825-1905) », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 13, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 21 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/begg_alexander_1825_1905_13F.html.

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Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1994
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Date de consultation:   21 décembre 2014