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BELL-IRVING, RODERICK OGLE, commis et officier, né le 15 janvier 1891 à Vancouver, troisième fils de Henry Ogle Bell-Irving* et de Maria Isabella del Carmen Beattie ; le 9 décembre 1916, il épousa à Londres Nora Angela Benwell, et ils n’eurent pas d’enfants ; décédé le 1er octobre 1918 près de Cuvillers, France.

Né en Écosse, le père de Roderick Ogle Bell-Irving s’installa à Vancouver en 1885 et se tailla une place comme agent de transport maritime, marchand et conserveur de saumon. Tout en vaquant à ses affaires, il promut la formation du 72nd Regiment (Highlanders) en 1910 et veilla à ce que ses enfants n’oublient pas leurs antécédents écossais. Roderick fit ses études à la Loretto School près de Musselburgh, en Écosse. Peut-être était-il normal que, après avoir été un an simple soldat dans le 6th Regiment (Duke of Connaught’s Own Rifles) à Vancouver, il ait fait partie du premier groupe d’officiers recrutés en 1911 pour le Highlanders (rebaptisé Seaforth Highlanders l’année suivante).

Après l’éclatement de la Première Guerre mondiale en août 1914, Bell-Irving, alors commis dans une maison de transport maritime et d’importation, la Balfour, Guthrie and Company, se trouva parmi le contingent du Seaforth Highlanders qui quitta Vancouver pour rejoindre le Corps expéditionnaire canadien, en cours de rassemblement à Valcartier, au Québec. Le 23 septembre, il y fut porté à l’effectif en tant que lieutenant d’une nouvelle unité, le 16th Infantry Battalion (Canadian Scottish), qui partit pour l’Angleterre le mois suivant. Avant la fin des hostilités, les six fils de Henry Ogle Bell-Irving feraient partie des forces armées et deux de ses quatre filles serviraient comme infirmières.

Le 16th Infantry Battalion traversa en France en février 1915, mais, « bien malgré lui », Roderick Ogle Bell-Irving fut retenu dans des dépôts d’entraînement en Angleterre jusqu’à la fin d’avril. Il avait été promu capitaine temporairement le 23 avril, à la suite de la première attaque allemande au gaz, à Ypres (Ieper, Belgique), qui avait donné lieu à des combats désespérés et engendré de lourdes pertes.

Un an après, en juin 1916, Bell-Irving se distingua à la bataille du mont Sorrel. Pendant que des mitrailleuses ennemies empêchaient sa compagnie de sortir du bois d’Armagh, il réussit à se rendre à couvert jusqu’aux tireurs. Comme son revolver était obstrué par de la boue, il abattit trois des mitrailleurs à la baïonnette ; des renforts arrivèrent au moment où il se battait contre le quatrième. Il poursuivit sa marche avec ses hommes pour atteindre son objectif et prit la tête des deux compagnies d’assaut du 16th Infantry Battalion avant la fin du combat. Une Croix militaire vint s’ajouter à sa promotion au sein du commandement de son bataillon. Nommé temporairement major le 10 juin, pendant qu’il dirigeait une compagnie, il devint major intérimaire le 1er juillet ; ce grade serait confirmé le 15 novembre.

En permission en Angleterre à compter d’octobre 1916, Bell-Irving suivit un cours à Aldershot et épousa en décembre Nora Angela Benwell, qui était venue de Vancouver. En janvier, après une brève lune de miel, il rejoignit son bataillon et fut nommé commandant en second. À compter des mois d’avril à juin 1917, il assuma le plein commandement, avec le grade de lieutenant-colonel suppléant, en l’absence du lieutenant-colonel Cyrus Wesley Peck. Le 16th Infantry Battalion prit part à la dure bataille de la cote 70, en France, en août puis à la bataille de Passchendaele, en Belgique. Au printemps de 1918, pendant qu’il se trouvait sur le front d’Arras, en France, Bell-Irving eut droit à des citations.

Le hasard voulut que Bell-Irving se trouve à la tête de son bataillon au moment du dernier grand combat que cette unité eut à livrer pendant cette guerre. À la fin de septembre 1918, le Corps d’armée canadien avait rompu les défenses allemandes sur le canal du Nord, à l’ouest de Cambrai, en France, mais encercler Cambrai se révélait plus difficile, car l’opposition s’intensifiait. Le 30 septembre, Bell-Irving reçut l’ordre de conquérir le terrain de Sancourt à Cuvillers. Le 16th Infantry Battalion attaqua à cinq heures du matin le 1er octobre et prit Cuvillers. Bell-Irving, qui avait suivi de près les compagnies de l’avant, continua sa progression pour rejoindre les hommes qui exploitaient le succès de l’opération au delà de ce village. Il venait à peine de partir lorsqu’il fut tué au cours d’une contre-attaque allemande. Sa dépouille, retrouvée quelques jours plus tard, fut inhumée le 17 octobre au cimetière britannique d’Eterpigny, entre Cambrai et Arras.

Roderick Ogle Bell-Irving – connu familièrement sous les initiales B. I. et surnommé Rog par sa famille – avait été un soldat de premier ordre. Un de ses collègues officiers et historien du bataillon, Hugh MacIntyre Urquhart, a écrit : « Ce qu’il pensait, il le disait ; il se battait pour ce en quoi il croyait et s’attendait que les autres fassent de même. » Au fil du temps, il « en vint, comme tous les hommes du front, à reconnaître la véritable valeur de ses camarades, leur dévouement et leur courage dans les moments de danger [...] Il aurait fait n’importe quoi pour les hommes. » On lui décerna l’ordre du Service distingué en 1919, à titre posthume. Ses cinq frères survécurent à la guerre ; trois d’entre eux, Alan Duncan, Malcolm McBean et Richard, se distinguèrent dans le Royal Flying Corps.

Réginald H. Roy

L’information concernant la famille Bell-Irving a été gracieusement fournie par le brigadier Henry Pybus Bell-Irving, de Vancouver, neveu du sujet, à partir de la correspondance et des archives familiales en sa possession.  [r. h. r.]

AN, RG 150, Acc. 1992–93/166. Canada, ministère de la Défense nationale, Quartier général de la défense nationale, Dir. du service hist. (Ottawa), Awards and decorations file.— Elizabeth [Bell-Irving] O,Kiely, Gentleman air ace : the Duncan Bell-Irving story (Madeira Park, C.-B., 1992). H. M[acI.] Urquhart, The history of the 16th Battalion (the Canadian Scottish), Canadian Expeditionary Force, in the Great War, 1914–1919 (Toronto, 1932).

Bibliographie générale

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Réginald H. Roy, « BELL-IRVING, RODERICK OGLE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/bell_irving_roderick_ogle_14F.html.

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Auteur de l'article:   Réginald H. Roy
Titre de l'article:   BELL-IRVING, RODERICK OGLE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1998
Année de la révision:   1998
Date de consultation:   22 août 2014