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BIRCHALL, REGINALD (connu aussi sous le nom de lord Frederick A. Somerset), condamné pour meurtre, né le 25 mai 1866 à Accrington, Lancashire, Angleterre, fils cadet du révérend Joseph Birchall ; en 1888, il épousa Florence Stevenson ; pendu le 14 novembre 1890 à Woodstock, Ontario.

Après avoir étudié deux ans sous la direction d’un précepteur, Reginald Birchall fut inscrit à plusieurs grandes écoles privées où, durant six ans, il se complut dans « tout ce qui était contre les règlements et tout ce qui respirait la licence et le désordre ». Au début du printemps de 1885, il entra au Lincoln College d’Oxford. Birchall avait hérité de son père, en 1878, une somme de £4 000 qui devait être gardée en fidéicommis jusqu’à son 25e anniversaire de naissance. Cependant, il se mit à vivre comme un jeune aristocrate et, se livrant à des activités licencieuses, dont la plus remarquable fut la fondation à Oxford du club hédoniste Black and Tan, il s’endetta lourdement. En 1888, pour satisfaire ses créanciers, il dut vendre son futur héritage à perte, soit au prix de £3 000, et il quitta Oxford sans avoir obtenu son diplôme. Ayant investi £500 dans une ferme à Woodstock, en Ontario, il s’enfuit avec la fille de David Stevenson, chef du transport à la London and Northwestern Railroad. Ils s’embarquèrent pour le Canada en novembre 1888.

À Woodstock, les jeunes gens ne trouvèrent qu’une modeste ferme au lieu de la riche propriété annoncée dans les journaux. Nullement découragés, ils prirent un appartement dans cette localité et, se faisant appeler lord et lady Somerset, ils achetèrent à crédit et se lancèrent à l’assaut de la vie mondaine. Six mois plus tard, pressés de payer leurs factures par les marchands de l’endroit, lord et lady Somerset disparurent soudainement de Woodstock et regagnèrent Londres.

Birchall obtint un renseignement de bonne source concernant le Derby de 1890, et, en vue de réunir des fonds, il fit paraître dans les journaux de Londres une réclame disant qu’il possédait au Canada une riche ferme d’élevage de chevaux et un emplacement pour les vendre, et qu’il était à la recherche d’un associé pouvant acheter une part de £500 dans l’entreprise. Il se proposait de parier cet argent dans le Derby, d’emmener l’intéressé au Canada, de ne pas bouger tant que la course n’aurait pas eu lieu, puis de rembourser les £500 avec l’intérêt en prenant la somme sur ses gains. Douglas Raymond Pelly plaça £170 dans l’affaire. De leur côté, Frederick Cornwallis Benwell et son père, le colonel F. Benwell, de Cheltenham, acceptèrent de fournir £500, mais seulement lorsque le fils aurait vu la ferme et examiné les livres de comptes.

Reginald et Florence Birchall, Pelly et Benwell atteignirent New York le 14 février 1890 et prirent le train pour Buffalo où ils arrivèrent le 16 février. De bonne heure le lendemain, Birchall et Benwell se rendirent par train à Eastwood, localité située juste à l’est de Woodstock, où Benwell s’attendait à voir l’emplacement de vente de chevaux. De toute évidence, Birchall le conduisit plutôt dans un bois épais, appelé Blenheim Swamp, et lui tira deux coups de feu derrière la tête. De retour à Buffalo ce soir-là, il annonça à Pelly que Benwell n’était pas satisfait de la ferme et projetait de rentrer en Angleterre. Il éluda les questions et, le jour suivant, le groupe se transporta sur la rive canadienne des chutes du Niagara.

Le 20 février, Birchall écrivit au colonel Benwell que son fils avait pris connaissance de l’affaire et que, l’ayant trouvée à son goût, un contrat d’association avait été signé. Il priait le colonel de lui faire parvenir £500 aussitôt que possible. Malheureusement pour Birchall, on découvrit le corps de Benwell à Blenheim Swamp quatre jours après le meurtre. Pelly remarqua dans un journal un portrait représentant la victime, et Birchall, accompagné de sa femme, se rendit à Princeton, en Ontario, où il identifia calmement le corps. Le 2 mars, toutefois, par suite des renseignements fournis par Pelly et des soupçons de John Wilson Murray*, détective en chef de la province d’Ontario, Birchall fut arrêté à Niagara Falls par la police de l’endroit et emmené à la prison de Woodstock.

Le procès s’ouvrit le 22 septembre 1890 et suscita un intérêt international. Comme Benwell et Birchall appartenaient à la haute société anglaise, le bruit courut que le meurtre faisait partie d’un vaste plan visant à escroquer et à assassiner de jeunes Anglais issus de familles riches. On établit des liens télégraphiques directs entre le palais de justice de Woodstock et Londres, et des journaux de France, d’Allemagne et d’Italie couvrirent le procès. Birchall protesta fermement de son innocence, mais ne se défendit pas devant la cour. George Tate Blackstock* assura sa défense, Britton Bath Osler* agit à titre de procureur et le juge Hugh MacMahon* présida le tribunal. La preuve indirecte étant accablante, Birchall fut trouvé coupable et condamné à la pendaison. Le 14 novembre 1890, dans la cour de la prison de Woodstock, il « alla vers la mort, affreusement pâle mais sans un frémissement ».

James W. Nichol

Pendant son emprisonnement Reginald Birchall a écrit Birchall, the story of his life, trial and imprisonment as told by himself (Toronto, 1890).

[J. W. Murray], Memoirs of a great detective, incidents in the life of John Wilson Murray, Victor Speer, compil. (Toronto, 1905).— Evening Sentinel-Review (Woodstock, Ontario), sept.–nov. 1890.— W. S. Wallace, Murders and mysteries, a Canadian series (Toronto, 1931), 172–193.

Bibliographie générale

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James W. Nichol, « BIRCHALL, REGINALD », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 17 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/birchall_reginald_11F.html.

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Auteur de l'article:   James W. Nichol
Titre de l'article:   BIRCHALL, REGINALD
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1982
Année de la révision:   1982
Date de consultation:   17 septembre 2014