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BLISS, WILLIAM BLOWERS, avocat et juge, né le 24 août 1795 à Saint-Jean, N.-B., fils de Jonathan Bliss*, procureur général du Nouveau-Brunswick de 1785 à 1809 et juge en chef de 1809 à 1822, et de Mary Worthington, tous deux loyalistes du Massachusetts, frère de Henry, décédé à sa résidence de Fort Massey, Halifax, le 16 mars 1874.

En qualité de loyaliste, Bliss appartenait au groupe qui dirigeait la colonie de la Nouvelle-Écosse et qui jouissait d’un grand prestige social. Après ses études à King’s Collegiate School, il obtint un baccalauréat en 1813 et une maîtrise en 1816 de King’s College où il fut reconnu comme un humaniste et un poète. Thomas Chandler Haliburton*, qui créa le personnage de « Sam Slick », était parmi ses compagnons d’étude. Admis au Barreau de la Nouvelle-Écosse le 9 avril 1818, Bliss se rendit en Angleterre où il passa plusieurs années à Westminster Hall et à Inner Temple sous la direction de sir William Wightman, qui allait devenir un juge éminent. Le 24 août 1823, à l’église St Paul de Halifax, Bliss épousa Sarah Ann Anderson, fille adoptive de Sampson Salter Blowers*, condisciple de Jonathan Bliss à Harvard et juge en chef de la Nouvelle-Écosse de 1797 à 1833. Bliss eut sept enfants : ses trois fils allèrent vivre en Angleterre et trois de ses filles épousèrent des hommes en vue des colonies de l’Atlantique : l’aînée, Elizabeth Ann, épousa William Odell*, du Nouveau-Brunswick ; Mary, l’évêque Hibbert Binney*, de la Nouvelle-Écosse ; et Louisa, l’évêque James Butler Knitt Kelly*, de Terre-Neuve.

En 1830, Bliss fut élu à l’Assemblée de la Nouvelle-Écosse pour représenter le comté de Hants. Fidèle à la tradition de sa famille et de sa classe sociale, il était membre du parti tory, mais se montra indépendant en se rangeant du côté de ceux qui réclamèrent la séparation des pouvoirs législatif et exécutif au conseil et en appuyant un groupe d’hommes d’affaires de Halifax qui, en 1832, demandèrent une charte pour la Bank of Nova Scotia. Élu au premier conseil d’administration de cette banque le 10 mai 1832, il continua d’en faire partie jusqu’en 1835. Parmi les autres membres du conseil, il y avait son frère, Lewis Bliss, Mather Byles Almon, James Boyle Uniacke*, James William Johnston, William Murdoch et William Lawson* comme premier président.

Lorsque S. S. Blowers résigna ses fonctions de juge en chef en 1833, il recommanda fortement la nomination à la Cour suprême de son gendre et protégé. Mais d’autres candidats l’emportèrent par leur ancienneté. Toutefois, à la mort de Richard John Uniacke II*, Bliss fut, par une ordonnance de la reine Victoria, nommé juge puîné à la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse, le 15 mai 1834, avec un traitement annuel de £540 plus les honoraires. Le juge Bliss se montrait sévère quand la dignité de la cour était en cause et on le respectait pour son ardeur au travail, ses connaissances en matière juridique et la logique avec laquelle il exprimait ses opinions. À l’époque de sa nomination, l’avancement des juges puînés jusqu’au poste de juge en chef se faisait à l’ancienneté. Mais Bliss fut déçu dans ses espoirs car, avec l’institution du gouvernement responsable, ce poste était devenu une récompense dont disposait à sa guise le parti au pouvoir. En 1860, les membres du gouvernement libéral nommèrent leur chef, William Young*, qui se retirait de la politique, juge en chef au lieu du juge Bliss à qui le poste revenait. Bliss dut résigner ses fonctions pour cause de santé en janvier 1869. Sir Charles Hastings Doyle*, lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse, demanda à la reine Victoria de décerner « le titre de chevalier ou de conférer quelque autre marque de la faveur royale à son vieux serviteur au moment où celui-ci prenait sa retraite » mais cette requête n’eut pas de suite. On trouve un portrait du juge Bliss au palais de justice du comté de Halifax.

Bliss fut membre du conseil d’administration de King’s College, Windsor, de 1848 à 1853 et de Halifax Grammar School de 1847 à 1868. Il fut aussi président d’une société historique qui fut fondée à Halifax en 1863 mais dont l’existence fut éphémère. Il était très dévoué à l’Église d’Angleterre et il fit partie du conseil d’administration de la paroisse St Paul de Halifax pendant plusieurs années. Après que son gendre l’évêque Binney eut établi son siège épiscopal à la cathédrale St Luke en 1864, Bliss fréquenta cette église. Il fut un des premiers à contribuer à l’édification de la cathédrale All Saints de Halifax.

À sa mort en 1874, le juge Bliss laissait une fortune évaluée à $536 725. Certains auteurs en ont déduit qu’il avait hérité de la fortune du juge Blowers, mais c’est à la femme de Bliss, Sarah, que cette fortune avait été léguée. L’on sait qu’en 1818, Bliss hérita d’une somme d’environ $20 000 de son grand-père le colonel John Worthington qui était américain. On sait aussi que son père lui avait également fait un legs. Il semble que Bliss ait eu assez de flair pour investir son capital dans les banques et les chemins de fer plutôt que dans les compagnies de navigation. Il est certain qu’en qualité de membre du conseil de la Bank of Nova Scotia et grâce à ses relations avec les principaux hommes d’affaires de Halifax, il était en mesure d’avoir, sur les transactions financières, les renseignements fort utiles qui lui ont permis de faire des placements avisés et lucratifs.

Phyllis R. Blakeley

Halifax County Court of Probate, testament de S. S. Blowers, 1842 ; testament de W. B. Bliss, 1874.— PANS, Anderson family papers ; Bliss family papers.— PRO, CO 217/114, 97s., 125s. ; 217/155, 43, 55.— Morning Chronicle (Halifax), 17 mars, 20 mars 1874.— R. V. Harris, Catalogue of portraits of the judges of the Supreme Court of Nova Scotia and other portraits, Law Courts, Halifax, N.S. ([Halifax], s.d.), 45–47, 59.— F. E. Crowell, Bliss family, Yarmouth Herald, 9 août 1932.— J. W. Lawrence, The first courts and early judges of New Brunswick (Saint-Jean, N.-B., 1875), 17–19.— C. J. Townshend, Memoir of the life of the Honourable William Blowers Bliss, with portrait, N.S. Hist. Soc. Coll., XVII (1913) : 23–46.

Bibliographie générale

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Phyllis R. Blakeley, « BLISS, WILLIAM BLOWERS », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 31 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/bliss_william_blowers_10F.html.

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Auteur de l'article:   Phyllis R. Blakeley
Titre de l'article:   BLISS, WILLIAM BLOWERS
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1972
Année de la révision:   1972
Date de consultation:   31 juillet 2014