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BOURDON, ANNE, dite de Sainte-Agnès, première supérieure canadienne des Ursulines de la Nouvelle-France, née à Québec le 29 août 1644, fille de Jean Bourdon*, procureur général de la Nouvelle-France, et de Jacqueline Potel, décédée le 4 novembre 1711.

Dès le 23 août 1648, le Registre des entrées des pensionnaires mentionne la présence de la fillette au séminaire des Ursulines : « Mlle sa mère l’y a amenée à cause de la frayeur des hyroquois ». Enfant précoce, Anne sollicite son entrée chez les Ursulines de Québec à l’âge de 14 ans. Admise au noviciat le 8 septembre 1658, elle fit profession le 30 septembre 1660. Mgr de Laval reçut les vœux de la jeune ursuline, « Ce qui ne s’était point encore vu en ce payx ». La formule des vœux obligeait « à vaquer selon son pouvoir à l’instruction des petites filles françoises et sauvages ». D’où la nécessité d’apprendre l’algonquin, le huron, voire l’iroquois. Anne Bourdon eut pour professeur de langues indiennes Marie de l’Incarnation [Guyart*]. Cette dernière écrivait en 1668 : « Mon occupation, les matinées d’hiver, est d’enseigner les langues sauvages à mes jeunes sœurs ».

Quoique seigneur, M. Bourdon ne disposait pas des 3 000# représentant la dot de sa fille Anne. Marie de l’Incarnation lui assigna un terme de huit années pour compléter ses paiements. Selon les clauses du contrat dressé par le notaire Guillaume Audouart*, la somme entière devait être payée en argent, en castors et en fonds d’héritage. Le 12 octobre 1660, M. Bourdon fit donation aux Ursulines de son arrière-fief Sainte-Anne. Le quatorzième jour de juillet 1664, Marie de l’Incarnation déclarait avoir reçu de M. Bourdon la somme de 1000# « toute en bons castors ». Enfin, en 1666, le versement de 1 000# tournois acquittait les droits de sœur Anne Bourdon.

Durant sa carrière religieuse, elle assuma les fonctions les plus importantes du monastère. Elle fut tour à tour dépositaire, secrétaire du chapitre, zélatrice, assistante, maîtresse des novices. Mais elle se signala surtout comme annaliste ou auteur du Vieux Récit. Après l’incendie de 1686, elle rétablit de mémoire les 50 années d’archives détruites. Ses qualités de naissance, d’esprit et de cœur la désignaient à cet emploi. Le 7 juin 1700, alors que Mgr de Laval souhaitait encore une supérieure française, les capitulantes donnèrent leurs suffrages à la mère Anne Bourdon de Sainte-Agnès. »

Placée dès son enfance chez les Ursulines, elle avait connu les fondatrices et s’était formée à leur école. Elle avait connaissance des problèmes de la colonie et du royaume pour en avoir entendu parler dans sa famille. Elle possédait une intelligence supérieure, un esprit d’ordre et le goût de la recherche. Ses dernières lignes dévoilent sa foi et son patriotisme : « Ils [Les Anglais] se confient en leur nombre ; pour nous, Seigneur, notre confiance est en votre protection ».

Une pleurésie « violente et sans remède » l’emporta le 4 novembre 1711, « Sa sainte vie, disent les Registres, lui ayant épargné toutes les apréhensions de la mort ».

Marie-Emmanuel Chabot

AMUQ, Constitution manuscrite des Ursulines de Québec (1647) ; Registre des entrées des pensionnaires.— JJ (Laverdière et Casgrain), 250.— Marie Guyart de l’Incarnation, Lettres (Richaudeau), II. —DBC, I : 115–117.— Le Jeune, Dictionnaire, I : 225–227.— P.-G. Roy, A travers lhistoire des Ursulines (Lévis, 1939), 40. —Les Ursulines de Québec (1866–1878), I : 224–227, 299, 449, 472s. ; II : 42, 74–78.

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Marie-Emmanuel Chabot, « BOURDON, ANNE, de Sainte-Agnès », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 2, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 1 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/bourdon_anne_2F.html.

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Auteur de l'article:   Marie-Emmanuel Chabot
Titre de l'article:   BOURDON, ANNE, de Sainte-Agnès
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 2
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1969
Année de la révision:   1969
Date de consultation:   1 octobre 2014