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BOWES, SARAH, institutrice, militante de la tempérance, prédicatrice et missionnaire laïque, née le 28 juin 1834 près de Milton, Haut-Canada, troisième fille de Thomas Bowes et de Dorothy Willmott ; décédée célibataire le 12 septembre 1911 à Milton.

D’ascendance irlando-anglaise, Sarah Bowes grandit dans la ferme familiale, Maplehill, près de Milton. Dans sa jeunesse, elle vécut chez ses parents tout en enseignant dans une école publique. Des notices nécrologiques indiquent que, dans les années 1860, elle-même et sa sœur Dorothy tinrent pendant quelque temps une école privée pour filles dans la salle de tempérance de Milton. Membres d’une famille de fervents méthodistes, Sarah et au moins deux de ses sœurs semblent s’être beaucoup engagées dans des œuvres associées à l’Église. Sarah s’inscrivit à la Woman’s Christian Temperance Union peu après la fondation de cet organisme [V. Letitia Creighton*] et fut déléguée à la deuxième assemblée annuelle, en 1878. Elle fut l’organisatrice provinciale de l’union en 1885 et en 1886, année où celle-ci la délégua au congrès de la National Woman’s Christian Temperance Union, aux États-Unis. Sans obligations familiales après la mort de son père en 1881 et de sa mère trois ans plus tard, elle consacrererait le reste de son existence à ce genre d’activités.

Vers 1886, Sarah Bowes, parvenue au milieu de la cinquantaine, s’installa à Vancouver, récemment érigée en municipalité, et devint « missionnaire urbaine » sous les auspices de l’église méthodiste Humer Street. Elle « visitait les foyers, en particulier ceux des nouveaux venus ; encourageait et réconfortait les mères, pressait les familles d’assister régulièrement aux offices de leur confession religieuse ; dépistait les nécessiteux et les signalait à ceux qui [pouvaient] leur porter secours ». Ses sermons laissèrent un souvenir vivace aux fidèles de l’église Humer Street. Enseigner à l’école chinoise créée par cette église faisait également partie de ses responsabilités ; un annuaire de 1889 l’identifie comme institutrice vivant en pension au presbytère.

Le principal organisme auquel se dévouait Sarah Bowes était cependant la Woman’s Christian Temperance Union, dont [V. Catharine Morton*] avait fondé une section en Colombie-Britannique en 1883. Elle y milita à compter du congrès provincial de 1887, auquel elle assista en tant que déléguée de New Westminster. Elle dirigea des exercices de piété et des services commémoratifs à divers congrès, et prononça au moins deux conférences remarquées, « The juggernaut of Christendom » en 1887 et « Labour and greatness » en 1890. En outre, dans le courant des années 1890, elle rédigea et publia pour l’union un petit mensuel intitulé Home Cheer.

De 1889 à 1893, Sarah Bowes exerça à l’union provinciale la fonction d’organisatrice de la partie continentale de la Colombie-Britannique, ce qui fut à l’occasion une source d’insatisfaction pour elle. Même si, en 1893, elle annonça fièrement à la conférence de la Dominion Woman’s Christian Temperance Union que la Colombie-Britannique comptait 8 unions et plus de 340 membres, elle admit devant la conférence provinciale que, cette année-là, aucune nouvelle union n’avait vu le jour sur le territoire dont elle avait la charge. De 1894 à 1900, elle fut surintendante provinciale d’un nouveau service de l’union, les couvres missionnaires, et, en 1899, elle dirigea en plus le service d’intervention dans les prisons. Présente en 1897 aux congrès de l’union fédérale et de l’union mondiale à Toronto, elle avait été nommée surintendante des œuvres missionnaires à l’union mondiale.

Au sein de sa propre union locale, celle de Vancouver, Mlle Bowes appartint au conseil de direction – elle fut présidente de 1888 à 1890 – et avait directement affaire au public. En tant que visiteuse du City Hospital, elle distribuait de la documentation religieuse, rédigeait des lettres, organisait des lectures de l’évangile et des réunions de tempérance pour les malades, et assistait aux offices dominicaux ; en 1894, elle aurait au moins « 118 entretiens personnels sur le salut ». « Dans une réunion, sa puissance inspiratrice était extraordinaire », selon le Christian Guardian de Toronto. En 1892, elle représenta l’union de Vancouver au comité féminin du Protestant Children’s Home, aussi connu sous le nom d’Alexandra Orphanage. Après que le comité eut congédié la première intendante de ce foyer, elle accepta ce poste à l’essai, car le comité n’arrivait pas à trouver une remplaçante ; on ignore combien de temps elle le conserva. Vers 1894, elle devint intendante du Refuge Home de l’union à Victoria, mais elle quitta bientôt cette fonction astreignante pour celle d’intendante au palais de justice de Victoria.

L’infatigable Sarah Bowes appartenait à plusieurs autres organismes féminins connexes. Dans les années 1890, elle milita à la Young Women’s Christian Association, où elle créa une section de la Woman’s Christian Temperance Union et anima des groupes d’études bibliques. De 1895 à 1899, le comité national de la Woman’s Missionary Society (principale organisation féminine de l’Église méthodiste du Canada) la parraina en tant que missionnaire urbaine à Victoria. À ce titre, elle fut intendante de l’Oriental Rescue Home de Victoria au moins de 1896 à 1899. Bon nombre des pensionnaires de ce foyer pour filles et jeunes femmes résidaient là pendant que leur mère ou leur mari travaillait, mais il y en avait tant d’autres qui essayaient de s’enfuir qu’elle fit installer des barbelés sur la clôture.

De 1904 à 1909, le nom de Sarah Bowes figure sur la liste des membres de la section britanno-colombienne de la Woman’s Missionary Society, et elle prononça aux congrès annuels des discours très applaudis. Ses fonctions l’obligeaient bien sûr à voyager : à la réunion de 1909, elle déclara ne pas avoir besoin de se faire rembourser ses frais puisque c’était son devoir de chrétienne de consacrer « un cinquième de tout revenu à la charité ». En 1910, en tant que membre du Local Council of Women de Vancouver et de convocatrice du comité juridique de ce conseil, elle contribua à la rédaction d’un rapport sur la Girls’ Industrial School et rencontra le University Women’s Club en vue d’une initiative commune à propos des « lois visant une meilleure protection des femmes et des enfants ». La même année, elle appartint au comité de réception du conseil et dirigea des exercices de dévotion à la conférence provinciale de l’organisme.

Sarah Bowes assista à une dernière assemblée en Colombie-Britannique en septembre 1910. Le Local Council of Women de Vancouver lui remit un « panier indien, un jeté et un bouquet de pois de senteur ». Très émue, elle remercia le conseil de sa « délicate attention » et se dit « désolée de quitter son cher Vancouver ». Agée de 76 ans, elle avait décidé de retourner à Milton pour prendre soin de sa sœur Dorothy, femme du ministre méthodiste John C. Willmott (une autre de ses sœurs, Margaret Taylor, était mariée au frère de John, James Branston Willmott, éminent laïque méthodiste). En outre, il semble que ses propres « infirmités croissantes » la préoccupaient. Un an plus tard, chez les Willmott, « les portes s’ouvrirent, et elle se rendit chez le Tout-Puissant ». On l’inhuma non loin de là, au cimetière de l’église méthodiste Bowes.

Susan J. Johnston

AN, RG 31, C1, 1871, Trafalgar Township, Ontario, div. 4 : 13 (mfm aux AO).— AO, F 885, MU 8404.5, 8406.8 ; F 977, Bowes United Church cemetery (Trafalgar Township), no 73 (mfm).— BCARS, H/D/R57/B672, Bowes à Ebenezer Robson, 17 mars 1896.— City of Vancouver Arch., Add. mss 54 (J. S. Matthews coll.), .00403 ; Add. mss 420 (Alexandra Neighbourhood House fonds), 1, file 1.— EUC, British Columbia Conference Arch. (Vancouver), Oriental Home and School fonds, advisory committee minute-book, 1896–1915 (mfm aux BCARS).— Univ. of B.C. Library, Special Coll. and Univ. Arch. Div. (Vancouver), M657 (Vancouver Council of Women records), box 6, file 1.— Canadian Champion (Milton, Ontario), 14 sept. 1911.—Christian Guardian (Toronto), 25 oct. 1911.— Annuaires, C.-B., 1889, 1897–1898 (Henderson’s), 1899 (Williams’s), 1900–1902 ; Vancouver, 1908–1910 ; Vancouver et New Westminster, 1890.— Église méthodiste (Canada, Terre-Neuve, Bermudes), British Columbia Conference, Minutes of the proc. (Toronto et Montréal), 1892, 1894–1895 ; Missionary Soc., « China’s millions » (Toronto, [1900 ?]) ; The missionary society of the Methodist Church ; a general survey : Japan (Toronto, [1900 ?]) ; The missionary society of the Methodist Church : information for the people (Toronto, [1900]).— R. R. Gagan, A sensitive independence : Canadian Methodist women missionaries in Canada and the Orient, 1881–1925 (Montréal et Kingston, Ontario, 1992).— Lyn Gough, As wise as serpents : five women & an organization that changed British Columbia, 1883–1939 (Victoria, 1988).— Karen Van Dieren, « The response of the WMS to the immigration of Asian women, 1888–1942 », dans Not just pin money : selected essays on the history of women’s work in British Columbia, B. K. Latham et R. B. Pazdro, édit. (Victoria, 1984), 79–97.— Western Methodist Recorder (Victoria), 1 (1899–1900)–11 (1909–1910) (exemplaires conservés aux EUC, B.C. Conference Arch.).— F. E. Willard, Glimpses of fifty years : the autobiography of an American woman (Chicago, 1889 ; réimpr., New York, 1970).— Woman’s Christian Temperance Union of British Columbia, Report of the annual convention (New Westminster et autres lieux), 1887–1900, 1908–1909 (exemplaires conservés aux BCARS, Northwest coll.).

Bibliographie générale

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Susan J. Johnston, « BOWES, SARAH », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 14, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 15 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/bowes_sarah_14F.html.

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Auteur de l'article:   Susan J. Johnston
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Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1998
Année de la révision:   1998
Date de consultation:   15 septembre 2014