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BUNNING, MARIA (on trouve parfois Von Bunning), dite Mary Martha, professe chez les Sœurs de la Congrégation de Saint-Joseph, fondatrice et première supérieure des sœurs de Saint-Joseph du diocèse de Hamilton, née en 1824 dans la paroisse de Husen ou Husum, Royaume de Hanovre (République fédérale d’Allemagne), fille de Wileum et d’Ellen Bunning, décédée le 13 juin 1868 à Toronto, Ontario.

À son arrivée en Amérique, Maria Bunning s’établit dans la région de St Louis sur le Mississipi. À l’âge de 21 ans, elle entra chez les Sœurs de la Congrégation de Saint-Joseph de Carondelet, à St Louis, et prit le voile. En août 1848, elle prononça les vœux perpétuels de pauvreté, de chasteté et d’obéissance et prit le nom de sœur Mary Martha. Elle commença à travailler au couvent, au pensionnat et à l’orphelinat de la communauté et, en compagnie de mère Delphine Fontbonne, une des pionnières de la communauté américaine, enseigna à la St Vincent’s School, première école paroissiale à St Louis.

La communauté de St Louis, qui comptait 45 membres, perdit trois de ses sœurs durant l’épidémie de choléra de 1849–1851, à un moment où. on sollicitait de plus en plus son aide, notamment pour prendre soin des enfants sans foyer. En 1850, sœur Martha fut envoyée, en compagnie de mère Delphine, à Philadelphie pour diriger un orphelinat, une école et un hôpital, et pendant cette période, elle devint supérieure du St Ann’s Widows’ Asylum.

En dépit d’un personnel réduit et de leurs lourdes responsabilités, les sœurs de Saint-Joseph répondirent à l’appel pressant de Mgr Armand de Charbonnel*, évêque de Toronto, leur demandant d’étendre leur œuvre au Canada. Mère Delphine, sœur Martha et deux autres sœurs quittèrent donc Philadelphie et, après un voyage d’une semaine par bateau et par diligence, arrivèrent le 7 octobre 1851 à Toronto, où les accueillirent John Elmsley et d’autres représentants de la communauté catholique.

Le 19 avril 1852, à la demande du vicaire général Edward John Gordon de Toronto, sœur Martha et deux novices déménagèrent à Hamilton. Sœur Martha fut nommée supérieure et Gordon lui fournit une maison pour en faire un couvent et un orphelinat. En 1853, on plaça les écoles séparées de la ville sous la direction des sœurs, qui ouvrirent aussi une école privée dans leur couvent. Sept sœurs de Toronto vinrent leur prêter main-forte et les novices de Hamilton furent envoyées à Toronto afin d’y recevoir leur formation. En réponse à la demande de fonds lancée par mère Martha pour financer l’orphelinat, les citoyens de Hamilton, en 1853, à l’occasion d’un concert public lui firent don des bénéfices ; dès lors, ce concert devint un événement annuel, connu sous le nom d’Orphans’ Festival, qui contribua à financer en grande partie l’orphelinat pendant plus de 100 ans. Dans les premières années, les organisateurs du festival engageaient des talents professionnels, et c’est à cette organisation qu’on devait la venue à Hamilton de chanteurs et d’artistes de renom. Puis, peu à peu, les enfants se mirent à jouer des pièces écrites par les sœurs, qui en composaient aussi la musique et en dessinaient les costumes. Toujours soucieuse du bien des orphelins, mère Martha et ses sœurs ramassaient de l’argent, de la nourriture, des vêtements et du bois dans la ville de Hamilton, d’un bout à l’autre du diocèse et dans des régions aussi éloignées que Goderich. Les fermiers mettaient à leur disposition chevaux et voitures pour les transporter ainsi que le fruit de leur cueillette. En dépit des fatigues physiques que comportaient de telles expéditions, effectuées même en hiver, et malgré les moqueries de certaines personnes qui accusaient les sœurs de mendicité, il reste que ces initiatives aidèrent considérablement les orphelins pendant de nombreuses années. Grâce à sir Allan Napier MacNab, un des bienfaiteurs de la communauté, une subvention de $600 fut accordée par le gouvernement en 1856. L’octroi se répéta chaque année et, plus tard, le montant en fut augmenté. Durant l’épidémie de choléra de 1854 et celle de typhus qui suivit, mère Martha fut témoin des actes de dévouement accomplis par ses sœurs, qui s’occupaient des immigrants affligés partout dans la ville et qui allaient même, parfois, jusqu’à inhumer les morts.

John Farrell*, qui devint évêque de Hamilton en 1856, année où on divisa le diocèse de Toronto, incita les sœurs de Saint-Joseph à étendre le champ de leur apostolat y compris leur enseignement. C’est à cette époque que le couvent de Hamilton devint la maison mère et le noviciat du diocèse de Hamilton, et un nouveau couvent s’ouvrit en 1857. Entre 1852 et 1862, 23 novices entrèrent dans la congrégation de Hamilton et en 1862 la communauté comptait environ 28 membres. Grâce à la bonne administration de mère Martha, d’autres maisons s’ouvrirent à un rythme rapide à Paris, à Brantford et à Oakville, et un hôpital ainsi qu’un foyer pour les pauvres et les indigents furent créés à Guelph en 1861.

Les lourdes responsabilités que comportait la charge de mère Martha affaiblirent sa santé et, attristée par les mésententes au sujet de son autorité, elle donna sa démission en août 1862. Elle retourna à St Louis et reprit l’enseignement ; en 1865, elle fut nommée supérieure d’un hôpital et d’un foyer à Erie, Pennsylvanie. Consciente que sa santé déclinait, sœur Martha obtint la permission de visiter Toronto, en 1868, où elle mourut quelques jours après son arrivée.

Dans cette brève période de dix ans au Canada, mère Martha Bunning avait jeté les fondations solides et durables de la congrégation des sœurs de Saint-Joseph de Hamilton. Elle sut répondre aux besoins de son temps en établissant des orphelinats, des écoles, des hôpitaux et des foyers pour vieillards, œuvres qui ont continué à prospérer sous la direction de sa communauté.

Sœur Mary Rose Pautler

Archives of the Sisters of St Joseph of Philadelphia (Philadelphie), Envelope 9 (Canada : Toronto, Hamilton, London, 1851–1852).— Sisters of St Joseph of Carondelet Community Archives (St Louis, Mo.), Maria Bunning, act of profession, août 1848.— Sisters of St Joseph of Hamilton Archives (Hamilton, Ont.), Annals of the congregation, 1852–1927.— Sisters of St Joseph of Northwestern Pennsylvania Community Archives (Erie, Pa), Letter to Mother Martha Bunning, 10 sept. 1866.— Sisters of St Joseph of Toronto Archives (Toronto), Annals, I (1851–1914) ; Catalogue of names of the sisters, 1851–1868 ; Obituary book (1851–1890).— Erie City Dispatch (Erie, Pa), 11 avril 1868.— Constitutions of the Congregation of the Sisters of St. Joseph of Hamilton [...] (Hamilton, Ont., 1937).— D. M. Dougherty et al., Sisters of St. Joseph of Carondelet (St Louis, Mo., 1966), 71.— Sister Mary Agnes, The Congregation of the Sisters of St. Joseph : Le Puy, Lyons, St. Louis, Toronto (Toronto, 1951), 80.— Hamilton Review (Hamilton, Ont.), 2 mai 1952.

Bibliographie générale

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Sœur Mary Rose Pautler, « BUNNING, MARIA, Mary Martha », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 20 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/bunning_maria_9F.html.

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Auteur de l'article:   Sœur Mary Rose Pautler
Titre de l'article:   BUNNING, MARIA, Mary Martha
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1977
Année de la révision:   1977
Date de consultation:   20 août 2014