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Titre original :  Photograph Rev. R. R. Burrage, Montreal, QC, 1862 William Notman (1826-1891) 1862, 19th century Silver salts on paper mounted on paper - Albumen process 8.5 x 5.6 cm Purchase from Associated Screen News Ltd. I-4462.1 © McCord Museum Keywords:  male (26812) , Photograph (77678) , portrait (53878)

Provenance : Lien

BURRAGE, ROBERT RABY, éducateur et ministre de l’Église d’Angleterre, né à Norwich, Angleterre, en 1794, fils de Robert Burrage, décédé à Montréal, le 5 décembre 1864.

Robert Raby Burrage fut admis au Corpus Christi College, Cambridge, en 1813, où il fit ses humanités. Il vint au Bas-Canada en 1816 pour prendre la direction de la Royal Grammar School de Québec. Peu de temps après son arrivée, le 23 décembre 1817, il épousa Elizabeth Chapman. Il fut ordonné diacre le 23 août 1819 et prêtre le 9 septembre 1820, par Jacob Mountain*, premier évêque de l’Église d’Angleterre à Québec. En plus d’assumer des fonctions dans l’enseignement, Burrage fut nommé missionnaire à Pointe-Lévi (Lévis, Lauzon) en 1819. En peu d’années, le champ de son ministère s’étendit, incluant les « colons protestants des régions voisines » de Lévis. En 1833, il était aumônier suppléant de la garnison de Québec et, en 1839, il devint secrétaire de la Clergy Réserves Corporation, qui s’occupait de l’administration des terres concédées par la couronne dans le but d’aider le clergé protestant dans le Bas-Canada.

C’est dans le domaine de l’instruction que se situe la plus importante contribution de Burrage. Il fut principal de la Royal Grammar School de Québec depuis sa fondation en 1816 jusqu’à sa dissolution en 1836. Cette école passa sous l’autorité de la discutable Institution royale pour l’avancement des sciences, établie en 1801 pour administrer le premier système d’enseignement public du Bas-Canada. Mais ce système ne fut pas particulièrement efficace, en raison de l’inexistence d’un organisme administratif central – un conseil d’administration et un secrétaire ne furent nommés qu’en 1818 – et d’une aide financière médiocre. De plus, la population canadienne-française appréhendait les écoles dirigées par l’establishment anglais. Entre 1801 et 1818, grâce à l’initiative locale et aux subventions de l’Assemblée, on établit seulement 37 écoles, qui ne durèrent pas toutes. De 1814 à 1829, l’Assemblée lutta en vain contre les gouverneurs et les conseils afin d’obtenir un système plus approprié. L’opposition à l’Institution royale vint de la hiérarchie catholique qui craignait la trop grande influence anglo-protestante, mais aussi parce que les écoles secondaires de l’institution à Québec et Montréal, aussi bien qu’à Kingston [V. George Okill Stuart], étaient financées avec les revenus des biens des jésuites. Dans la ville de Québec, par exemple, de 1816 à 1832, l’école reçut annuellement £200 pour le maître et £90 pour le loyer. De 1832 à sa fermeture, l’école de Québec fut soutenue par des subventions annuelles de la législature.

Les relations de Burrage avec l’Institution royale le conduisirent à des démêlés avec le clergé catholique. En 1822, il devint inspecteur de l’école de Pointe-Lévi en même temps que le curé de Saint-Joseph-de-Lévis (Lauzon), Michel Masse, mais ce dernier remit sa démission en 1823, parce qu’il n’avait pas été consulté lors de l’engagement d’un nouvel instituteur. Ce fut un incident malheureux puisque Pointe-Lévi fut l’une des rares paroisses où le curé avait coopéré à l’administration d’une école de l’Institution royale. Le conseil d’administration de l’institution tentait d’encourager de telles initiatives, mais sans beaucoup de succès. En 1823, invité à témoigner devant un comité de l’Assemblée, Burrage attribua à l’attitude des parents et de l’Église catholique l’état médiocre de l’instruction en général au Bas-Canada. Il recommanda l’expansion de l’œuvre de l’Institution royale. En aucun cas, l’action de Burrage n’aida l’institution à établir des relations suivies avec l’Église catholique.

L’influence dynamique qui soutint la croissance de l’Institution royale, dans les années 1820, fut celle de son premier secrétaire, le révérend Joseph Langley Mills*. Alors que ce dernier était en Angleterre de 1829 à 1832, Burrage fut secrétaire intérimaire de février à décembre 1831. Quand Mills décéda peu après son retour, Burrage lui succéda au poste de secrétaire, d’octobre 1832 à mai 1856. Fragile de santé, il devint un retraité de l’Église, en 1846, bien qu’il continuât d’exercer les fonctions de secrétaire de l’Institution royale ; il demeurait à Pointe-Lévi. Plus tard, il fit du ministère dans le diocèse de Montréal ; en 1860, il était à Laprairie et, de 1862 à 1864, à Hochelaga, où, de nouveau, peu de temps avant sa mort, il prit sa retraite.

Au cours des années 1830, le rôle de l’Institution royale dans l’enseignement public connaissait un déclin rapide, par suite de la loi des syndics de 1829, qui donnait aux mandataires élus dans chaque paroisse l’autorité concernant l’administration et la construction des écoles, et par suite également de la législation subséquente. Elle concentra alors son attention sur McGill University. Comme secrétaire pendant les années 1840 et 1850, Burrage fut témoin d’une période particulièrement controversée dans l’histoire des débuts de McGill. Le conseil d’administration de l’Institution royale détenait des fonds légués à McGill et agissait aussi comme inspecteur officiel du collège [V. John Bethune*]. Il y eut de nombreux désaccords entre le conseil d’administration de l’institution et les membres du conseil d’administration de McGill au sujet des budgets, des postes scolaires et de l’administration. Heureusement, cette situation prit fin le 6 juillet 1852 alors qu’on fusionna les deux conseils d’administration.

Pendant sa carrière, Burrage détint des postes relativement importants comme ministre et éducateur et fut intimement lié à l’évolution de l’instruction publique dans le Bas-Canada et à celle de McGill University. Il est difficile de mesurer son influence personnelle sur les événements survenus à l’époque dans le domaine religieux et dans celui de l’éducation, mais toute étude sérieuse de ces événements ne peut ignorer Burrage.

Réal G. Boulianne

ANQ-M, État civil, Anglicans, Christ Church, 1853–1865.— McGill University Archives (Montréal), Incoming correspondence of the Royal Institution for the Advancement of Learning, 1820–1864 ; Letter books of the Royal Institution for the Advancement of Learning, 1820–1858, 1–6 ; Minute books of the Royal Institution for the Advancement of Learning, 1837–1856.— QDA, 56 (B-10), pp.65–83 ; 80 (C-9) ; 81 (C-10) ; 96 (D-15) ; 100 (D-20).— B.-C., House of Assembly, Journals, 1816–1837.— Canada, prov. du, Assemblée législative, Journaux, 1841–1846.— Church of England, Diocese of Montreal, Proc. of Synod (Montréal), 1860 ; 1862 ; 1863 ; 1864.— Journal of Education for Lower Canada (Montréal), févr.–mars 1865, 34.— Journal of Education for U.C., XVII (1864) : 186.— L.-P. Audet, Le système scolaire, III, IV.— R. G. Boulianne, The French Canadians under the Royal Institution for the Advancement of Learning, 1818–1829 (thèse de m.a., université d’Ottawa, 1964) ; The Royal Institution for the Advancement of Learning : the correspondence, 1820–1829, a historical and analytical study (thèse de ph.d., McGill University, Montréal, 1970).— Cyrus MacMillan, McGill and its story, 1821–1891 (Londres et Toronto, 1921).— T. R. Millman, Jacob Mountain, first lord bishop of Quebec, a study in church and state, 1793–1825 (Toronto, 1947) ; Life of Charles James Stewart.— G. W. Parmelee, English education, Can. and its provinces (Shortt et Doughty), XVI : 445–501.

Bibliographie générale

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Réal G. Boulianne, « BURRAGE, ROBERT RABY », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/burrage_robert_raby_9F.html.

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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1977
Année de la révision:   1977
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