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CALDWELL, JAMES, marchand, officier de milice et fonctionnaire ; décédé le 18 avril 1815 à Montréal.

James Caldwell, dont les origines, la date d’arrivée dans la province de Québec et les débuts dans le commerce sont inconnus, est établi en 1784 à Montréal, où il signe la pétition réclamant une chambre d’assemblée pour la province. Trois ans plus tard, il est lieutenant dans la British Militia of the Town and Banlieu of Montreal. En octobre 1790, avec d’autres marchands de cette ville, il appuie une requête demandant au gouverneur, lord Dorchester [Guy Carleton], l’instauration d’un bureau de douane à Montréal afin de réduire les frais, les pertes et les délais occasionnés par l’existence d’un seul bureau situé à Québec. À cette époque, Caldwell s’occupe du commerce des vins, de la bière, de diverses denrées, d’articles de quincaillerie et d’autres marchandises. En 1793 et 1794, il exporte des vins dans le Haut-Canada et dans la région des Grands Lacs.

En homme d’affaires avisé, Caldwell entend recueillir une part des terres concédées par le gouvernement dans les nouveaux cantons du Bas-Canada. Ainsi, de 1792 à 1812, soumet-il inlassablement des pétitions avec des associés, tel Alexander Auldjo*, conformément au système des chefs et associés de canton. Selon ce système, en usage jusque vers 1809, le requérant, après s’être assuré du concours des membres du Conseil exécutif, des hauts fonctionnaires et du gouverneur, recrute un certain nombre d’associés qui signent sa demande d’octroi de terre ; aussitôt les lettres patentes émises, les associés, qui reçoivent normalement 1 200 acres chacun, les transfèrent, à l’exception de 200 acres, au chef de canton, en échange d’une somme nominale. Caldwell participe en 1802 au partage de la moitié du canton d’Aston et, en 1806, il reçoit les lettres patentes de 1 853 acres pour lui-même, son épouse, Louisa Melvin, et leurs trois enfants, Alexander, Louisa et Amelia (Mary).

Caldwell semble entretenir d’excellents rapports avec cette classe puissante d’hommes d’affaires et de fonctionnaires omniprésents, ce qui n’est sans doute pas étranger à plusieurs nominations qu’il reçoit du gouvernement. En compagnie d’Auldjo et de François Desrivières, il devient, en 1805, gardien ou syndic à Montréal de la Maison de la Trinité de Québec fondée, cette année-là, par la chambre d’Assemblée à l’instigation de John Young. À cette charge honorable et lucrative, s’ajoutent, la même année, celle de commissaire à l’amélioration de la navigation entre Lachine et Montréal puis, en 1806, celle de juge de paix. Au début de 1810, lors de la contestation de l’élection de Stephen Sewell* comme député de Huntingdon, il figure parmi les commissaires chargés d’entendre les témoins des deux parties. Ses fonctions de magistrat s’accroissent en 1812, une commission lui permettant de recevoir le serment d’allégeance. L’année suivante, la mise en vigueur de la loi « pour le soulagement des personnes dérangées dans leur Esprit et le soutien des Enfans abandonnés » lui procure une autre commission d’administrateur en compagnie de Desrivières. Ayant décliné une nomination de directeur du scrutin, Caldwell accepte, en 1814, la charge de commissaire responsable de l’application de la loi concernant l’enlèvement des vieux murs et des fortifications de Montréal, ainsi que celle de commissaire pour autoriser la réparation des églises.

Parallèlement à ses occupations commerciales, qu’il n’a pas abandonnées, et à ses fonctions administratives, Caldwell gravit progressivement les échelons de la milice de la ville de Montréal jusqu’au grade de lieutenant-colonel du le` bataillon en 1813, en passant par ceux de capitaine en 1797 et de major en 1811. Il s’intéresse, par ailleurs, aux arts et aux lettres et il collectionne les livres, les cartes et les gravures. En cela, il semble assez représentatif de certains hommes d’affaires de son époque, tels ses amis James McGill, Joseph Frobisher, William McGillivray*, qui, prêts à saisir n’importe quelle occasion d’augmenter leur fortune, étendent également leur influence aux œuvres charitables, éducatives ou culturelles et assurent ainsi leur promotion sociale.

Miné par une longue et pénible maladie, James Caldwell meurt le 18 avril 1815. Ses funérailles sont célébrées par le révérend Jehosaphat Mountain, ministre de la Christ Church où Caldwell possédait un banc.

Marie-Paule R. Labrèque

ANQ-M, CN1-63, 20 avril 1815.— APC, RG 1, L3L- : 17745, 17747, 26831.— B.-C., chambre d’Assemblée, Journaux, 1795 : 140.— Doc. relatifs à l’hist. constitutionnelle, 1759–1791 (Shortt et Doughty ; 1921), 2 : 733–743.— La Gazette de Montréal, 20 avril 1815.— La Gazette de Québec, 28 oct. 1790, 31 juill. 1794, 14 mai 1795, 30 mai 1799, 16 mai 1805, 20 mars, 17 juill. 1806, 3 nov. 1808, 6 juill. 1809, 15 févr., 12 juill. 1810, 2 sept. 1813, 22 sept. 1814, 27 avril 1815.— Montreal Herald, 22 avril 1815.— Almanach de Québec, 1788 : 52 ; 1798 : 106 ; 1810 : 39 ; 1815 : 47s., 58, 65, 90.— Desjardins, Guide parl., 130, 134.— Langelier, Liste des terrains concédés, 10, 17, 675, 1286.— F. D. Adams, A history of Christ Church Cathedral, Montreal (Montréal, 1941), 57.— P.-G. Roy, La ville de Québec sous le Régime français (2 vol., Québec, 1930), 2 : 318.— G. F. McGuigan, « La concession des terres dans les Cantons de l’Est du Bas-Canada (1763–1809) », Recherches sociographiques (Québec), 4 (1963), no 1 : 86s.— P.-G. Roy, « La Trinity-House ou Maison de la Trinité à Québec », BRH, 24 (1918) : 105–110.

Bibliographie générale

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Marie-Paule R. Labrèque, « CALDWELL, JAMES », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/caldwell_james_5F.html.

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Auteur de l'article:   Marie-Paule R. Labrèque
Titre de l'article:   CALDWELL, JAMES
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1983
Année de la révision:   1983
Date de consultation:   22 décembre 2014