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CASOT, JEAN-JOSEPH, prêtre, jésuite, né le 4 octobre 1728 à Paliseul, évêché de Liège (Belgique), fils de Jacques Casot et de Jeanne Dauvin, décédé à Québec le 16 mars 1800.

Jean-Joseph Casot entra au noviciat des jésuites à Paris, le 16 décembre 1753, et arriva au Canada en 1757 comme frère coadjuteur. Il reçut l’office de cuisinier au collège des jésuites de Québec. Il connut immédiatement la guerre de la Conquête, les rationnements, la prise de Québec par l’Anglais, l’occupation du collège par les troupes et les bouleversements qui s’ensuivirent pour la Compagnie de Jésus au Canada, dont l’interdiction, après le traité de Paris (1763), de recruter ou de recevoir de nouveaux membres.

En juin 1761 le frère Casot, qui s’était réfugié, à l’automne de 1759, aux environs de Québec, revint au collège de la ville comme cuisinier et fut chargé, avec le frère Alexis Maquet, de l’école primaire, le père Augustin-Louis de Glapion étant le seul professeur du cours classique. La garnison anglaise occupait encore les deux tiers du collège. Remarquant les dispositions du frère Casot, le père de Glapion, devenu supérieur en 1763, le nomma bientôt procureur du collège. Le 20 décembre 1766, afin d’augmenter le nombre des prêtres de la Compagnie de Jésus, en diminution constante, Mgr Briand l’ordonna prêtre, ainsi que le frère Jean-Baptiste Noël ; le frère Alexis Maquet devait être ordonné en septembre 1767. Le père Casot passa le reste de sa vie comme procureur du collège de Québec ; il fut aussi confesseur des religieuses hospitalières de l’Hôtel-Dieu, de 1783 à 1796.

En 1768, le père de Glapion, n’espérant plus de relève pour longtemps, avait supprimé le cours de lettres, ne conservant que l’école primaire qui devait fermer en 1776. Le 21 juillet 1773, le bref pontifical Dominus ac Redemptor supprimait la Compagnie de Jésus à travers le monde. Mgr Briand en prit connaissance en 1774 : il réunit alors les jésuites résidant à Québec et leur dit qu’il avait en main le bref et l’ordre de le signifier. Mais, de concert avec le gouverneur Guy Carleton*, il ne le mit pas ouvertement à exécution ; les jésuites gardaient leur nom, leur habit et demeuraient propriétaires de leurs biens. En fait, le bref n’ayant pas été signifié régulièrement, ils demeuraient jésuites comme ceux de Prusse et de Russie Blanche. À ce moment, il ne restait plus que 12 jésuites au Canada, dont quatre à Québec ; neuf décédèrent entre 1775 et 1785.

Le père de Glapion étant décédé en 1790, Jean-Joseph Casot le remplaça comme administrateur des biens des jésuites et agit en vrai propriétaire. Le père Bernard Well, dernier jésuite de la résidence de Montréal, étant venu à mourir en mars 1791, le père Casot s’y rendit aussitôt et disposa, en faveur de l’Hôpital Général et des pauvres, de tous les objets mobiliers à l’usage de son confrère, comme appartenant à son ordre.

Le 14 novembre 1796, le père Casot rédigea un testament par lequel il disposait du mobilier de son église de Québec en faveur de Mgr Denaut*, le coadjuteur, des autres églises de la ville, des ursulines et des missions du diocèse. Auparavant, il avait cependant déposé à l’Hôtel-Dieu de Québec une partie des archives du collège et avait donné les livres de la bibliothèque au séminaire, la vaisselle et la pharmacie à l’Hôpital Général.

Le lieutenant-gouverneur, sir Robert Shore Mimes*, refusa de reconnaître ce testament, mais prit soin d’en faire respecter presque toutes les dispositions. L’annaliste des ursulines note ainsi le décès de Casot, survenu le 16 mars 1800 : « Dans ce mois de mars s’est éteint à l’âge de 71 ans et 6 mois, le R. P. J. Joseph Casot, dernier rejeton des enfants d’Ignace en ce pays, et qui a laissé autant d’orphelins qu’il y a de pauvres et d’indigents [...] Il employait tous ses revenus, que l’on sait être grands, à les soulager, pendant qu’il se refusait le nécessaire. Sa mort a été pleurée par tous les gens de bien. » Avec son décès, allait s’ouvrir au xixe siècle la question des biens des jésuites.

Joseph Cossette

ASJCF, 740 ; 741 ; BO 80, C. Nelisse à A. Mélançon, 6 août 1924 ; Cahier des vœux, f.42.— B.-C., chambre d’Assemblée, Rapport du comité spécial [...] nommé pour s’enquérir de l’état actuel de l’éducation dans la province du Bas-Canada (s.l., [1824]).— Isaac Weld, Voyages au Canada dans les années 1795, 1796 et 1797 [...] (3 vol., Paris, An XI [1803]), II : 80.— Allaire, Dictionnaire, I : 164s.— Caron, Inv. de la corr. de Mgr Briand, ANQ Rapport, 1929–1930, 68 ; Inv. de la corr. de Mgr Denaut, ANQ Rapport, 1931–1932, 166.— Mélançon, Liste des missionnaires jésuites.— Burke, Les ursulines de Québec (1863–1866), III.— Rochemonteix, Les Jésuites et la N.-F. au XVIIIe siècle, II : 182, 201, 214, 235.— J.-E. Roy, La liste du mobilier qui fut saisi en 1800 par le shérif de Québec, à la mort du père jésuite Cazot, Revue canadienne (Montréal), XXV (1889) : 271–282.

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Joseph Cossette, « CASOT, JEAN-JOSEPH », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 31 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/casot_jean_joseph_4F.html.

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Auteur de l'article:   Joseph Cossette
Titre de l'article:   CASOT, JEAN-JOSEPH
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1980
Année de la révision:   1980
Date de consultation:   31 octobre 2014