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CHASSIN DE THIERRY, FRANÇOIS-NICOLAS DE (il signait Thierry de Chassin), officier dans les troupes de la Marine, né à Versailles, France, fils de Nicolas de Chassin, fourrier du logis de la maison du roi, et de Charlotte Thyerry, il épousa à Louisbourg, île Royale (île du Cap-Breton), le 26 décembre 1734, Marie-Josephte, fille de Pierre Rousseau de Souvigny et de Jeanne de Saint-Étienne de La Tour, qui lui donna six enfants, décédé le 20 octobre 1755 à Louisbourg.

François-Nicolas de Chassin de Thierry vint au Canada pour la première fois en 1717, en qualité de cadet, pour retourner en France l’année suivante. Il fut affecté en Louisiane avec le grade de sous-lieutenant en 1719. Tombé gravement malade en 1725, il rentra en France au printemps de 1726 pour y faire sa convalescence. Il y demeura jusqu’au printemps de 1730 et on le nomma alors enseigne à l’île Royale. Il passa au grade de lieutenant en 1737 et à celui de capitaine en 1744.

Il semble que Thierry se soit acquitté de son service à la satisfaction de ses supérieurs. En 1732, le gouverneur de l’île Royale, Saint-Ovide [Monbeton], lui confia la tâche de diriger l’assemblée annuelle des Indiens de la Nouvelle-Écosse et de l’île Royale ; il « fut chargé des présents des sauvages et des effets pour leur faire le festin ». Par la suite, Saint-Ovide déclarera : « l’on ne peut estre plus satisfait que je lay esté de l’exactitude, des peines et des soins que cest officier sest donné dans le cours de ce voyage ».

Thierry est surtout passé à l’histoire pour le rôle qu’il joua, à titre d’officier responsable de l’évacuation précipitée de la batterie Royale de Louisbourg, le soir du 11 mai 1745, peu après le débarquement à la baie de Gabarus des troupes de la Nouvelle-Angleterre sous les ordres de William Pepperrell. Dans une brève note adressée au commandant, Louis Du Pont* Duchambon, Thierry avait prétendu que la batterie était à peu près indéfendable contre une attaque venant du côté de terre, qu’il faudrait donc l’évacuer et la faire sauter. Lors d’un tumultueux conseil de guerre, tous les officiers, à l’exception de l’ingénieur Étienne Verrier, se dirent d’accord avec la recommandation de Thierry. On en arriva à un compromis : la batterie serait abandonnée mais non détruite, les canons seraient encloués. les vivres et les munitions transportés à Louisbourg. Lorsque les ordres leur furent transmis, les hommes de Thierry se mirent à l’œuvre sous le coup d’une panique incontrôlable ; ils enfoncèrent des tiges d’acier dans la lumière des canons, mais négligèrent de démolir les tourillons ou les affûts et, dans leur fuite désordonnée vers Louisbourg, laissèrent derrière eux la presque totalité des vivres et des munitions. Le 12 mai, un détachement s’y rendit pour reprendre les vivres et la poudre mais on oublia les obus et les boulets.

Dans l’intervalle, des détachements de la Nouvelle-Angleterre avaient commencé à se répandre sur les plateaux qui dominaient les murs de la forteresse sur trois côtés. De bonne heure le 13 mai, William Vaughan du New Hampshire s’aperçut que la batterie Royale avait été évacuée et se mit immédiatement en devoir, « avec la grâce de Dieu et le courage de quelque treize hommes », d’en prendre possession. Il fallut moins de 24 heures aux armuriers de la Nouvelle-Angleterre pour désenclouer les canons de la batterie et les pointer sur Louisbourg. L’« Habitant » anonyme note dans son Journal : « Dès le quatorze, les ennemis nous saluèrent avec nos propres Canons, dont ils firent un feu épouvantable. »

Thierry avait de la sorte fourni « un encouragement et un avantage puissants » à l’ennemi sans expérience. Les assiégés finirent par capituler le 28 juin et leur garnison fut évacuée en France. Fait amusant qui vaut peut-être d’être signalé, Thierry était de nouveau envoyé dès 1750, à titre de commandant d’un détachement, au lieu même où il avait fait ses premières expériences du métier des armes en 1745. Quatre ans plus tard, après plus de 35 ans de service, il fut créé chevalier de Saint-Louis. Il mourut à Louisbourg l’année suivante.

Bernard Pothier

AN, Col., B, 54, ff.503s. ; 65, ff.482v.–483 ; 78, f.410 ; 93, f.235 ; 98, f.178. 99, f.249 ; Col., C11B, 12, f.270v. ; 29, ff.39–44, 66–71v. ; Col., F3, 50 ; Marine, C7, 320 (dossier Thierry de Chassaing) ; Section Outre-Mer, G1, 406 (26 déc. 1734) ; 409 (7 sept., 20 oct. 1755, 5 févr. 1758).— Louisbourg in 1745 (Wrong), 3941.— The Pepperrell papers, Mass. Hist. Doc. Coll., 6e sér., X (1899).— Thomas Prentice, A sermon preached at Charlestown, on a general thanksgiving, July 18, 1745, for the reduction of Cape-Breton [...] (Boston, 1745).— Frégault, François Bigot, I.— McLennan, Louisbourg, 150152.— Parkman, Half-century of conflict, II.— Rawlyk, Yankees at Louisbourg, 8997.

Bibliographie générale

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Bernard Pothier, « CHASSIN DE THIERRY, FRANÇOIS-NICOLAS DE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/chassin_de_thierry_francois_nicolas_de_3F.html.

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Auteur de l'article:   Bernard Pothier
Titre de l'article:   CHASSIN DE THIERRY, FRANÇOIS-NICOLAS DE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1974
Année de la révision:   1974
Date de consultation:   23 août 2014