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CHRISTIE, ALEXANDER, agent principal et administrateur de la Hudson’s Bay Company, né en 1792 en Écosse, décédé le 9 décembre 1872 à Édimbourg, en Écosse.

Alexander Christie, vraisemblablement originaire de Glasgow, se joignit à la Hudson’s Bay Company en 1809 et on l’envoya à Moose Factory pour étudier les possibilités de créer un commerce de bois. Il regagna la Grande-Bretagne en 1810 mais revint à Moose Factory l’année suivante pour construire une scierie. En 1817, chargé des affaires de la compagnie dans l’Eastmain, il établit ses quartiers généraux à Rupert’s House. À cette époque, l’une de ses principales tâches était de surveiller les pêcheries de baleine faites pour le compte de la compagnie. Au moment de la fusion de la Hudson’s Bay Company et de la North West Company en 1821, il fut inscrit sur le Deed Poll comme agent principal. Christie fut en congé en 1824 et chargé de Moose Factory de 1826 à 1830, date de son transfert à York Factory. Trois ans plus tard, il fut chargé de la Rivière-Rouge et nommé gouverneur d’Assiniboia.

À la Rivière-Rouge le 10 février 1835, le mariage de Christie avec Anne Thomas, fille de Thomas Thomas* père, fut ratifié par l’Église d’Angleterre. Comme de nombreux employés de la compagnie, Christie s’était marié selon « la coutume du pays » car les pasteurs se rendaient rarement dans les régions retirées du territoire de la Hudson’s Bay Company. Les cérémonies du mariage religieux et les baptêmes des enfants avaient lieu quand un missionnaire venait dans la région ou quand le couple se rendait dans une colonie où l’on avait construit une église. Deux des fils de Christie, Alexander et William Joseph, et l’un de ses petits-fils, Alexander, entrèrent au service de la compagnie.

Tandis qu’il administrait la Rivière-Rouge, Alexander Christie surveillait la construction du Lower Fort Garry, qui avait été commencée vers 1831 à quelque 20 milles au nord de la ville actuelle de Winnipeg ; il commença également à construire Upper Fort Garry à l’endroit où un ancien poste du même nom avait été construit par la compagnie au confluent de la rivière Rouge et de la rivière Assiniboine. Entre 1839 et 1844, Christie prit un congé en Angleterre et travailla à Moose Factory.

Durant son second mandat de gouverneur d’Assiniboia (de 1844 à 1848, date de sa retraite), Christie fut obligé de prendre de sévères mesures contre les trafiquants de fourrures indépendants de la Rivière-Rouge qui contestaient à la Hudson’s Bay Company le monopole ! :,gal du commerce de la fourrure. Des commerçants à leur compte et de petits marchands, sous la direction d’Andrew McDermot* et de James Sinclair*, cherchèrent à établir des relations commerciales libres avec des colonies américaines du Sud. Les difficultés devinrent particulièrement graves après 1843 quand Norman Wolfred Kittson*, agent de Henry Hastings Sibley* de St Paul, créa un poste de traite américain à Pembina, au-delà de la frontière. Christie essaya de limiter ce commerce en menaçant de vérifier le courrier et de confisquer les marchandises importées par des négociants et des trafiquants qui faisaient du commerce illicite. Le 7 décembre 1844, il fit une proclamation déclarant que les bateaux de la compagnie n’accepteraient, dans aucun port, les marchandises adressées à quiconque n’aurait déposé au bureau de la compagnie à Upper Fort Garry (Winnipeg) une déclaration confirmant qu’il n’avait jamais, directement ou indirectement, fait le trafic des fourrures. Le 20 décembre, il ordonna que toutes les lettres fussent envoyées à Fort Garry pour vérification.

Cependant, Christie n’avait pas les moyens nécessaires pour faire respecter son autorité et ses efforts furent infructueux. Il était d’avis que seule une armée pouvait maintenir la loi et l’ordre dans la colonie. En 1846, en réponse à la demande que fit la compagnie au gouvernement impérial (et à cause de la possibilité d’une guerre avec les États-Unis au sujet de l’Oregon), un détachement d’environ 350 hommes du 6e régiment royal d’infanterie fut envoyé à la Rivière-Rouge, sous le commandement du colonel John Folliot Crofton*. Deux ans plus tard, ces troupes furent remplacées par 56 retraités de l’armée commandés par le major William Bletterman Caldwell*. Ce dernier groupe se révéla inefficace et la – traite illégale continua. En 1849, après le procès de Pierre-Guillaume Sayer accusé de traite illicite, la compagnie abandonna tout recours juridique en vue de protéger son monopole [V. Bellecourt].

Pendant sa carrière, Alexander Christie fut considéré comme l’un des agents principaux les plus influents de la compagnie. En reconnaissance des services rendus, la compagnie accorda à Christie une demi-part dans les bénéfices qu’elle réalisait, pour deux années de plus que la période normale.

Hartwell Bowsfield

Canadian North-West (Oliver).— Hargrave correspondence (Glazebrook).— HBRS, XXIV (Davies et Johnson).— [Mactavish], Letters of Letitia Hargrave (MacLeod).— J. S. Galbraith, The Hudson’s Bay Company as an imperial factor, 1821–1869 (Toronto, 1957).— J. P. Pritchett, The Red River Valley, 1811–1849, a regional study (New Haven, Conn., et Toronto, 1942).— The Christie family and the HBC, Beaver, III, no 11 (1923) : 417–419.

Bibliographie générale

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Hartwell Bowsfield, « CHRISTIE, ALEXANDER », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 20 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/christie_alexander_10F.html.

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Auteur de l'article:   Hartwell Bowsfield
Titre de l'article:   CHRISTIE, ALEXANDER
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1972
Année de la révision:   1972
Date de consultation:   20 septembre 2014