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COLBY, MOSES FRENCH, médecin et homme politique, né le 2 juillet 1795 à Thornton, New Hampshire, dernier des fils de Samuel Colby et de Ruth French ; il épousa, le 10 juillet 1826, Lemira Strong et deux fils et une fille nés de ce mariage atteignirent l’âge adulte ; décédé le 4 mai 1863 à Stanstead Plain, Bas-Canada.

Samuel Colby et sa famille s’installèrent à Derby, Vermont, en 1798 où ils comptèrent parmi les premiers colons de l’endroit. À 19 ans, Moses French commença l’étude de la médecine avec le médecin de Derby. Il partit en 1817 pour suivre des cours de médecine au Yale College de New Haven, Connecticut, et, en 1821, il obtint un diplôme au Dartmouth College de Hanover, New Hampshire. Il commença alors à exercer sa profession à Derby. Même si la frontière séparait Derby de Stanstead, Bas-Canada, les habitants des deux localités participaient aux mêmes activités et c’est ainsi que Colby fut nommé au conseil d’administration de la section locale nouvellement constituée de la Stanstead Masonic Golden Rule Lodge. En 1828, il entra à la School of Practical Anatomy de Harvard College. Il y fit la connaissance du docteur Augustus Addison Gould, président de la Massachusetts Medical Society, avec lequel il entretiendra une correspondance suivie de grand intérêt et dont une partie sera publiée. Il retourna à la pratique de la médecine à Derby, détenteur d’une maîtrise ès arts.

En 1832, après avoir subi un rigoureux examen devant le Bureau des examinateurs en médecine de Québec, le docteur Colby alla se fixer à Stanstead, qui venait de perdre deux de ses médecins. Sa compétence exceptionnelle et ses études incessantes ne tardèrent pas à le placer en tête de liste du monde médical tant dans les Cantons de l’Est que dans le nord de la Nouvelle-Angleterre. Il publia une brochure intitulée New views of the functions of the digestive tube, en 1860, et il apporta par ses articles une contribution marquée au Boston Medical and Surgical Journal et à d’autres revues. Il offrait également en vente des médicaments de sa composition ; dans les journaux des années 60 on pouvait lire la réclame suivante pour ses toniques et ses pilules contre la constipation : « Dr. M. F. Colby’s anticostive tonic and pills, a Canadian Remedy ».

Colby était également animé d’un sens civique développé. En janvier 1837, les familles d’allégeance conservatrice de Stanstead le convainquirent de se présenter pour succéder, à l’Assemblée, à John Grannis qui venait de résigner son siège comme un des deux représentants de Stanstead ; Marcus Child*, partisan du parti patriote, était l’autre représentant. Le Missiskoui Standard, journal conservateur fondé par James Moir Ferres en 1835, donna son appui à Colby qu’il jugeait un homme de principes. Colby partageait les opinions exprimées par les conservateurs de Stanstead, lesquels, tout en s’opposant partiellement à la politique du Conseil législatif, n’étaient pas en faveur d’un conseil élu ; celui-ci, selon eux, donnerait trop d’emprise aux Canadiens français. Colby ne croyait pas que la révolution fut la solution propre à améliorer la forme de gouvernement. Le docteur siégea à l’Assemblée du 13 janvier 1837 jusqu’au 27 mars 1838, date à laquelle le Conseil spécial remplaça celle-ci. Au cours de 1839, Colby fut l’objet d’une poursuite judiciaire de la part de Robert Nelson*, ancien patriote, prétendument pour une opération pratiquée en 1833 au Vermont. Il semble, toutefois, que Nelson ait cherché à exercer des représailles parce que Colby avait refusé de l’appuyer pendant la rébellion.

Lors des premières élections qui suivirent l’union des deux Canadas en 1841, Moses Colby et le réformiste Marcus Child se firent la lutte dans le comté de Stanstead. Colby se présenta comme « le tenant de l’exercice libre et sans entraves du droit de vote, favorable à un régime de gouvernement responsable qui mettrait le pays à l’abri de la fraude et des malversations des administrateurs » ; il approuvait l’imposition de taxes seulement si le peuple exprimait son consentement par la voix légitime de ses représentants. Néanmoins, Child remporta le siège.

En 1847, Colby fut nommé médecin du régiment de milice de Stanstead. On trouve dans le numéro du Stanstead Journal de septembre 1848, un indice de la diversité des activités de Colby : il y est fait mention de la belle tenue de son troupeau de race ayrshire à la foire agricole du comté de Stanstead qui eut lieu à Barnston. La santé de Colby fut chancelante pendant un certain nombre d’années avant que ne survienne sa mort en 1863 ; il s’était usé à la tâche, à une époque où les bons médecins étaient rares. Son zèle auprès de ses malades était sincère, et on le considérait comme un esprit chercheur et un homme énergique doublé d’un médecin compétent. Son fils aîné, Charles Carroll*, représenta Stanstead à la chambre des Communes depuis la Confédération jusqu’en 1891.

Marion L. Phelps

M. F. Colby, New views of the functions of the digestive tube by M. F. Colby, M.D., of Stanstead, C.E. (Rock Island, Québec, 1860).— APC, MG 30, D62, 8, pp.632–636.— Archives privées, C. C. Colby (Sabinel Island, Flo.), Papiers de la famille Colby.— BCHS Arch., W. F. Beattie, The times of Marcus Child (manuscrit).— Missiskoui Standard (Frelighsburg, Québec), janvier 1837.— Stanstead Journal (Rock Island, Québec), 28 déc. 1854, 12 avril, 22 nov. 1860, 8 janv. 1863.— Vindicator and Canadian Advertiser (Montréal), 7 janv. 1837.— Cyclopædia of Canadian biog. (Rose, 1886), 564.— B. F. Hubbard, Forests and clearings ; the history of Stanstead County, province of Quebec, with sketches of more than five hundred families, John Lawrence, édit. (2e éd., Montréal, 1963), 151–153.— Stanstead County Historical Society centennial journal (2 vol., s.l., 1965–1967), II.

Bibliographie générale

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Marion L. Phelps, « COLBY, MOSES FRENCH », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 29 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/colby_moses_french_9F.html.

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Auteur de l'article:   Marion L. Phelps
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1977
Année de la révision:   1977
Date de consultation:   29 juillet 2014