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COLCLEUGH, JAMES, pharmacien, entrepreneur et homme politique, né le 12 mai 1841 dans le canton de West Flamborough, Haut-Canada, fils de George Colcleugh et de Flora McInnis ; le 14 décembre 1866, il épousa à Montréal Flora Bruce Craib, et ils eurent cinq fils, dont quatre vécurent au delà de la petite enfance, et une fille ; décédé le 22 août 1918 à Vancouver.

Après des études à la grammar school de Dundas, dans le Haut-Canada, James Colcleugh devint apprenti chez un pharmacien, James French Chisholm ; la mort de ce dernier, en 1861, l’empêcha de terminer son apprentissage. Colcleugh partit alors pour Buffalo, dans l’État de New York, où il travailla comme aide-pharmacien jusqu’en 1865, après quoi il rentra dans le Haut-Canada et ouvrit sa propre pharmacie à Mount Forest. En 1866, pour combattre les féniens, il s’enrôla dans la Mount Forest Volunteer Company du 30th (Wellington) Battalion of Rifles. Promu lieutenant quelques années après, il conserva ce grade jusqu’à la fin de sa vie.

Colcleugh semble avoir toujours été à l’affût d’occasions de mettre à profit son esprit d’entreprise. En 1875, il vendit sa pharmacie à son frère William et partit pour l’Ouest afin de travailler pour John Wright Sifton à la construction du chemin de fer canadien du Pacifique et, plus précisément, des lignes télégraphiques de ce chemin de fer. Il s’établit à Selkirk, au Manitoba, et devint bientôt surintendant de la ligne télégraphique Selkirk–Edmonton. C’est lui qui, en 1875, envoya le premier message de Selkirk sur le réseau. Après avoir travaillé deux ans pour le chemin de fer canadien du Pacifique avec son frère George et son cousin Frederick William Colcleugh, il ouvrit un magasin général avec pharmacie.

Par ailleurs, Colcleugh acheta un remorqueur, le Lady Ellen, et l’exploita durant quelques années. Ce bateau faisait la navette entre des points du lac Winnipeg et de la rivière Rouge, dont Selkirk et Winnipeg ; il transportait surtout du bois de corde, ce qui était lucratif, et à l’occasion des passagers. La navigation était d’autant plus difficile que, à l’époque, il n’y avait pas d’écluses sur les rapides à St Andrews.

Le secteur d’activité auquel Colcleugh consacrait le plus de temps était probablement l’immobilier, la spéculation foncière surtout. En avril 1882, il croyait encore que le chemin de fer canadien du Pacifque traverserait la rivière Rouge à Selkirk, qu’il s’ensuivrait une grande prospérité et que lui-même deviendrait très riche, à cause des terres qu’il possédait. Auparavant, il avait entretenu de moins grands espoirs, surtout parce que son enthousiasme excessif pour les transactions foncières avait failli le mener à la faillite en 1880. Grâce à un boom de courte durée en 1882, il remboursa totalement ses créanciers.

Comme une partie de ses espoirs de faire fortune reposait sur l’arrivée du chemin de fer canadien du Pacifique, Colcleugh participa de diverses manières à la construction ferroviaire. Dès qu’il comprit que la ligne principale ne passerait probablement pas par Selkirk, il essaya d’obtenir une ligne secondaire entre Selkirk et Portage-la-Prairie, mais le gouvernement fédéral refusa. Colcleugh tenait à ce que Selkirk obtienne ce à quoi, selon lui, cette localité avait droit. Aux élections fédérales de juin 1882, il travailla donc d’arrache-pied pour Arthur Wellington Ross*, le candidat libéral qui tentait de déloger l’impopulaire John Christian Schultz* du siège de Lisgar. Craignant une défaite de Ross, il concocta un plan en vue de faire kidnapper plusieurs scrutateurs avec leurs boîtes de scrutin. « [J’étais] prêt à toute urgence, a-t-il dit, mais Dieu merci, on n’en a pas eu besoin, [car Ross] a été élu loyalement. »

Plus tard en 1882, il devint évident que le chemin de fer ne traverserait pas la rivière Rouge à Selkirk. Avec plusieurs associés, Colcleugh forma donc une compagnie en vue de construire le premier embranchement de Selkirk à Winnipeg. La même année, Selkirk fut érigé en municipalité. Colcleugh, premier maire de Selkirk, resta au pouvoir quatre ans. Des querelles avec son cousin Frederick William Colcleugh, qui s’était aussi présenté à la mairie, assombrirent ses mandats. Tant que Colcleugh occupa la mairie, son cousin, conseiller municipal, refusa d’assister aux réunions du conseil. Malheureusement aussi, le boom qui avait commencé à Selkirk en 1882 prit fin dès février 1883. Deux ans plus tard, Colcleugh se départit de sa pharmacie et devint économe de l’asile de Selkirk, construit aux abords de la ville en 1884.

En 1890, Colcleugh s’installa à Winnipeg, où il fit de l’immobilier avec Ross. Dès 1892, il tenait une nouvelle pharmacie. Cette entreprise, la James Colcleugh and Company, prospéra : elle ouvrit huit succursales avant que Colcleugh ne vende ses intérêts à son fils et associé, Murray, en 1912. Il avait pris l’habitude de passer beaucoup de temps dans l’ouest des États-Unis avec des membres de sa famille. Même en voyage, il cherchait toujours des occasions d’investissement. Par exemple, en s’arrêtant à Great Falls, dans le Montana, il envisagea d’investir dans des terres.

Après avoir pris sa retraite en 1912, et malgré des problèmes de santé, Colcleugh s’adonna à sa passion pour les voyages : il fit une longue excursion en canot jusqu’à Norway House, au Manitoba, se rendit en Europe, notamment en Écosse, et passa près de deux ans dans le district de la rivière de la Paix, au nord de l’Alberta. En 1917, son domicile se trouvait à Portland, dans l’Oregon. Il mourut au cours d’une visite à Vancouver.

James Colcleugh entrevoyait l’avenir du Manitoba et de l’Ouest avec un grand enthousiasme. Toujours en quête de nouvelles occasions d’affaires, il contribua au développement de la région.

David R. Dyck

Une autobiographie manuscrite de James Colcleugh, probablement écrite en 1917, sa correspondance personnelle et d’affaires, son journal personnel et d’autres documents qui ont servi à la préparation de la biographie sont conservés aux PAM, MG 14, B57.

Bibliographie générale

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David R. Dyck, « COLCLEUGH, JAMES », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/colcleugh_james_14F.html.

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Auteur de l'article:   David R. Dyck
Titre de l'article:   COLCLEUGH, JAMES
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1998
Année de la révision:   1998
Date de consultation:   22 décembre 2014