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CORNISH, GEORGE, ministre congrégationaliste, éducateur et bibliothécaire, né vers 1828 à Wotton-under-Edge, Angleterre ; le 10 août 1858, il épousa à Montréal Martha Harvey, et ils eurent un fils ; décédé le 17 août 1895 au même endroit.

Après ses études au Highbury College et à la University of London, George Cornish fut ordonné ministre de l’Église congrégationaliste le 30 avril 1855 et envoyé en Nouvelle-Écosse, à la fois comme assistant de Frederick Tomkins, au Gorham College de Liverpool, et comme pasteur de la petite congrégation de Milton. L’année suivante, le feu détruisit le collège ; on muta alors Cornish à Halifax où, durant une session, il enseigna les humanités au Dalhousie College.

Au cours de l’été de 1857, Cornish accepta la chaire de littérature classique que lui offrait le McGill College. Ainsi commençait sa longue association avec cet établissement et ceux qui lui étaient affiliés. Au même moment, il devint membre de la Congregational Union of Canada, dont il allait être président en 1871, après avoir fait partie de divers comités ; il fut également président de la Canada Congregational Missionary Society de 1883 à 1893. Cependant, ses plus grands services à l’Église, c’est en qualité de professeur et de secrétaire du Congregational College of British North America qu’il les rendit. À ce titre, il contribua beaucoup à donner un second souffle au travail éducationnel de l’Église, qui commença par la relocalisation du collège à Montréal et son affiliation à McGill en 1864. Tout en poursuivant sa carrière dans l’enseignement, Cornish fut secrétaire correspondant de la Montreal Auxiliary Bible Society, membre du conseil de l’Instruction publique de la province de Québec et du comité de direction de la McGill Normal School.

Lorsque Cornish était entré à McGill en 1857, ce haut lieu du savoir était au bord de la faillite. Il arriva dans le sillage de John William Dawson, qui semble avoir pourvu à ses besoins durant toute sa carrière. Affligé d’une santé précaire, Cornish dut souvent annuler ses cours et prendre des congés réparateurs pendant les grandes vacances. Selon ses collègues, qui le tenaient pour consciencieux sans être brillant, il ne semblait s’intéresser qu’au grec et à son petit refuge tranquille de la bibliothèque. Comme professeur, il était assez quelconque, et l’on trouve son nom principalement associé à des tentatives d’obtenir des augmentations de salaire.

En 1873, Cornish et trois autres professeurs eurent la témérité de laisser entendre au conseil d’administration que leur revenu était insuffisant. En réprimandant poliment les administrateurs de leur parcimonie, ils firent valoir que les salaires fixes qu’ils touchaient avaient perdu 50 % du pouvoir d’achat qu’ils représentaient et que la part des droits d’examen qu’on leur avait promise se faisait attendre. Conscients de la gravité de l’état des finances du collège et offusqués du ton sur lequel les professeurs s’étaient adressés à eux, les membres du conseil menacèrent de congédier sur-le-champ quiconque leur tiendrait de nouveau ce langage. Mais Cornish osa quand même exiger une seconde somme d’argent cette année-là. Comme McGill ne disposait pas de résidence d’étudiants, c’était lui et son épouse qui accueillaient les étudiants en pension chez eux depuis 1860. En 1873, il en avait assez de cette tâche, et seules les pressions de Dawson et la promesse qu’on lui avait faite de doter sa maison d’un nouveau cabinet d’aisances l’incitaient à continuer. L’année suivante, on eut la bonté de lui remettre la somme de 400 $ en contrepartie des dépenses qu’il avait engagées durant 14 ans.

En 1873, on avait nommé Cornish au comité de la faculté des arts chargé de surveiller le fonctionnement de la bibliothèque. Il était urgent de réviser et de mettre à jour le catalogue des auteurs, ce que Cornish entreprit avec le professeur de philosophie morale John Clark Murray. Publié trois ans plus tard, le Catalogue of authors était le premier recueil imprimé de la collection de McGill. Les deux hommes reçurent chacun 100 $ pour leur travail. En 1883, Cornish devint bibliothécaire honoraire. Sa charge de travail n’était pas lourde – il n’avait qu’à rendre visite chaque semaine à son adjoint et à assurer le secrétariat du comité de la bibliothèque –, mais il demanda quand même des honoraires. On lui accorda 100 $ par an. Il occupa ce poste jusqu’à l’ouverture de la Redpath Library et l’engagement d’un bibliothécaire permanent en 1892.

Cornish avait tout de suite été nommé secrétaire du Congregational College of British North America au moment de son affiliation à McGill en 1864 et le succès que le collège connut par la suite est largement attribuable à son talent et à sa fidélité. Dans le cadre de ses fonctions, il devait notamment s’occuper de faire connaître le collège au Canada et en Angleterre et d’y recueillir des fonds. En 1864, il avait aussi accepté, sans rémunération, la chaire d’exégèse grecque, qu’il occupa jusqu’à ce que la maladie l’oblige à démissionner 12 ans plus tard. En 1883, parce que le collège manquait de personnel et se trouvait dans une situation financière difficile, il retourna à l’enseignement pour un salaire nominal.

Dès les années 1890, l’âge et la maladie forcèrent Cornish à réduire ses activités. En 1891, il cessa d’enseigner au Congregational College pour accepter le poste moins exigeant de président du conseil. Il continua cependant d’enseigner à McGill, jusqu’à ce que l’aggravation de son état l’oblige à démissionner au printemps de 1895. Le conseil d’administration le nomma professeur émérite, mais entreprit ensuite de réduire le statut de ces membres du corps enseignant en abolissant la plupart de leurs privilèges.

L’ironie la plus cruelle dont George Cornish fut victime est peut-être que, après avoir été tourmenté toute sa vie par les problèmes de santé et d’argent, la rente annuelle de 1 200 $ que lui avait votée McGill lui fut versée pour la première fois en septembre 1895 ; or, Cornish était mort depuis le 17 août.

Peter D. James

George Cornish est l’auteur de : « Sermon », Canadian Independent (Toronto), 11 (1864) : 32–39 ; et « Retiring address to the ministers and delegates of the Congregational Union of Ontario and Quebec », 19 (1872) : 10–18. Il a compilé avec John Clark Murray, Library of McGill College, catalogue of authors (Montréal, 1876).

ANQ-M, CE1-91, 10 août 1858, 19 août 1895 ; CE1-95, 10 août 1858, 19 août 1895.— McGill Univ. Arch., RG 2, c.3, c.5, c.10, c.15 ; RG 4, c.3–c.6 ; RG 32, c.705–c.707.— Canadian Independent, 26 (1879).— Colonial Missionary Soc. in connection with the Congregational Union of England and Wales, Report (Londres), 1855–1863.— « Congregational College of British North America », Canadian Independent, nouv. sér., 2 (1883) : 229–232.— Congregationalist and Canadian Independent (Toronto), 2 (1895).— « In memoriam : the Rev. George Cornish, M.A., LL.D. », Montreal Auxiliary Bible Soc., Annual report, 75 (1895) : 8.— Gazette (Montréal), 19, 21 août 1895.— Congregational Church, Yearbook (Toronto), 1860–1865 ; 1868 ; 1870 ; 1873–1877 ; 1882–1883 ; 1890–1896.— Encyclopedia of library and information science, Allen Kent et Harold Lancour, édit. (42 vol., New York, 1968–1987), 17 : 311–320.— Frost, McGill Univ., 1.— F. H. Marling, Congregational College of British North America : the story of the fifty years 1839 to 1889 [...] (Montréal, 1889).— John Wood, Memoir of Henry Wilkes, D.D., LL.D., his life and times (Montréal et Londres, 1887).

Bibliographie générale

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Peter D. James, « CORNISH, GEORGE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 28 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/cornish_george_12F.html.

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Auteur de l'article:   Peter D. James
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1990
Année de la révision:   1990
Date de consultation:   28 juillet 2014