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COVERDALE, WILLIAM, charpentier et architecte, né en 1801 en Angleterre, fils de Christopher Coverdale ; il épousa Catherine Delmage qui lui donna cinq enfants ; décédé le 28 septembre 1865 à Kingston, Haut-Canada.

On sait peu de chose de la vie de William Coverdale avant son arrivée à Kingston en 1832 ou 1833. Si l’on s’en remet à la tradition familiale, son père était né à l’ombre de la cathédrale d’York et avait émigré au Bas-Canada avec sa famille vers 1810. Les deux premiers enfants de Catherine et de William Coverdale naquirent à l’île aux Noix, dans le Bas-Canada. À Kingston, c’est au registre paroissial de l’église St George que le nom de Coverdale apparaît pour la première fois : on y signale la naissance d’un fils, le 23 septembre 1833.

Dans les années 30, un grand nombre de personnes furent attirées à Kingston par l’industrie du bâtiment. En 1832, on commença la reconstruction du fort Henry et on accorda des contrats pour la construction du Général Hospital ; l’année suivante, on entreprenait l’édification de la prison provinciale en utilisant des journaliers. Un maître charpentier comme Coverdale était assuré de trouver du travail dans cette ville. Il devint « entrepreneur de bâtiments » à la prison, quand John Mills, qu’on avait fait venir d’Auburn, New York, fut congédié en juin 1834. Embauché à un salaire de 20 p. cent inférieur à celui de son prédécesseur, Coverdale occupa cette fonction durant 14 ans, période au cours de laquelle on érigea, à l’aide d’une main-d’œuvre composée surtout de prisonniers, le corps de logis et le poste de garde. En 1848, Henry Smith, le fils du directeur de la prison, fit voter par le parlement un projet de loi visant à réduire le salaire de l’architecte et à augmenter celui du directeur. Coverdale démissionna et, en raison des difficultés que ce dernier n’avait cessé de lui faire, refusa de reprendre son poste lorsque le salaire fut rétabli ; il fut remplacé par Edward Horsey.

En 1859, Coverdale fut également l’architecte – c’est ainsi qu’il se désignait depuis 1842 – de l’asile d’aliénés de Kingston et il travailla à ce projet jusqu’à sa mort. L’immeuble dont il traça les plans fut construit principalement par des prisonniers et exigea plus de huit années de labeur ; la partie centrale et l’aile est furent inaugurées en mars 1865.

La prison et l’asile, qui sont toujours debout, constituent respectivement le premier et le dernier des ouvrages effectués par Coverdale à Kingston. Entre les périodes consacrées à l’édification de ces deux lourds et sinistres bâtiments, il dessina et érigea toutes sortes de constructions. Il fit les plans de diverses habitations, depuis les simples maisons d’ouvriers jusqu’aux vastes résidences de campagne. Même si son livre de comptes fait état de commandes exécutées dans un territoire allant de Prescott à Port Hope et jusqu’à Perth, c’est à Kingston qu’il réalisa la plupart de ses travaux.

En 1844, Coverdale remplaça George Browne* comme surintendant de la construction du magnifique hôtel de ville de Kingston. Lorsque l’aile arrière fut détruite par le feu en 1865, il dessina les plans nécessaires à la reconstruction ; ce travail fut achevé après sa mort par son fils William Miles. Parmi les édifices de Kingston dont il a fait les plans, la brasserie, la tannerie et la boulangerie ont disparu, mais les églises existent toujours : les églises anglicanes St Paul, St James et St John ainsi que l’église Sydenham Street, dont la construction fut entreprise en 1851 pour l’Église méthodiste wesleyenne, à laquelle Coverdale appartenait.

Quelques-uns seulement des plans dessinés par Coverdale ont été retrouvés, et certains se rapprochent beaucoup de ceux qui figurent dans les manuels de construction des années 20 et 30 qu’il avait dans sa bibliothèque. Quoique ses constructions soient de styles divers, on y remarque souvent une forte influence de la Régence. Plusieurs des plus célèbres maisons de Kingston, notamment les maisons Roselawn et Mowat, sont l’œuvre de Coverdale, et il se peut que les plans d’autres résidences spacieuses, construites dans cette ville à la fin des années 30 et dont on ne connaît pas les architectes, aient également été dessinés par lui.

Margaret S. Angus

Anglican Church of Canada, Diocese of Ontario, Synod Archives (Kingston, Ont.), St George’s parish register, sept., oct. 1833.— APC, RG 11, sér. 1, 38–41.— QUA, Kingston Town Council, proceedings, 1844–1845 ; Kingston City Council, proceedings, 1846–1866 ; Portsmouth Village Council minutes, 1865 ; Queen’s records, D6, 17 nov. 1848.— H.-C., House of Assembly, Journal, 1835, app.20.— Chronicle & Gazette (Kingston), 22 mars 1844.— Daily British Whig (Kingston), 5 avril 1869.— Daily News (Kingston), 14 janv. 1852, 8 sept. 1862, 29 sept. 1865.

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Margaret S. Angus, « COVERDALE, WILLIAM », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 31 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/coverdale_william_9F.html.

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Auteur de l'article:   Margaret S. Angus
Titre de l'article:   COVERDALE, WILLIAM
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1977
Année de la révision:   1977
Date de consultation:   31 août 2014