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COX, ESTHER (Porter ; Shanahan), née le 28 mars 1860 à Upper Stewiacke, Nouvelle-Écosse, dernière des enfants (six au moins) d’Archibald Cox et d’une prénommée Esther T., fermiers ; le 3 mars 1882, elle épousa à Springhill, Nouvelle-Écosse, Adam Porter, et ils eurent un fils, puis le 23 juillet 1896, à Amherst, Nouvelle-Écosse, Peter Shanahan ; décédée le 8 novembre 1912 à Brockton, Massachusetts.

Esther Cox fut touchée par un phénomène étrange à compter de la fin d’août 1878, après avoir été assaillie par son prétendant, Bob MacNeil. Ce phénomène, décrit comme les manifestations d’un esprit frappeur, dura plus d’un an. Pendant une bonne partie de cette période, elle vécut à Amherst chez sa sœur aînée, Olive, et son beau-frère, Daniel Teed. C’est pourquoi on appelait son cas le « grand mystère d’Amherst ».

L’esprit frappeur faisait sentir sa présence de différentes façons. Au début, il remuait des draps, des couvertures ou d’autres objets et faisait entendre des cognements bruyants. Puis, dès octobre 1878, il se montra plus menaçant : il renversait des meubles, et Esther Cox se plaignait d’être poursuivie par des objets, surtout lorsqu’elle se trouvait dans la cave. L’esprit communiquait avec les observateurs : il répondait à leurs questions en frappant des coups et, à l’occasion, en écrivant sur les murs. Certains messages écrits étaient trop blasphématoires pour être reproduits dans les journaux, mais la presse diffusa largement le sensationnel « Esther Cox, tu es à moi et je te tuerai ». Après que l’esprit eut menacé de mettre le feu à la maison des Teed, des allumettes embrasées tombèrent du plafond, dit-on, et deux incendies inexpliqués survinrent. Dès le début, Esther Cox présenta des symptômes physiques : par exemple, elle avait des enflures et ses membres bougeaient sans qu’elle puisse les maîtriser.

En juin 1879, Esther Cox partit en tournée avec le comédien et écrivain Walter Hubbell et un homme d’affaires des environs, John White. Cependant, ils rentrèrent chez eux après avoir eu seulement deux engagements au Nouveau-Brunswick, car des spectateurs mécontents leur avaient fait peur.

Les phénomènes en question cessèrent en novembre 1879. À ce moment-là, Esther Cox fut condamnée à quatre mois de prison pour avoir mis le feu à une grange appartenant à la famille chez qui elle logeait. On rapporte qu’elle fut libérée au bout d’un mois à cause des pressions de l’opinion. Par la suite, les journaux ne signalent plus aucune anomalie. Certains racontent que c’est parce qu’un chaman micmac l’avait guérie. En 1882, elle était mariée et vivait à Springhill. Il semble qu’aucun esprit ne la tourmenta pendant ses années de mariage. Elle finit ses jours tranquillement à Brockton, au Massachusetts, où à peu près personne n’était au courant de sa célébrité passée.

Nombreux sont ceux qui ont tenté de comprendre la signification des expériences d’Esther Cox. Parmi les multiples articles de journal qui furent consacrés à cette affaire, on trouve des débats entre les tenants d’explications surnaturelles (elle-même et sa famille se rangeaient dans ce camp) et ceux qui étaient convaincus que c’était un coup monté. Des gens instruits et des scientifiques, dans l’espoir de contrer ce qu’ils considéraient comme de la superstition, disaient qu’Esther Cox avait le pouvoir d’hypnotiser des gens et de les persuader qu’ils étaient témoins de certaines choses ou reliaient son cas aux théories qui commençaient à avoir cours sur l’électricité et le magnétisme. D’après les études récentes qui voient dans l’hystérie une forme de résistance pratiquée par les femmes de l’époque victorienne, il se peut que ces phénomènes aient exprimé l’impuissance ressentie par Esther Cox dans sa double situation de victime d’agression et de domestique chez sa sœur. Cependant, comme la voix de ceux qui se prétendaient habilités à élucider le mystère étouffait souvent la sienne, il est impossible de tirer des conclusions de sa version de l’histoire.

Diane Tye

On trouve des articles sur les expériences vécues par Esther Cox dans les numéros de l’Acadian Recorder (Halifax), du Morning Chronicle (Halifax), et du Presbyterian Witness (Halifax), ainsi que du Chignecto Post (Sackville, N.-B.), et du Daily Times (Moncton, N.-B.) parus entre août 1878 et novembre 1879.

AN, RG 31, C1, 1871, 1881, Colchester County, N.-É. ; 1881, 1891, Cumberland County, N.-É.— PANS, RG 32, WB, Cumberland County, nos 34/1882, 116/1896.— Walter Hubbell, The great Amherst mystery : a true narrative of the supernatural (Amherst, N.-É., [1888 ?] ; réimpr., 1982 ; on trouve aux PANS un exemplaire de l’ouvrage réimprimé) ; The haunted house : a true ghost story ; being an account of the mysterious manifestations that have taken place in the presence of Esther Cox, the young girl who is possessed of devils, and has become known throughout the entire dominion as the great Amherst mystery (Saint-Jean, N.-B., 1879).— David St Clair, Mine to kill (Toronto, 1986).

Bibliographie générale

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Diane Tye, « COX, ESTHER », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 30 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/cox_esther_14F.html.

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Auteur de l'article:   Diane Tye
Titre de l'article:   COX, ESTHER
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1998
Année de la révision:   1998
Date de consultation:   30 août 2014