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CUMMING (Cummings), CUTHBERT, chef de poste de la Hudson’s Bay Company, né dans le Banffshire, Écosse, en 1787, décédé le 5 avril 1870, à Colborne, Ontario.

Cuthbert Cumming devint commis de la North West Company au fort Dauphin en 1804 et demeura dans le district de la rivière Swan jusqu’en 1828, à l’exception d’une année où il prit congé et d’une autre passée à la Rivière-Rouge. Au cours de ces années, il épousa une Indienne qui lui donna sept enfants ; son souci pour eux apparaît constamment dans ses papiers, et son testament contient des dispositions en leur faveur. C’est aussi pendant cette période qu’il noua des amitiés durables avec d’autres trafiquants de fourrures comme James Hargrave, John George McTavish* et John Siveright* ; ce dernier le qualifia d’homme « ouvert, aimable et équilibré ». La réorganisation de la traite des fourrures en 1821 par la fusion de la North West Company et de la Hudson’s Bay Company n’eut pas d’effet immédiat sur l’existence de Cumming. Il resta commis au service de la Hudson’s Bay Company durant plusieurs années, puis accéda aux fonctions de chef de poste en 1827 ; le gouverneur George Simpson* le décrivit comme quelqu’un de « très apte à monter en grade ».

En 1828, Cumming fut transféré au département de Montréal, où il était un parfait inconnu. Sa situation financière commença de s’améliorer, mais le travail qu’on lui demanda de faire le laissa de plus en plus insatisfait. Il eut d’abord à s’occuper, aux Chats (lac des Chats), des bûcherons de l’Outaouais, qui s’opposaient au commerce des fourrures ; d’autre part, de nombreux bûcherons et entrepreneurs opérant le long de la rivière Outaouais étaient aussi des trafiquants de fourrures. Il eut également à faire face à une concurrence féroce dans la région du Saint-Maurice, où il remplaça Robert McVicar en 1830. En 1832, il alla en congé en Grande-Bretagne et, à son retour, reçut une nomination dans l’Ouest, comme il l’espérait. Mais, à la suite d’un changement de dernière minute, il fut envoyé, en 1833, à Mingan, Bas-Canada, sur la rive nord du golfe du Saint-Laurent, où pendant plusieurs hivers il se trouva complètement coupé du reste du monde, ayant peu de travail à faire, peu de lectures pour se distraire et peu de gens à fréquenter.

Au printemps de 1841, Cumming finit par être nommé au fort Pic, sur la rive nord du lac Supérieur. Il y épousa en 1842 Jane McMurray, fille de Thomas McMurray*, qu’il avait remplacé à ce poste. C’est peut-être la différence d’âge de 26 ans entre son épouse et lui qui provoqua cette réflexion d’un ami : « Chacun est le meilleur juge de sa situation et du parti qu’il en peut tirer. » Ils eurent trois fils. En 1843, Cumming quitta à regret le fort Pic, qu’il décrivit comme « un coin agréable », même s’il ne s’agissait pas d’un poste prospère, et retourna dans le district de la rivière Swan. Les bâtiments du fort Pelly avaient été détruits par un incendie en 1843, et la première tâche de Cumming était de les reconstruire. Qui pis est, il acquit la conviction que maintenir le fort Pelly en activité et continuer à utiliser la route de la rivière Swan étaient des erreurs dans la politique de la compagnie. Dans son journal, il exprime son mécontentement devant les restrictions touchant la traite des fourrures et son inquiétude devant la diminution du nombre des bisons, qui réduisait les Indiens à la famine. Il assistait à la fin d’une époque. C’est plein de nostalgie qu’il écrivit à Hargrave, en lui faisant part de son intention ferme de quitter son emploi : « Je vais jusqu’à l’été qui vient [1844] et [je jette] mes chaînes aux chiens. Il faut que je sois un homme libre. »

C’est ce qu’il fut pendant plus d’un quart de siècle. À Colborne, comté de Northumberland, il était désigné comme « Cuthbert Cummings, gentilhomme ». La description la plus précise que nous ayons de lui au cours de ces années vient d’un de ses amis, George Barnston*, qui écrivait à Hargrave en 1846 : « [Nous] avons trouvé Cummings, « le noble bourguignon » dans toute son ampleur et sa majesté, assis sur le banc du vestibule, parfaite image du bien-être et de la félicité. Dès notre entrée, avec une grande agilité, il se planta devant John George [McTavish], dans l’attitude du boxeur, l’air jaloux devant l’embonpoint de son rival. Vous auriez ri devant le spectacle gracieux de ces deux oiseaux au plumage si semblable échangeant des coups amicaux. » Cumming vécut jusqu’à l’âge de 83 ans.

Elizabeth Arthur

Archives privées, J. F. Klaus (Pelly, Sask.), Fort Pelly journal, 1843–1844.— HBC Arch., A.34/2, 1832 ; A.36/5, Wills of Cuthbert Cumming, 30 juill. 1828, février 1844 ; B.159/a, 1817–1819, 1824–1826.— Canadian North-West (Oliver), I : 657, 673, 690.— Documents relating to NWC (Wallace).— Hargrave correspondence (Glazebrook).— HBRS, III (Fleming).— Mactavish, Letters of Letitia Hargrave (MacLeod).— The county of Northumberland directory, for 1870–71, J. C. Conner, compil. (Toronto, 1869), 61.— J. F. Klaus, Fort Pelly : an historical sketch, Saskatchewan History (Saskatoon), XIV (1961) : 81–97.

Bibliographie générale

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Elizabeth Arthur, « CUMMING, CUTHBERT », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 31 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/cumming_cuthbert_9F.html.

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Auteur de l'article:   Elizabeth Arthur
Titre de l'article:   CUMMING, CUTHBERT
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1977
Année de la révision:   1977
Date de consultation:   31 juillet 2014