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DAGNEAU DOUVILLE DE QUINDRE, LOUIS-CÉSAIRE, commerçant, colonel de milice, baptisé le 8 octobre 1704 à Sorel (Québec), fits de Michel Dagneau Douville et de Marie Lamy ; il épousa Françoise-Marie-Anne Picoté de Belestre, à Montréal, le 4 décembre 1736 ; inhumé à Détroit le 2 février 1767.

Dès 1727, Louis-Césaire Dagneau Douville de Quindre faisait du commerce chez les Miamis. À la fin des années 30, on le retrouve expédiant des canots à Michillimakinac et, en association avec Claude Marin de La Perrière, il prend à bail de Pierre Gaultier de Varennes et de La Vérendrye le poste lucratif de Michipicoton (près de Michipicoten Harbour, Ont.). Entre 1740 et 1742, il amena sa femme et ses enfants de Montréal au fort Saint-Joseph (probablement à Niles, Mich.) où, avec son associé, Marin, il se livra au commerce avec les Miamis et les Potéouatamis sur une vaste échelle.

Les deux associés transportèrent leurs opérations à Michillimakinac en 1747 et devinrent les principaux fournisseurs de la garnison de ce poste stratégique. Ce fut une année inquiétante pour les postes français car presque toutes les bandes indiennes de l’Ouest les menaçaient et complotaient leur extermination, et de Quindre crut plus sage de renvoyer sa femme à Montréal. À Détroit sévissait une révolte ouverte dirigée par Orontony, mais à Michillimakinac, l’action prompte et énergique du commandant, Jacques Legardeur de Saint-Pierre, sut maintenir la paix avec les Sauteux et les Outaouais du voisinage.

C’est vraisemblablement au début de l’été de 1749 que de Quindre alla se fixer à Detroit, où le poste avait été renforcé et où on encourageait les gens à s’établir. Selon madame Bégon [Rocbert], la famille de Quindre éprouvait alors des difficultés financières et madame de Quindre, privée de toute ressource, fut obligée de quitter Montréal pour aller retrouver son mari. Celui-ci commença alors à se livrer au commerce et devint un des plus importants pourvoyeurs de la garnison de Detroit. Au cours des quelques années qui suivirent, il fournit à la garnison un grand nombre de canots, des vêtements en abondance et d’énormes quantités de céréales. Les rapports qu’il établit avec le commandant, Pierre-Joseph Céloron de Blainville, amenèrent vraisemblablement ce dernier à s’arranger, en 1752, pour que l’île aux Cochons (Belle Isle), sur la rivière Détroit, fût concédée à de Quindre. Des habitants de Détroit élevèrent des protestations qui ne furent pas vaines ; ils soutinrent que l’île avait toujours été un pâturage commun. En 1753, le commandant fut en mesure de récompenser de Quindre en lui accordant la plus grande de 12 concessions de terres situées du côté ouest de la ville.

Céloron ne fut sans doute pas étranger à la nomination de de Quindre à la charge de colonel de la milice à Detroit, charge qui jouissait d’un grand prestige local. La milice qui, en 1755, comptait 220 hommes avait pour rôle d’aider en temps de crise les rares troupes de la Marine en garnison. En 1759, un détachement sous les ordres de Dagneau de Quindre apporta son concours à François-Marie Le Marchand de Lignery qui tenta, mais sans succès, de secourir le fort Niagara (près de Youngstown, N.Y.) assiégé par sir William Johnson* à la tête d’Anglais et d’Indiens. De Quindre et son frère, le major Guillaume Dagneau Douville de Lamothe appartenant à la milice de Detroit, furent faits prisonniers. Lorsque Johnson se rendra à Detroit en 1761, les deux anciens prisonniers seront au nombre des invités qu’il recevra à sa table.

À la fin des hostilités, de Quindre se plia à la domination anglaise et ne prêta pas main-forte aux Indiens au cours du soulèvement de Pondiac en 1763. On dit qu’il aurait aidé la cause anglaise mais les preuves en sont minces. À sa mort, en 1767, il était l’un des plus riches habitants de l’endroit ; sa succession était estimée à 5 000#. Même si on a tendance à considérer que Détroit était à l’époque un établissement de colonisation rudimentaire, l’inventaire des biens de de Quindre laisse supposer qu’il vivait très à l’aise. Plusieurs enfants lui survécurent ; l’un d’eux, Guillaume-François Dagneau de Quindre de La Picanier, devint, dit-on, officier dans l’armée anglaise.

Donald Chaput

AN, Col., C11A, 117, f.3 ; 118, f.142 ; 119, ff.236, 304v.— ANQ, NF, Registres d’intendance, X.— DPL, Burton hist. coll., Christian Denissen, Genealogy of French families of Detroit (26 vol., copie dactylographiée, s.d.), D/1, 3 288–3 289.— St Ann’s Parish (Mackinac Island, Mich.), Registre des baptêmes, mariages et sépultures de Sainte-Anne-de-Michillimakinak, 1695–1821. Ce document est publié, avec notes, sous le titre de The Mackinac register, dans Coll. of the State Hist. Soc. of Wisc. XVIII (1908) : 469–513 ; XIX (1910) : 1–149, mais contient certaines inexactitudes.— The British regime in Wisconsin –1760–1800, R. G. Thwaites, édit., Coll. of the State Hist. Soc. of Wisc., XVIII (1908) : 229–234.— Correspondance de Mme Bégon (Bonnault), RAPQ, 1934–1935, 68.— Johnson papers (Sullivan et al.), XIII : 115, 251.— Petition of sundry inhabitants of Detroit, Michigan Pioneer Coll., X (1886) : 237.— The St. Joseph baptismal register, George Paré et M. M. Quaife, édit., Mississippi Valley Hist. Rev., XIII (1926–1927) : 201–239.— Massicotte, Répertoire des engagements pour l’Ouest, RAPQ,1929–1930 ; 1930–1931.— Tanguay, Dictionnaire.— Champagne, Les La Vérendrye.— Silas Farmer, The history of Detroit and Michigan [...] (Detroit, 1884), 20.— M. C. W. Hamlin, Legends of le Détroit (Detroit, 1884), 290s.— Télesphore St-Pierre, Histoire des Canadiens du Michigan et du comté dEssex, Ontario (Montréal, 1895), 178.

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Donald Chaput, « DAGNEAU DOUVILLE DE QUINDRE, LOUIS-CÉSAIRE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 31 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/dagneau_douville_de_quindre_louis_cesaire_3F.html.

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Auteur de l'article:   Donald Chaput
Titre de l'article:   DAGNEAU DOUVILLE DE QUINDRE, LOUIS-CÉSAIRE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1974
Année de la révision:   1974
Date de consultation:   31 octobre 2014