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DALRYMPLE, GEORGE R., apothicaire, homme d’affaires et homme politique, né probablement en 1790 en Écosse ; le 14 septembre 1825, il épousa Eliza Webster, et ils eurent un enfant ; décédé le 6 février 1851 à Charlottetown.

George R. Dalrymple échoua à l’Île-du-Prince-Édouard en 1821 après avoir erré par monts et par vaux en Amérique. Apothicaire diplômé, cet Écossais presbytérien laborieux ouvrit un « magasin de médicaments à bon marché » à Charlottetown et épousa la fille d’un des premiers résidents et propriétaires de l’île, John Webster. En 1827, il présenta une demande pour une concession située à la source du ruisseau North River (probablement le ruisseau Ellens), dans Charlottetown Royalty, afin d’exploiter un moulin à carder ; il l’ouvrit en 1828 et y ajouta plus tard un moulin à foulon, un moulin à farine et un four à briques, fondant ainsi un établissement connu sous le nom de Dalrymple’s Mills. Il engagea des frais considérables pour introduire ses machines et demeura au premier rang des insulaires travaillant à l’amélioration des techniques agricoles et commerciales de l’île.

Dalrymple considérait la réforme politique comme un prolongement naturel de sa lutte pour le progrès. Lors d’une élection partielle tenue dans la circonscription de Kings en 1828, il remporta sans opposition un siège à la chambre d’Assemblée. Se soustrayant à « la mauvaise influence de l’esprit de parti », il se présenta avec un programme « d’utilité publique » qui mettait l’accent sur la nécessité d’améliorer l’agriculture et d’aider les fermiers à bail. Dalrymple perdit son siège aux élections générales de 1830, mais il fut réélu en 1831 lors d’une élection partielle dans la circonscription de Queens. De 1828 à 1830, il avait travaillé à promouvoir et à faire adopter des mesures réformistes telles que des projets de loi en faveur des catholiques et pour l’établissement et le soutien des écoles ; en 1830, les députés progressistes le considéraient comme leur leader. Pendant qu’il dirigeait la campagne pour la sécularisation des terres bénéficiales et la réduction de la durée du mandat des députés de sept à quatre ans, Dalrymple refusa de recourir aux manifestations publiques et à la violence populaire, se contentant de faire preuve de patience, de respecter la loi et d’adhérer au principe constitutionnel. Ces méthodes étaient lentes mais efficaces : un projet de loi limitant à quatre années le mandat de l’Assemblée fut voté en 1833, suivi quatre ans plus tard par la sanction royale d’une loi adoptée en 1835 permettant la vente des terres bénéficiales.

À mesure que les années 1830 s’écoulaient, la politique dans l’île se concentra sur la seule question de l’escheat ; les partisans de cette réforme désiraient l’établissement d’une cour chargée d’examiner si les conditions des concessions originales de 1767 avaient été satisfaites. Comme presque tous les propriétaires fonciers n’avaient pas rempli ces conditions, cela aurait entraîné la redistribution des terres des grands propriétaires, la plupart absentéistes, aux fermiers à bail, qui étaient sur place. Dalrymple présenta en 1832 un projet de loi visant à instituer une cour d’escheat, car il croyait que la violation implicite du contrat avait causé la perte des droits de propriété privée. Il lui fallut un certain temps pour s’apercevoir que l’ escheat n’était pas une simple réforme parmi d’autres, mais qu’il constituait une véritable révolution sociale. Sa tactique de patience et de respect de la constitution n’avait guère de chances d’apaiser le vif mécontentement des fermiers à bail et n’était pas de nature à soutirer des concessions aux propriétaires. Peu enclin à adopter des mesures radicales, Dalrymple perdit son titre de chef des réformistes au profit de William Cooper*, qui n’était que trop disposé à se servir de l’agitation des fermiers « au dehors » pour influencer la politique britannique en usurpant les pouvoirs de l’Assemblée. Réélu en 1834, Dalrymple fut nommé président de la chambre, poste bien choisi dans les circonstances.

En 1836, la réunion des fermiers à bail à la rivière Hay, au cours de laquelle Cooper conseilla aux fermiers de ne plus payer leur loyer, amena la rupture ouverte entre Dalrymple et le chef du mouvement prônant l’escheat, ainsi que ses partisans. Convaincu que « l’une des meilleures causes a[vait] été gâchée par la violence et l’ignorance des prétendus amis de celle-ci », Dalrymple s’éloigna de ses électeurs et perdit son siège aux élections de novembre 1838. Sa dernière tâche à titre de président de la chambre d’Assemblée fut de représenter l’île, en compagnie de Thomas Heath Haviland* et de Joseph Pope*, à la réunion convoquée par lord Durham [Lambton*] à Québec en septembre 1838 pour discuter de la fédération des colonies de l’Amérique du Nord britannique.

Nommé au Conseil législatif en mars 1839 après que le lieutenant-gouverneur, sir Charles Augustus Fitzroy, l’eut réorganisé, Dalrymple y siégea jusqu’à sa mort. Ce furent pour lui des années pénibles parce qu’il continuait à travailler pour les droits de l’Assemblée et pour des mesures progressives au sein d’un organisme qui manifestait peu de sympathie pour ces questions. Il trouva plus gratifiant de faire partie du bureau d’Éducation de l’île (il y fut nommé en 1834), de siéger au conseil d’administration de la Central Academy de Charlottetown (nommé en 1834) et d’exercer les fonctions de président de la Highland Society (élu en 1841). Il donna également des conférences sur des sujets d’ordre scientifique devant le Charlottetown Mechanics’ Institute, dont il fut président en 1839. Content peut-être de consacrer toute son énergie à ses activités politiques et sociales ainsi qu’à son magasin de Charlottetown, Dalrymple vendit ses moulins en 1844.

Même si, lorsqu’il était agent de la propriété Greenwich en 1839, George R. Dalrymple avait menacé d’avoir recours à des « mesures coercitives » pour percevoir les loyers non payés, il conserva une position modérée et constitutionnelle par rapport à la réforme et à la confiscation des terres, qui était tout à fait conforme à son rôle d’ami du progrès. Une fois que les méthodes de Cooper eurent été mises à l’essai et qu’elles eurent échoué, Dalrymple ressentit peut-être une certaine satisfaction en voyant l’allure modérée et persévérante de la nouvelle génération des réformistes de l’île dirigés par George Coles*.

M. Brook Taylor

PAPEI, RG 1, Commission books, 15 mai 1834 ; RG 5, Petitions, 21 juill., 6 oct. 1827 ; RG 16, Land registry records, conveyance reg., liber 29 : fo 205.— PRO, CO 226/39 : 16.— St Paul’s Anglican Church (Charlottetown), Reg. of baptisms, marriages, and burials (mfm at PAPEI).— Î.-P.-É., House of Assembly, Journal, 3, 11 févr., 6 avril 1831, 26 janv. 1835 ; Legislative Council, Journal, 1839–1851.— Prince Edward Island Gazette, 22 août 1821.— Prince Edward Island Register, 10 juin, 20 sept. 1825, 12 juin, 14 août, 30 oct. 1827, 3 juin, 1er, 29 juill., 5 août 1828, 10, 17, 24, 31 mars, 7 avril 1829, 23 mars, 6, 13, 27 avril, 22 juin 1830.— Royal Gazette (Charlottetown), 3, 10, 24 janv., 7, 14 févr., 3 avril 1832, 15, 29 janv., 5, 19, 26 févr., 19 mars, 2 avril, 21 mai, 25, 26 nov. 1833, 1er avril, 13 mai, 23 sept., 25 nov., 9, 23 déc. 1834, 27 janv., 31 mars 1835, 14 févr. 1837, 3 avril, 27 sept., 20 nov. 1838, 8, 29 janv., 12 mars 1839, 11 févr., 21 avril 1840, 21 sept. 1841, 14 févr. 1843, 30 avril, 14 mai, 3 sept. 1844, 15 juin 1847, 11 févr. 1851.— Canada’s smallest prov. (Bolger), 95–114.— D. C. Harvey, « Glebe and school lands in Prince Edward Island », CCHS, Journal (Sudbury, Ontario), 10 (1968) : 120–147.

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M. Brook Taylor, « DALRYMPLE, GEORGE R », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 8, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 30 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/dalrymple_george_r_8F.html.

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