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DARLING, JOHN, homme d’affaires et fonctionnaire, né le 23 mars 1769 près de Ridgefield, Connecticut, fils de Joseph Darling et de Mary Street ; au début des années 1790, il épousa Elizabeth Canby, veuve de Samuel Birdsall, et ils eurent six enfants ; décédé le 23 février 1825 à St Johns (Ontario).

Après la mort de son père en 1780 et le remariage de sa mère en 1786, John Darling fut mis sous tutelle légale pendant un certain temps. En 1789, il s’établit dans la presqu’île du Niagara et prit pension chez un entrepreneur de la région, Benjamin Canby, qui habitait avec sa sœur, la veuve Elizabeth Canby Birdsall. Si Darling ne travailla pas pour Canby, il subit son influence et put, au cours des années 1790, observer de près ses nombreuses activités commerciales. En 1792, Canby construisit une scierie sur les bords du ruisseau Twelve Mile, à un endroit appelé Short Hills, là où allait s’élever plus tard le village de St Johns. L’année suivante, il alla s’installer à Queenston et loua le service de traversier entre cette ville et Lewiston, dans l’état de New York. En 1794, il exploitait une tannerie et, au milieu de 1795, il avait déjà construit une scierie et un moulin à farine en amont des chutes, à Niagara. Canby vendit ses moulins en 1799 et acquit la Dochstader Tract, d’une superficie de 19 000 acres, dans le comté de Haldimand, où il alla s’établir pour fonder le canton et le village de Canboro.

La carrière de Darling est indissociable de l’histoire de St Johns et des cinq lots de canton (comprenant chacun 100 acres de superficie) sur lesquels le village s’étendit finalement. Les registres fonciers indiquent que même si Darling finit par être propriétaire à part entière de quatre lots et d’une partie d’un cinquième, ces lots ne furent enregistrés qu’après 1800 : il obtint le titre de propriété d’un lot en 1816 et avait acheté 318 des 400 acres restantes en 1813. Cependant, dans des pétitions écrites en 1808 et 1809, il déclarait avoir acheté en 1790, 400 acres de Canby lesquelles comprenaient au moins trois de ces lots. De plus, des attestations de notables de l’endroit, tels Samuel Street* et Robert Hamilton*, viennent appuyer ces pétitions et confirmer le fait que Darling avait construit ses divers moulins sur ces propriétés.

Il est certain que St Johns profita de l’énergie et de l’expérience du jeune Darling. Il reprit en main la scierie de Canby et, en 1808, il avait déjà construit un moulin à farine et un moulin à foulon. Par la suite, il exploita aussi une tannerie. Ce qu’il entreprit ensuite le distingua des premiers hommes d’affaires et des propriétaires de moulins et propulsa St Johns, pendant un certain temps, au premier plan du développement industriel dans la presqu’île : dès 1813, il avait construit une manufacture de lainages et, en 1817 ou peut-être même avant, il avait établi une fonderie. Si chacune des entreprises était en elle-même considérable, elles formaient un tout unique dans la presqu’île. Il possédait aussi une boucherie où il vendait surtout du bœuf et du porc ; les porcs abattus lui appartenaient probablement, et la pâtée qu’on leur donnait provenait d’une autre de ses entreprises, une distillerie. Ses affaires étaient bien intégrées : le whisky, par exemple, était vendu dans des barils apparemment fabriqués dans une tonnellerie qui lui appartenait. Darling offrait aussi aux colons une gamme de services agricoles comprenant des attelages de bœufs ou de chevaux, la location de bœufs et de pâturages, et la vente de foin, de paille et de racines alimentaires. Dans son magasin de vente au détail, on trouvait un large éventail d’articles, allant des bêches jusqu’au thé, et il innova même en louant des vitres. Ses clients étaient répartis à travers la presqu’île, depuis l’est jusqu’à la rivière Grand au sud-ouest et Ancaster au nord-ouest. Certains documents révèlent que Darling était un homme entreprenant et pratique plutôt qu’un comptable accompli, mais il est évident qu’en 1820 toute son exploitation était bien en place et, manifestement, ses affaires atteignirent leur point culminant en 1824.

Darling participa rarement aux affaires politiques ou municipales ; il ne détint qu’un seul poste, celui d’estimateur municipal en 1815. Il fut, aux dires de Samuel Street, un « habitant sobre, industrieux et utile » et il laissa le souvenir d’un homme plein d’entrain. C’était un franc-maçon et un presbytérien.

Pendant une courte période, les entreprises de John Darling démontrèrent le potentiel, et aussi les limites, de l’exploitation de l’énergie hydraulique à des fins industrielles. Sa contribution au développement de St Johns et à l’économie de la presqu’île fut relativement importante. Comme il l’a dit lui-même, il avait construit son complexe de moulins « à grands frais, à une époque où cette région du pays était inculte, incitant ainsi d’autres familles valeureuses à s’installer dans ce canton ». Sa mort, au cours de l’hiver de 1825, fut presque immédiatement suivie du morcellement de ses entreprises. En un sens, son décès présagea la fin de St Johns comme un des premiers centres industriels d’importance. En 1829, le canal Welland contourna le village et permit à d’autres communautés plus vigoureuses et mieux établies de grandir. Lorsque le chemin de fer évita la région dans les années 1850, St Johns tomba dans l’oubli et, plus tard, fut déserté.

Colin Keates Duquemin

Arch. privées, John Smith (Limehouse, Ontario), John Darling, account book (photocopie au St Johns Outdoor Studies Centre, Fonthill, Ontario).— MTL, Samuel Birdsall, autobiography, 1862 (copie dactylographiée, 1928) (copie au St Johns Outdoor Studies Centre.— Niagara South Land Registry Office (Welland, Ontario), Thorold Township, deeds, lot 111, instrument no 690.— « District of Nassau ; letterbook no 2 », AO Report, 1905 : 334.— « Grants of crown lands in U.C. », AO Report, 1929 : 99, 138.— Gwillim, Diary of Mrs. Simcoe (Robertson ; 1911).— « U.C. land book C », AO Report, 1930 : 131.— E. H. Darling, « John Darling of St. Johns, U.C., a pioneer industrialist and his day-book, 1768–1825 », OH, 40 (1948) : 53, 57, 61.

Bibliographie générale

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Colin Keates Duquemin, « DARLING, JOHN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 1 nov. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/darling_john_6F.html.

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Auteur de l'article:   Colin Keates Duquemin
Titre de l'article:   DARLING, JOHN
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1987
Année de la révision:   1987
Date de consultation:   1 novembre 2014