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DAVIDSON, ANDREW DUNCAN, homme d’affaires, né le 18 mai 1853 dans le canton d’Ekfrid, Haut-Canada, fils de William Davidson et de Christine McRae ; en 1876, il épousa Ella F. McRae, de Glencoe, Ontario, et ils eurent une fille ; décédé le 22 avril 1916 à la clinique Mayo de Rochester, Minnesota.

Andrew Duncan Davidson fit ses études à Glencoe et fréquenta un moment le Canadian Business College, dans la localité voisine de Chatham, avant d’émigrer aux États-Unis en 1872. Après une courte période d’emploi au Green Bay and Minnesota Railroad dans le Wisconsin, il s’installa à Little Falls, au Minnesota. Durant les nombreuses années où il fut maire de cette localité, il vendit des terres pour chemins de fer et concessions statutaires avec ses frères (qui avaient aussi émigré). Ses audacieuses techniques de mise en marché et de financement lui permirent de vendre d’immenses terres dans le Centre-Ouest américain, ce qui, avec ses activités subséquentes dans le secteur foncier au Canada, lui valut le surnom de « plus grand négociant foncier du continent ».

Les frères Davidson, avec leur associé Alexander Duncan McRae* (beau-frère d’Andrew Duncan), rentrèrent au Canada en 1902 pour conclure l’une des transactions foncières les plus importantes et les plus fructueuses de l’histoire du pays. Des années auparavant, la Qu’Appelle, Long Lake and Saskatchewan Railroad and Steamboat Company avait obtenu une charte qui l’autorisait à construire un chemin de fer dans les Territoires du Nord-Ouest, de Regina à Prince Albert (Saskatchewan). Les travaux commencèrent en 1890, mais les promoteurs firent valoir que, de Lumsden à Dundurn, les terres adjacentes à la voie ferrée étaient impropres au peuplement et exigèrent en conséquence des « choix en guise de dédommagement » ailleurs. Le gouvernement refusa. Cependant, l’affaire finit par se régler devant les tribunaux lorsque les frèmes Davidson et McRae, sous la raison sociale de Saskatchewan Valley Land Company, offrirent d’acheter de la société ferroviaire jusqu’à 1 250 000 acres des terres en litige et, du gouvernement fédéral, 500 000 acres de terres réservées aux concessions statutaires. En retour, ils s’engagèrent à installer, dans un délai de cinq ans, un nombre précis de familles dans chaque canton. Dès lors, les techniques commerciales utilisées par les Davidson aux États-Unis s’appliqueraient dans l’Ouest canadien.

Un train spécial de la compagnie, qui avait à son bord d’éminents fermiers, banquiers et hommes d’affaires de tout le Centre-Ouest américain, quitta Chicago pour les Territoires du Nord-Ouest en juin 1902. Il cueillit en chemin beaucoup d’autres futurs colons et agents fonciers, si bien qu’on y ajouta des wagons à St Paul, au Minnesota, et à Winnipeg. La compagnie paya tous les frais du voyage et l’on dit que, une fois les passagers arrivés à destination, il y eut « une véritable orgie d’achats de terres ». Dans les années suivantes, 18 autres trains firent un voyage semblable ; ils faisaient tous partie d’une campagne massive de marketing qui comportait aussi de la réclame dans des journaux américains.

Le succès de la Saskatchewan Valley Land Company attira l’attention de William Mackenzie* et de Donald Mann*, agents de développement du Canadian Northern Railway et hommes d’affaires dynamiques. En 1903, ils confièrent à Davidson et à ses associés la responsabilité de vendre une partie des terres de leur chemin de fer dans les Prairies – soit près d’un million d’acres. En tant qu’agence de la société ferroviaire, la Saskatchewan Valley and Manitoba Land Company (tel était son nouveau nom) fonctionnait essentiellement à la commission et continua d’obtenir des résultats éblouissants. Au faîte de ses activités, elle comptait 3 000 agents aux États-Unis. Spécialisée dans l’organisation d’établissements rassemblés en bloc pour divers groupes religieux et ethniques, elle se caractérisait également par le soin qu’elle mettait à attirer de nouveaux colons – elle construisait des hôtels où les éventuels acheteurs de terres logeaient gratuitement – et à mettre en place les installations de transport et de manutention du grain nécessaires aux agriculteurs. Certes, la compagnie avait ses détracteurs : après son premier achat de terres dans l’Ouest en 1902, certains conservateurs l’accusèrent d’avoir profité de ses relations au sein du gouvernement libéral à Ottawa pour rafler un bénéfice excessif. Toutefois, elle avait un défenseur puissant en la personne du ministre de l’Intérieur Clifford Sifton*, qui déclara en 1904 : « Je ne puis me souvenir d’aucun élément de notre politique de colonisation dans le Nord-Ouest qui ait remporté plus de succès que les efforts de cette compagnie. »

L’entente entre la Saskatchewan Valley and Manitoba Land Company et le Canadian Northern Railway prit fin en 1905, mais Davidson continua de servir d’agent foncier au chemin de fer, avec autant de succès qu’auparavant. Dans les six premiers mois de 1906 seulement, plus de 500 wagons d’effets appartenant à des colons furent déchargés à Davidson, en Saskatchewan, localité baptisée en son honneur et située à mi-chemin entre Regina et Saskatoon. En outre, lui-même, ses frères et Alexander McRae s’engagèrent dans beaucoup d’autres activités lancées par Mackenzie et Mann dans les secteurs de l’immobilier, du bois, du charbon, de la pêche et même de la pêche à la baleine. Ainsi, Davidson joua un rôle important à Montréal dans les négociations sur les concessions foncières et les droits de passage qui menèrent à la construction du tunnel du Canadian Northern Railway sous le mont Royal ainsi qu’à la planification et au lotissement de Ville Mont-Royal. Il participa à l’achat et au regroupement des terrains où allait être construit le terminus du Pacifique du Canadian Northern Railway à Port Mann, en Colombie-Britannique, et à la mise en valeur des terrains où allaient être aménagées la subdivision de Leaside, aux abords de Toronto. Associé à Mackenzie et à Mann dans de très grosses exploitations forestières en Colombie-Britannique et en Saskatchewan, Davidson fut président de la Canadian Western Lumber Company Limited, de la Columbia River Lumber Company et de la Big River Lumber Company. En outre, il appartint au conseil d’administration de nombreuses entreprises, dont la Canadian Collieries (Dunsmuir) Limited – filiale de la Canadian Northern Railway qui, à l’origine, avait fait partie de l’empire de James Dunsmuir –, la Wallace Fisheries Limited et la North Pacific Fisheries.

Andrew Duncan Davidson avait conservé des intérêts aux États-Unis et, vers la fin de sa vie, il élut résidence à Duluth, au Minnesota. Même s’il n’avait jamais servi dans l’armée active, on le récompensa pour son travail dans les deux pays en le nommant colonel honoraire du Minnesota et de l’armée permanente canadienne. Surnommé « l’homme qui fit la vallée de la Saskatchewan » et « le père de l’invasion américaine » de l’Ouest canadien, il est réputé avoir fondé près de 300 établissements dans les Prairies.

Théodore D. Regehr

Globe, 24 avril 1916.— J. H. Archer, Saskatchewan : a history (Saskatoon, 1980).— Pierre Berton, The promised land : settling the west, 1896–1914 (Toronto, 1984).— K. D. Bicha, The American farmer and the Canadian west, 1896–1914 ([Lawrence, Kans], 1968).— Canada, Chambre des communes, Débats. 19 juill. 1904.— D. J. Hall, Clifford Sifton (2 vol., Vancouver et Londres, 1981–1985), 2.— J. B. Hedges, Building the Canadian west : the land and colonization policies of the Canadian Pacific Railway (New York, 1939 ; réimpr., 1971) ; The federal railway land subsidy policy of Canada (Cambridge, Mass., 1934).— Chester Martin, « Dominion lands » policy, L. H. Thomas, édit. (2e éd., Toronto, 1973).— T. D. Regehr, The Canadian Northern Railway, pioneer road of the northern prairies, 1895–1918 (Toronto, 1976).— Martin Robin, The rush for spoils : the company province, 1871–1933 (Toronto, 1972).

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Théodore D. Regehr, « DAVIDSON, ANDREW DUNCAN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 18 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/davidson_andrew_duncan_14F.html.

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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1998
Année de la révision:   1998
Date de consultation:   18 septembre 2014