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DAVIS, JOHN FREEMAN, professeur de danse et de musique, né le 31 mars 1835 à Oakville, Haut-Canada, un des six enfants de Charles Davis et d’Eliza Freeman ; le 3 mars 1860, il épousa à Toronto Ruth A. Cunnyworth, et ils eurent quatre fils et une fille, puis le 4 octobre 1876, à Toronto, Sarah Keys, et de ce second mariage naquirent un fils et une fille ; décédé dans cette ville le 3 mai 1916.

Charles Davis fut l’un des premiers cordonniers de la région d’Oakville ; dès 1850, ses affaires allaient assez bien pour qu’il achète l’auberge Halton House. Son fils aîné, John Freeman Davis, fréquenta la Gore District Grammar School de Hamilton et étudia aussi le violon, le piano et l’orgue. On dit qu’il possédait un stradivarius. En 1855, il s’installa à Toronto afin de faire une carrière musicale. Il enseigna effectivement la musique, mais au début, pour gagner sa vie, il exerça divers métiers : écailler, fruitier, marchand de tabac. De 1873 à 1875, il exploita le Musical Hall, qui publiait et vendait des partitions. C’est aussi en 1873 qu’il composa ses premières danses à des fins de publication. En 1896, il avait à son crédit plus d’une vingtaine de polkas, lanciers, rockaways, valses, two-steps et autres danses. Parmi ses plus grands succès figuraient deux morceaux composés en 1873, Great Pacific Lancers et Eureka quadrille, de même que The new premier galop [...], publié en 1874 en l’honneur d’Alexander Mackenzie*. The call to arms polka, parue en 1885 et dédiée aux « volontaires qui s’enrôlèrent si promptement pour aller réprimer la rébellion du Nord-Ouest », était l’une de ses danses les plus connues.

Vers 1860, Davis se mit à donner des leçons de danse à quelques élèves qui l’avaient admiré dans des réceptions. Il prétendait être autodidacte, mais il étudia probablement à Toronto avec James Douglas Andrews et Augustin Noverre. Il commença à publier régulièrement de la réclame pour ses leçons en 1872, lorsqu’il se mit à enseigner aux enfants et aux adultes dans l’édifice de la Toronto Grammar School. Son « académie » acquit une adresse permanente en 1880. Sa renommée s’était immensément accrue depuis qu’il avait publié, en 1878 à Toronto, The modem dance tutor ; or, society dancing, ouvrage dédié à ses « quelque six mille élèves » des « dix-huit dernières années ». Comme la plupart des manuels de danse américains et britanniques de l’époque, celui-ci donne d’abord des indications sur la manière de se tenir et sur les pas de base, puis des instructions détaillées sur les danses populaires. Outre ces danses, Davis enseignait la musique et la gymnastique suédoise. De plus, il imaginait des danses pour des occasions spéciales, telle la kermesse de Toronto en 1891. Bien qu’il ait compté parmi ses élèves les enfants du lieutenant-gouverneur Donald Alexander Macdonald* (Sandfield), il estimait que les gens de toutes les classes sociales devaient apprendre à danser. En 1907, il lança une méthode spéciale qui permettait d’apprendre neuf danses en trois leçons : le système « sivadonien ». D’autres méthodes simples et rapides suivirent. En 1914, il affirmait avoir eu plus de 30 000 élèves.

John Freeman Davis fut actif au sein de plusieurs organisations créées dans les années 1880 dans le but de rehausser les critères d’enseignement de la danse. Il devint vice-président de l’American National Dancing Association en 1888 et vice-président de la National Association of Teachers of Dancing of the United States and Canada en 1894. Il fut le premier président de la Western Association Normal School Masters of Dancing, fondée en 1894. Il fit de nombreuses chorégraphies pour des congrès de danse et remporta en 1900 le grand prix de la danse à l’Exposition universelle de Paris. Il cessa d’enseigner seulement quelques mois avant de mourir. Plusieurs de ses enfants avaient suivi ses traces. La plus jeune de ses filles, Elsie M., commença à enseigner dans son école en 1899, comme le fit en 1909 son dernier fils, Albert R., qui anima cette école jusque dans les années 1930. Son fils aîné, Charles F., avait ouvert sa propre académie de danse à Toronto en 1889.

Mary Jane Warner

AN, RG 31, C1, 1901, Toronto, Ward 3, div. 23 : 12 (mfl aux AO).— AO, RG 22-305, no 31851 ; RG 80-5-0-62, no 13403 ; RG 80-27-2, 66 : 85.— York Univ. (North York, Ontario), Dept. of Dance, Kathryn Noxon, « Professor John Freeman Davis : nineteenth-century Canadian dancing master and composer, a man of his time » (recherche, études de premier cycle, 1984).— Globe, 4 juin 1934.— News (Toronto), 4 mai 1916.— G. M. Adam, Toronto, old and new : a memorial volume [...] (Toronto, 1891 ; réimpr., 1972).— Complete list of Canadian copyright musical compositions, (entered from 1868 to January 19th, 1889,) compiled from the original register at Ottawa ([Toronto ?, 1889 ?]).— Encyclopedia of music in Canada (Kallmann et al.).— H. C. Mathews, Oakville and the Sixteen : the history of an Ontario port (Toronto, 1954 ; réimpr., 1971).

Bibliographie générale

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Mary Jane Warner, « DAVIS, JOHN FREEMAN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 1 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/davis_john_freeman_14F.html.

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Auteur de l'article:   Mary Jane Warner
Titre de l'article:   DAVIS, JOHN FREEMAN
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1998
Année de la révision:   1998
Date de consultation:   1 octobre 2014