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DeLANCEY (de Lancey, De Lancey, Delancey), JAMES officier et homme politique, né le 6 septembre 1746 dans le comté de Westchester (maintenant partie de la ville de New York), quatrième fils et septième enfant de Peter De Lancey et d’Elizabeth Colden ; vers 1780, il épousa Martha Tippett (Tippetts), et ils eurent six fils et quatre filles ; décédé le 2 mai 1804 à Round Hill, Nouvelle-Écosse.

James DeLancey appartenait à l’une des familles les plus en vue de la colonie de New York. Bien que plusieurs DeLancey fussent actifs sur la scène politique, James servit tout simplement comme shérif (1769–1776) et officier de la milice du comté de Westchester. Il consacrait le plus clair de son temps à surveiller des propriétés familiales. Au cours des années qui précédèrent immédiatement la Révolution américaine, il manifestait ouvertement et carrément ses opinions tories. Quand les combats furent engagés, les chefs patriotes locaux le forcèrent à donner sa parole, à laquelle il manqua d’autant plus rapidement qu’à son avis elle ne pouvait le lier ni moralement ni légalement.

DeLancey se rendit ensuite dans la ville de New York, où, en 1777, il leva une unité choisie de cavaliers tirés de son propre comté. Cette compagnie devait harceler l’ennemi près de la ville de New York et procurer à l’armée britannique des ravitaillements en provenance de la prétendue « zone neutre », située entre les positions des Britanniques et celles des Américains. Le gouverneur de la colonie de New York, William Tryon, affirma : « cette troupe est vraiment l’élite du pays [...] J’ai grande confiance en elle pour sa conduite courageuse. » Pendant les cinq années suivantes, les « cowboys » de DeLancey, comme on les appelait, devinrent l’une des unités loyalistes les plus connues et les plus craintes. Les nombreuses et excitantes aventures du « hors-la-loi de la Bronx » (il avait son quartier général près de la rivière Bronx) firent de DeLancey un personnage prestigieux tant parmi les Loyalistes que parmi les patriotes de la colonie de New York. Fait prisonnier une seule fois, il fut échangé, et continua de harceler l’ennemi pendant toute la guerre ; George Washington même était bien au fait de son activité et souhaitait ardemment qu’on s’emparât de lui.

La cessation des hostilités dans la région de New York, en 1782, mit fin à la carrière militaire de DeLancey. Proscrit et ses biens confisqués en vertu du New York Act of Attainder de 1779, il décida de partir ; à la fin de 1782 ou au début de 1783, il arrivait en Nouvelle-Écosse, en compagnie de milliers d’autres Loyalistes. Avec sa jeune femme, un bébé et six esclaves, DeLancey s’établit sur une concession de 640 acres, à Round Hill, dans le comté d’Annapolis, où naquirent ses neuf autres enfants. Il est probable qu’il avait pu apporter au moins une partie de ses biens avec lui, car, dans les années 1790, il semblait vivre dans l’aisance.

DeLancey prit une part active tant au progrès de sa propre ferme qu’à celui du comté d’Annapolis en général. En 1790, il fut élu à la chambre d’Assemblée, y succédant à son frère Stephen, comme député du canton d’Annapolis. Il devait y siéger jusqu’à son élévation au Conseil de la Nouvelle-Écosse, en juin 1794. Il démissionna en juin 1801, pour cause de maladie.

Vers la fin de sa vie, DeLancey fut mêlé à un débat fameux sur la légalité de l’esclavage en Nouvelle-Écosse. Un de ses esclaves, Jack, s’enfuit à Halifax, où il fut engagé par un certain William Woodin. En 1801, DeLancey inscrivit une poursuite en Cour suprême pour récupérer le salaire touché par Jack. L’avocat de Woodin, le procureur général Richard John Uniacke*, soutint que Jack était un homme libre, la Nouvelle-Écosse n’ayant aucune loi permettant de le considérer autrement. La cour accorda à DeLancey £70, à titre de dédommagement. Uniacke se pourvut en appel, relançant du même coup toute la question de l’esclavage. À la demande de DeLancey, Joseph Aplin, ancien procureur général de l’Île-du-Prince-Édouard, prépara une longue défense, sur le plan juridique, de l’esclavage. L’exposé d’Aplin n’eut point d’effet sur la cause, toutefois, et l’accusation de violation des droits d’autrui portée par DeLancey contre Woodin fut renvoyée. DeLancey soumit la preuve documentaire de son droit de propriété sur Jack, mais la cour n’ordonna pas qu’il lui fût retourné, si bien que DeLancey mourut sans pouvoir rentrer en possession de son esclave.

Après avoir, pendant plusieurs années, connu une santé fléchissante, James DeLancey mourut à Round Hill le 2 mai 1804. Une tradition familiale soutient qu’il fut empoisonné par une esclave mécontente, à qui il avait promis la liberté à sa mort ; mais rien ne vient étayer cette version. Sa veuve lui survécut ; elle mourut le 22 décembre 1836.

Barry M. Moody

DeLancey family burying ground (Round Hill, N.-É.), James DeLancey, gravestone.— PANS, MG 100, 133, no 36. George Washington, The writings of George Washington, from the original manuscript sources, 1745–1799, J. C. Fitzpatrick, édit. (39 vol., Washington, 1931–1944), 18 : 343 ; 22 : 303.— DAB.— Directory of N.S. MLAs, 87. Calnek, Hist. of Annapolis (Savary), 341. R. S. Longley, « The DeLancey brothers, loyalists of Annapolis County », N.S. Hist. Soc., Coll., 32 (1959) : 55–77. T. W. Smith, « The slave in Canada », N.S. Hist. Soc., Coll., 10 (1899) : 105111.

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Barry M. Moody, « DeLANCEY, JAMES », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 30 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/delancey_james_5F.html.

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Auteur de l'article:   Barry M. Moody
Titre de l'article:   DeLANCEY, JAMES
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1983
Année de la révision:   1983
Date de consultation:   30 juillet 2014