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DOUGALL, JAMES, marchand, horticulteur et homme politique, né le 21 septembre 1810 à Paisley, Écosse, fils de John Dougall, manufacturier et marchand, et de Margaret Yool (Yuil) ; en 1832, il épousa Susanne (1814–1863), fille de François Baby*, et ils eurent cinq fils et deux filles, puis, en 1864, Elizabeth Maçon, née O’Neill, et deux filles naquirent de ce mariage ; décédé le 5 avril 1888 à Windsor, Ontario.

Au milieu des années 1820, le père de James Dougall, dont la famille faisait depuis longtemps le commerce de la mousseline, jugea que la situation économique en Écosse était telle qu’il fallait émigrer au Canada. En 1826, il y envoya son fils John ; James le suivit avec un envoi de « marchandises sèches » à vendre. Les deux frères ouvrirent des magasins de marchandises sèches en gros, d’abord à Québec, puis à Montréal. John père, rejoignit ses fils et, en 1828, il ouvrit avec James une succursale à York (Toronto). Un incendie détruisit ce dernier établissement et, au milieu de l’année 1830, James et son père déménagèrent à Sandwich (Windsor), où ils ouvrirent le premier « magasin général » de la région. John fils, qui demeura à Montréal, fut un des associés de l’entreprise, appelée J. and J. Dougall. La situation du magasin sur les voies de communication entre Detroit et le Haut-Canada assura son succès ; James construisit bientôt un magasin plus grand et un quai. Son mariage en 1832 le mit en relation avec certains des chefs de file des milieux politiques et commerciaux du district, notamment James Baby* et William Hands*. Vers 1834, Dougall devint le mandataire de la Commercial Bank of the Midland District et, en 1837, il fut nommé magistrat et notaire, postes qu’il conserva le reste de sa vie. La tradition veut que Dougall soit responsable du choix du nom de Windsor donné à la localité de Sandwich en 1836.

En janvier 1838, peu de temps après le commencement des troubles, le Haut-Canada fut menacé d’une invasion à partir de Detroit par une troupe de Patriotes sous le commandement du docteur Edward Alexander Theller*. Pour aider à la défense de la région, Dougall prêta $12 000 aux défenseurs afin d’acheter des armes, de la farine et du porc. Il fournit aussi au prix coûtant des vêtements et des couvertures d’une valeur de $14 000. En décembre 1838, l’armée des Patriotes traversa finalement la rivière et pénétra au Canada ; après avoir retiré $24 000 de son coffre-fort, au cas où le magasin serait pillé, Dougall prit part à la bataille de Windsor sous les ordres du colonel John Prince*. Bien qu’il n’appuyât pas la décision de Prince de fusiller les hommes faits prisonniers pendant le combat, il trouva, dans les années ultérieures, des excuses à cette façon d’agir.

Après la rébellion, Dougall abandonna le poste de représentant de la Commercial Bank ; il devint cependant, peu de temps après, représentant de la Bank of the People (que la Banque de Montréal acheta plus tard), et il déménagea dans le canton d’Anderdon, comté d’Essex, juste au nord d’Amherstburg où il exploitait une succursale du magasin de Québec. Rosebank, sa propriété, devint célèbre pour ses récoltes, son bétail de race et ses chevaux importés d’Écosse. En 1850, il ouvrit les Windsor Nurseries et, pendant le reste de sa vie, il écrira des articles sur l’agriculture dans diverses publications américaines et dans les journaux de son frère, le Montreal Witness et le Daily Witness de New York.

En 1839, la J. and J. Dougall était devenue une entreprise de gros et de détail prospère et elle exploitait deux bateaux. Elle prit le nom de Dougall and Redpath en 1840, lorsque John épousa la fille de John Redpath*, un marchand de Montréal ; en 1842, James Dougall embaucha Charles Hunt* afin d’augmenter le commerce de provisions de l’entreprise qui fournissait de la viande au marché britannique et du blé, des biscuits et du poisson à la Hudson’s Bay Company. La conversion de John en 1832 ou avant, et plus tard celle de James, au mouvement en faveur de la tempérance mit cependant un terme au commerce lucratif des boissons alcooliques dans leurs magasins.

À la fin des années 1840, la compagnie s’était trop endettée à Montréal et éprouvait des difficultés à la suite de la crise de 1847. Dans un incendie au centre de Windsor, le 16 avril 1849, elle perdit des édifices et des marchandises évalués à $25 000, dont une partie seulement était assurée. Des dispositions furent prises, cependant, pour rembourser les créanciers et, en 1853, la R. G. Dun and Company de New York (maison déterminant la cote de crédit des compagnies) pouvait déclarer : « les deux bons hommes d’affaires ont une excellente réputation et on peut leur faire confiance quant aux obligations qu’ils assumeront ».

Au début des années 1850, Dougall était revenu à Windsor où un développement rapide des terres coïncida avec la construction du Great Western Railway. Il exploita la terre de son beau-père ; en 1856, avec Charles Hunt, il acheta des terrains qu’ils subdivisèrent. Bien que la Dougall and Redpath se soit tirée de ses pires difficultés des années 1840, elle ne retrouva jamais sa prospérité d’antan. La société, lourdement endettée, fut dissoute en mars 1858 mais John et James demeurèrent responsables des obligations de la compagnie. James se joignit alors à ses fils John et Francis pour former une nouvelle société qui connut un certain succès malgré la dépression. James et son frère John ne purent cependant payer leurs anciennes dettes et, en avril 1865, ils furent obligés, ainsi que la nouvelle société, de déclarer faillite avec quelque $82 000 de dettes non garanties. Parmi leurs créanciers importants se trouvait la Banque de Montréal. La réhabilitation des Dougall à la suite de leur faillite ne fut pas accordée avant avril 1869 ; James put alors poursuivre l’exploitation d’une pépinière sur une petite échelle, et ses fils ouvrirent leur propre magasin.

Dougall avait toujours participé activement aux affaires de la communauté. Il fut élu préfet d’Anderdon en 1845 et, après l’érection civile de Windsor en village en 1854, il siégea au premier conseil. Toujours membre du conseil lorsque le village reçut le statut de ville en 1858, il fut élu maire, l’année suivante, fonction qu’il détint jusqu’en 1861. Il siégea comme échevin de 1863 à 1865 et comme maire pendant une partie de l’année 1867 et pendant les deux années suivantes. Il contribua aussi à l’accroissement des installations scolaires. En 1845, il avait fait don des sommes nécessaires à la construction d’une école pour instruire tant les enfants blancs que les enfants noirs d’Anderdon et, plus tard, il fit construire une école en face de sa résidence de Windsor. Au milieu des années 1850, il était devenu membre du conseil d’administration d’une école secondaire ; lors de la fusion des conseils scolaires de Windsor en 1864, il fut élu président, poste qu’il conserva jusqu’à sa mort, 24 ans plus tard. Il eut moins de succès dans la politique provinciale : il connut la défaite aux élections au Conseil législatif en 1856 et en 1860.

Après l’adoption de l’Ontario Liquor Licence Act en 1876 [V. Adam Crooks], Dougall fut nommé à la Commission provinciale de contrôle des permis d’alcool. Il déploya aussi son activité au sein du Windsor Board of Trade qu’il présida pendant quelques années et dont il fut souvent le délégué auprès de la Chambre de commerce de la Puissance. Il donna également des conférences sur l’expansion du commerce dans la région de Windsor.

Dougall était membre de l’Église presbytérienne à Windsor ainsi qu’à Detroit où il avait d’excellentes relations sociales. À sa mort, après une longue maladie, il laissa des effets personnels et de commerce d’une valeur de $450 seulement. Sa carrière ne se résume cependant pas à ses difficultés en affaires ; comme le souligne l’éloge funèbre qu’on fit de lui, esquisser la vie de Dougall « dans cette partie du pays serait raconter l’histoire de cette péninsule de l’Ouest ».

Frederick H. Armstrong

James Dougall est l’auteur de « Battle of Windsor James Dougall’s account », Francis Cleary, édit., Essex Hist. Soc., Papers and addresses (Windsor, Ontario), 2 ([1915]) : 25–29 ; The Canadian fruit-culturist ; or letters to an intending fruit grower [...] (Montréal, 1867) ; et « My recollections of Toronto forty years ago », New Dominion Monthly (Montréal), juill. 1869 : 1–4. Un Descriptive catalogue of fruit trees, grape vines, small fruits, &c., cultivated and for sale at the Windsor Nurseries, Windsor, Ontario, Canada, established 1850, James Dougall, proprietor (Montréal, 1874) (copie aux AO) a aussi été publié.

AO, Hiram Walker Hist. Museum coll., 20–135 (G. F. Macdonald papers).— Baker Library, R. G. Dun & Co. credit ledger, Canada, 15 : 13, 24s., 39.— Essex County Surrogate Court (Windsor), grant book H, no 471 (testament de James Dougall ; inventaire des biens, 23 juill. 1888).— PAM, HBCA, D.4.— E. A. Theller, Canada in 1837–38 [...] (2 vol., Philadelphie et New York, 1841).—Canadian Emigrant ([Windsor], Ontario), 20 sept. 1836.— Northern Messenger and Sabbath-School Companion (Montréal), 24 sept. 1886.— Commemorative biographical record of the county of Essex, Ontario, containing biographical sketches of prominent and representative citizens and many of the early settled families (Toronto, 1905), 69, 137.— Richardson Dougall, James Dougall of Glasgow (1699–1760) and his descendants through Dougall and McDougall lines in the United States and Canada (Ann Arbor, Mich., 1973), 3, 149s., 159–162, 170s., 174s., 357.— « Charles Hunt, 1820–1871 », G. W. H. Bartram, édit., Centennial review, 1967 (London, Ontario, [1967]), 55–85.— R. A. Douglas, « The baffle of Windsor », OH, 61 (1969) : 137–152.— J. M. Hitsman, « Please send us a garrison », OH, 50 (1958) : 189–192.

Bibliographie générale

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Frederick H. Armstrong, « DOUGALL, JAMES », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 20 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/dougall_james_11F.html.

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Auteur de l'article:   Frederick H. Armstrong
Titre de l'article:   DOUGALL, JAMES
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1982
Année de la révision:   1982
Date de consultation:   20 août 2014