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DUNSMUIR, ROBERT, mineur, entrepreneur et homme politique, né le 31 août 1825 près de Kilmarnock (région de Strathclyde, Écosse), fils de James Dunsmuir ; en 1847, il épousa Joanna (Joan) Olive White, et ils eurent dix enfants ; décédé le 12 avril 1889 à Victoria.

Le père et le grand-père de Robert Dunsmuir furent maîtres charbonniers dans l’Ayrshire (maintenant partie de la région de Strathclyde). Dunsmuir fit ses études primaires à la Kilmarnock Academy et, vers l’âge de 16 ans, il commença à travailler dans les mines, à titre d’apprenti de son oncle et tuteur, Boyd Gilmour. En 1850, ce dernier se retrouvait contremaître à la mine de charbon de la Hudson’s Bay Company près du fort Rupert (près de ce qui est aujourd’hui Port Hardy), au nord de l’Île-de-Vancouver (Colombie-Britannique). Sur les instances de Gilmour, Dunsmuir se lia par contrat à la compagnie et s’établit au fort Rupert avec sa femme et trois enfants, en septembre 1851.

Dunsmuir arriva dans un contexte difficile car, malgré les efforts dévoués d’hommes tels que Gilmour et John Muir, les mines allaient à la faillite. La quantité et la qualité du charbon étaient faibles et une mauvaise administration de la part des fonctionnaires de la Hudson’s Bay Company avait causé beaucoup d’agitation parmi les mineurs ; on disposait de peu de machinerie et de main-d’œuvre compétente, et l’hostilité des autochtones constituait une menace continuelle. Entre 1851 et 1853, la compagnie transporta ses installations minières aux bassins houillers récemment découverts à Nanaimo. Les Dunsmuir y déménagèrent aussi, même si plusieurs mineurs, dont Gilmour, retournèrent peu après en Écosse.

En 1855, Dunsmuir refusa de participer à une grève de mineurs dissidents, gagnant en échange de sa loyauté manifeste à la Hudson’s Bay Company un permis de mineur indépendant pour exploiter un puits abandonné appartenant à la compagnie. En 1862, celle-ci vendit ses installations d’extraction du charbon à la Vancouver Coal Mining and Land Company, qui engagea Dunsmuir à contrat pour travailler en qualité de contremaître de mines. Deux ans plus tard, son passé d’indépendance, d’initiative, d’habileté professionnelle et de productivité attira l’attention de Horace Douglas Lascelles* et de trois autres officiers de marine d’Esquimalt, qui persuadèrent Dunsmuir de devenir directeur résidant de la Harewood Coal Mining Company qu’ils venaient de fonder. La compagnie rencontra des difficultés à commencer la production, principalement à cause d’un manque de capitaux, et elle fut absorbée par la Vancouver Coal Mining and Land Company ; celle-ci engagea de nouveau comme contremaître de mines Dunsmuir, reconnu pour être le mineur le plus compétent de l’île.

Après son entrée au service de cette compagnie, Dunsmuir fit des études de terrain clandestines dans les alentours. Il les poursuivit jusqu’en 1869, année où il découvrit, à cinq milles au nord-ouest du port de Nanaimo, le filon de Wellington, le plus profond et le plus étendu des gisements houillers trouvés jusqu’alors dans le bassin de Nanaimo. Une fois son titre de propriété établi, il réussit à se ménager un financement à court terme à San Francisco mais se trouva rapidement forcé de chercher plus de capitaux. D’un autre groupe d’officiers de marine, dont faisait partie le lieutenant Wadham Neston Diggle, il obtint £32 000 pour mettre en valeur la houillère. En plus du titre de propriété, Dunsmuir devait apporter à l’entreprise ses connaissances techniques ainsi que sa volonté de construire des installations et d’exploiter la mine. Sur ses instances, il reçut la moitié des actions et l’entière surveillance de toutes les opérations. En 1873, la mine fut constituée juridiquement sous le nom de Dunsmuir, Diggle Limited, propriété de dix associés qui étaient les officiers de marine, Dunsmuir et ses fils James* et Alexander.

En tant que propriétaire d’une houillère, Dunsmuir consacra ses premières années à la mise sur pied d’une installation rudimentaire, entreprise très risquée si l’on considère la récession économique de l’époque. Il devait tenir compte des vastes installations de la Vancouver Coal Mining and Land Company et établir les éléments indispensables à l’exploitation de plusieurs puits, à savoir une main-d’œuvre expérimentée et un lien de transport efficace sur trois milles, depuis la bouche des puits jusqu’aux quais, ce qui signifia, après 1870, un chemin de fer à vapeur. Les journaux relatèrent chaque étape des progrès à la houillère et des éditoriaux ne tardèrent pas à souligner l’importance des efforts de Dunsmuir pour l’économie de la région. Dès la fin de 1874, le ministre des Mines de la Colombie-Britannique, John Ash, rapportait que « les mines [de Dunsmuir] de la baie de Departure [étaient] maintenant en pleine exploitation » et que leur rendement « démontr[ait] la valeur des filons ». Cette année-là, la production de charbon de Dunsmuir totalisa 29 818 tonnes, dont seulement 2 384 tonnes demeurèrent invendues. Ce résultat représentait plus de la moitié de la production de la Vancouver Coal Mining and Land Company et, l’année suivante, Dunsmuir ne produisit que 10 000 tonnes de moins que son principal concurrent. En 1878, il était parvenu à dépasser la production de ce rival, atteignant 88 361 tonnes de charbon comparativement à 82 135.

Bien que la compagnie ait eu suffisamment d’appui financier de la part de ses propriétaires pour entreprendre l’exploitation minière, c’était surtout Dunsmuir qui avait pris les risques et assuré l’administration nécessaire pour créer l’entreprise, la maintenir et la faire passer d’une simple concession minière à la houillère la plus importante de la Colombie-Britannique. Il semble que jusqu’en 1878 Dunsmuir ait réinvesti dans l’entreprise la plus grande part des profits ; aucune action supplémentaire ne fut émise, et il n’existe pas de preuve qu’on ait eu besoin d’autres sources de financement. Ce succès d’affaires est encore plus impressionnant quand on se rend compte que Dunsmuir réussissait à se maintenir à la pointe du progrès technique. Celui-ci affirma en 1879 que ses installations comportaient « 43/4 milles de chemin de fer, 4 locomotives, plus de 400 wagons, 4 moteurs [de roulage] et 2 pompes à vapeur, 3 quais pour le chargement des navires pourvus de soutes, etc. ». En 1879, la Dunsmuir, Diggle Limited acheta une autre houillère dans le même filon, la South Wellington, au sud de Nanaimo. Ensemble, les deux installations fournissaient l’accès au sous-sol grâce à une mine de 160 pieds de profondeur et possédaient deux puits principaux, dont l’un atteignait 310 pieds. L’achat donna en plus à l’entreprise « 4’/2 milles de chemin de fer, 1 locomotive, plus de 50 wagons, 1 pompe à vapeur, 2 grosses machines d’extraction, 1 petit moteur » ; la main-d’œuvre-comptait au total 418 personnes.

L’achat de la South Wellington se révéla un geste à la fois logique et profitable, puisque la production, la main-d’œuvre et la valeur des installations de la Dunsmuir, Diggle Limited augmentèrent toutes brusquement. En 1881, Dunsmuir affirma que ses charbonnages valaient $245 000. Autres faits significatifs, il employait alors 547 hommes (plus de la moitié d’entre eux étaient Chinois), et sa production annuelle avait atteint 181 048 tonnes de charbon, dont au moins 84, 4 p. cent était exporté. L’entreprise prit encore de l’expansion en 1882 quand Dunsmuir fit creuser deux autres puits principaux ; en fin de compte, un total de cinq mines furent en exploitation dans le gisement de Wellington. Néanmoins, ce qui apporta probablement le plus de satisfaction à Dunsmuir fut son acquisition progressive des actions des associés ne faisant pas partie de la famille. Avant la fin des années 1870, il avait acheté tous leurs intérêts, sauf ceux de Diggle. Puis, le 14 septembre 1883, le Daily British Colonist rapporta que Diggle avait vendu ses actions à Dunsmuir pour $600 000 et qu’à partir d’alors l’entreprise ferait affaire « sous la raison sociale de R. Dunsmuir & Sons ».

Dunsmuir s’avéra un propriétaire de charbonnages habile et opportuniste. Comparé à d’autres entrepreneurs travaillant dans la même industrie pendant les décennies 1870 et 1880, il ne fut pas particulièrement chanceux ou spécialement âpre au gain, mais il tira le meilleur profit possible des importants avantages qu’il possédait sur ses concurrents. Il avait été un mineur connaissant parfaitement son métier et un contremaître de mines très expérimenté avant de mettre en opération sa propre houillère, et comme il était le seul à revendiquer la possession du plus riche filon de charbon de l’île lorsqu’il fonda sa première entreprise, en tant que propriétaire d’une mine de charbon, son potentiel de production était le plus grand de l’île. En outre, bien qu’il se joignît tard au commerce du charbon dans la province, son arrivée eut lieu à une période où les entreprises spéculatives dans ce domaine étaient des plus profitables. Ce qui le distingua le plus des autres promoteurs, dont la majorité ne s’étaient pas assuré au départ des capitaux suffisants, fut son astucieuse demande d’aide aux officiers de marine, qui connaissaient la valeur des gisements houillers de la région et possédaient les moyens financiers de faire des investissements substantiels. Le fait que Dunsmuir habitait près de la houillère fut aussi important : comme il résidait habituellement à Nanaimo, rien de ce qui concernait les opérations ne lui échappait et, au jour le jour, il pouvait prendre avec facilité ses décisions administratives. Finalement, il sut s’adjoindre ses deux fils, qui faisaient aussi partie de la première association, ainsi qu’un de ses gendres, John Bryden, et les former pour qu’ils deviennent ses subalternes immédiats. En plus de bien établir l’emprise de la famille sur l’administration de la mine, il s’assura que, à mesure que la compagnie prospérait, la situation financière familiale s’améliorait de façon correspondante. Ainsi, la majeure partie de la puissance et de la richesse de la Dunsmuir, Diggle Limited vint à être concentrée dans les mains de la famille Dunsmuir. Dunsmuir se consacrait à la nouvelle industrie du charbon et il était déterminé, sinon à la monopoliser, du moins à la dominer.

Moins de dix ans après le début des opérations, Dunsmuir avait amassé de ses ventes un capital suffisant pour construire une entreprise de charbonnage qui surpassait en grosseur et en production la totalité des autres mines de charbon de la Colombie-Britannique, pour acquérir des intérêts considérables dans des terrains houillers du district de Comox et pour mettre sur pied et exploiter une flotte de charbonniers. Il fit aussi de gros investissements dans des propriétés immobilières de l’île de Vancouver, dans une fonderie, dans un théâtre à Victoria, dans des terres agricoles et dans un projet de digue sur la terre ferme. La plus grande partie de la richesse de Dunsmuir consistait en actions ordinaires, mais cela lui laissait néanmoins toute la marge de sécurité dont il avait besoin pour continuer à faire des acquisitions quand et où il le voulait. Cela se passait, après tout, à une époque de l’histoire canadienne où n’existaient pas d’impôts sur les revenus des sociétés ou sur ceux des particuliers ; quant aux redevances sur le charbon, elles affectaient peu les profits. En effet, on vivait une période où les gouvernements semblaient plus empressés à donner de l’argent à des hommes comme Dunsmuir qu’à leur en prendre. La participation de Dunsmuir à la construction d’un chemin de fer dans l’île de Vancouver constitue un bon exemple de cet état de fait.

Dès 1873, on avait prévu construire un lien ferroviaire entre Nanaimo et Victoria, mais on ne fit aucun effort sérieux pour commencer la construction avant que la province ne transférât au gouvernement fédéral, en décembre 1883, suffisamment de terres de la couronne pour le projet. Dans le but de demeurer maîtres de l’avenir économique de l’île et d’empêcher la Northern Pacific Railroad d’obtenir le contrat, beaucoup d’hommes d’affaires et d’hommes politiques pressèrent Dunsmuir de construire la ligne. Ce dernier hésitait à accepter la tâche, croyant qu’elle bénéficierait peu à son exploitation houillère. Il présenta néanmoins une soumission au gouvernement canadien et, malgré les conditions exigeantes qu’il posa, il se révéla le seul choix acceptable face aux constructeurs étrangers. À la suite d’un habile et intensif marchandage à Ottawa, il accepta de construire le chemin de fer moyennant une subvention de $750 000 en argent comptant et un territoire de plus de 1 900 000 acres – au moins un cinquième de l’île de Vancouver. Fait révélateur, la concession de terres comprenait « tout le charbon, l’huile de charbon, les minerais, les pierres, l’argile, le marbre, l’ardoise, les mines, minéraux et toutes autres substances se trouvant à l’intérieur ou à la surface des terres ainsi octroyées ». Il reçut aussi tous les droits sur les grèves jouxtant les terrains, tous les privilèges miniers (y inclus le droit d’exploiter les fonds marins adjacents) et la propriété de tout le charbon et autres minéraux extraits du terrain. De plus, en tant qu’entrepreneur, on lui permit de couper tout le bois et d’édifier toutes les installations qu’il jugerait nécessaires à la construction de la ligne. Afin d’encourager la colonisation, il y eut des dispositions pour la vente de terres agricoles à des propriétaires au prix d’un dollar l’acre. On permit aux squatters qui comptaient au moins une année de résidence d’acheter jusqu’à 160 acres de terrain, et les colons qui détenaient un titre de propriété purent conserver leurs possessions, mais presque tout le reste devait revenir à l’entrepreneur à titre de droits d’exécution. Bref, il s’agissait d’un cadeau considérable de ressources naturelles aux dépens de la Colombie-Britannique.

Bien que Dunsmuir ait été choisi pour empêcher les Américains d’établir leur mainmise sur le chemin de fer, les terres et les droits sur les minéraux de la région, il ne lui répugnait pas de recourir à la compétence et à l’expérience américaines pour la construction du chemin de fer. Le contrat que Dunsmuir rédigea pour l’Esquimalt and Nanaimo Railway le nommait lui-même, ainsi que son fils James et son gendre Bryden, entrepreneurs, et Charles Crocker, Mark Hopkins, Leland Stanford et Collis Potter Huntington, tous employés de la Southern Pacific Railroad, sous-entrepreneurs. La construction commença à Esquimalt le 26 février 1884 et se déroula selon les prévisions. Sir John Alexander Macdonald*, premier ministre du Canada, riva le « dernier boulon » dans la région du lac Shawnigan, le 13 août 1886, et, en septembre, des trains entraient à Victoria sur des voies qui, depuis Esquimalt, parcouraient des terres possédées auparavant par des Indiens et que Dunsmuir avait réussi à faire exproprier pour son usage.

La construction du chemin de fer s’inscrivit comme la dernière réalisation importante de l’entrepreneur Robert Dunsmuir. James Dunsmuir et Bryden étaient devenus les forces agissantes responsables de l’expansion ultérieure des affaires de la famille et ils passaient leur temps à consolider et exploiter les gigantesques entreprises industrielles, commerciales et de transport créées principalement par le doyen des Dunsmuir. Ce dernier se contentait de laisser ces affaires à ses successeurs, préférant s’occuper davantage de ses autres investissements, en particulier de ceux qu’il avait faits à Victoria, où il résidait à cette époque. Il s’était déjà bâti une résidence luxueuse à Nanaimo ; il travaillait alors sur des plans pour en construire une autre, en grès, encore plus grande, le château Craigdarrock, entreprise mettant au défi les énergies qui lui restaient et convenant à son image – qu’elle perpétuait – d’industriel le plus important de la Colombie-Britannique du xixe siècle.

Dunsmuir devait une part de sa notoriété à son sens aigu des affaires, mais une plus grande part résultait de son attitude face aux relations de travail. Il était convaincu qu’il pouvait faire ce qu’il voulait avec les mines dont il était propriétaire. À son avis, il avait été le seul à réunir les capitaux, construire les houillères, ouvrir les marchés et garder l’entreprise en marche. Il avait toujours eu tendance à payer des salaires inférieurs à ceux que versaient ses concurrents et il avait préféré employer des Orientaux qui étaient prêts à travailler pour la moitié de ce que d’autres mineurs auraient accepté. Ses charbonnages jouissaient généralement d’une meilleure réputation sur le plan de la sécurité que ceux de son principal compétiteur, la Vancouver Coal Mining and Land Company, même si, comme tous les propriétaires de houillères de l’époque, les Dunsmuir refusaient de se plier à nombre de demandes d’améliorations faites par les inspecteurs provinciaux des mines, perpétuant ainsi les conditions dangereuses qui menèrent à des accidents, tel le désastre de 1876 à Wellington. En 1877, tous les mineurs de charbon de l’île [V. Samuel H. Myers] menacèrent de faire la grève à propos des salaires, et c’est Dunsmuir qui devait être touché le premier, mais, avant que l’arrêt de travail projeté ne pût s’étendre jusqu’à Nanaimo, Dunsmuir décréta une contre-grève, affirmant qu’il briserait seul leur résistance. Quatre mois s’écoulèrent en pure perte avant que les mineurs, harcelés à la fois par la police et la milice envoyées de Victoria à la demande de Dunsmuir, et devenus tout simplement nécessiteux, acceptassent de retourner au travail. Cependant Dunsmuir, malgré sa nette victoire, résolut de se venger et il offrit à ses hommes un salaire quotidien maximum de $2,50 – taux d’un tiers plus bas que ce que gagnaient ses employés les mieux payés avant la grève. En fait, Dunsmuir avait mis en échec la tentative la plus importante menée jusqu’alors pour syndiquer des ouvriers des mines en Colombie-Britannique et il ne fit jamais face à une autre rébellion majeure de la part de sa main-d’œuvre. C’est en particulier à cause de ce geste que Robert Dunsmuir se gagna la réputation d’être l’employeur le plus impitoyable et le plus avaricieux de la province.

Néanmoins, pour les classes moyennes et élevées de la société de l’île, Dunsmuir symbolisait la richesse, le succès et l’autorité morale, ce qui l’encouragea, lorsqu’il se retira de l’administration immédiate des charbonnages, à s’adonner à de nouveaux intérêts. Il entra en politique aux élections provinciales de 1882 à titre de candidat de Nanaimo. Il y fut élu puis réélu en juillet 1886 mais, mise à part la présidence du Conseil exécutif qu’il occupa dans le gouvernement d’Alexander Edmund Batson Davie en 1887, Dunsmuir ne laissa pas de marque notable comme homme politique.

Pendant une grande partie de ses dernières années, Dunsmuir vécut plus ou moins séparé de sa femme, bien que celle-ci héritât en entier de sa succession. Ses enfants furent instruits et traités conformément à la richesse de leur père. Dunsmuir fit des charbonnages une affaire de famille, y attirant les hommes de la maison, d’abord comme ouvriers puis comme administrateurs. Eux, à leur tour, gardèrent la direction des affaires jusqu’en 1910, année où les principaux intérêts des Dunsmuir furent vendus à William Mackenzie* et Donald Mann*. James Dunsmuir occupa le poste de premier ministre de la Colombie-Britannique de 1900 à 1902 et celui de lieutenant-gouverneur de 1906 à 1909.

Robert Dunsmuir fut et demeure le personnage le plus controversé de l’histoire de la province. Il a été reconnu par la plupart des historiens comme un grand bâtisseur, un pionnier de l’industrie, désireux de façonner le destin de sa province autant que d’augmenter sa fortune personnelle. Par contre, ceux qui ont étudié avec soin les débuts de l’industrie dans la province l’ont présenté comme le principal symbole du capitalisme débridé en Colombie-Britannique, un exploiteur sans scrupules d’hommes et de matières premières. Les recherches les plus récentes révèlent qu’aucune de ces opinions n’est entièrement exacte et indiquent clairement la nécessité d’une étude en profondeur de la vie personnelle de Dunsmuir, de sa carrière d’homme d’affaires ainsi que du contexte social dans lequel il a vécu.

Daniel T. Gallacher

PABC, Add. mss 436, sér. A ; 523 ; GR 86 ; GR 184 ; Albion Iron Works, Minutes of meetings of directors, 7 nov. 1882–29 juin 1904 ; B.C., Dept. of Lands and Works, Coal prospecting licences, Register and index, 1883–1906 ; Corr. with Robert Dunsmuir and W. N. Diggle re coal claims, 1869–1871 ; Mining licences under mineral ordinance 1869 : coal lands, 1872 ; John Bryden, Diary and letter book, 1878–1880 ; Colonial corr., C. S. Nicol corr. ; Robert Dunsmuir, Family tree ; Fort Nanaimo corr., août 1852–sept. 1853 (copie) ; Fort Nanaimo journal, août 1855–mars 1857 (copie) ; G.B., Colonial Office, Despatches to Vancouver Island, 21 juill. 1849–16 août 1858 (duplicata) ; Vancouver Coal Mining and Land Company, Director’s diary, 1er juill. 1880–30 sept. 1881 ; Vancouver Island, Governor (Blanshard), Despatches to London, 26 déc. 1849–30 août 1851 (copies) ; Governors Blanshard and Douglas, Corr. outward, 22 juin 1850–5 mars 1859 (copies) ; Vert. file, James Dunsmuir ; Robert Dunsmuir ; Fort Rupert ; Nanaimo.— PAM, HBCA, A.11/72–78.— Articles of association of the Albion Iron Works Company (Limited) [...] (Victoria, 1883).— Canada, Census of Canada, 1880–81 (4 vol., Ottawa, 1882–1883).— C.-B., Dept. of Mines, Annual report (Victoria), 1874–1889.— HBRS, XIX (Rich et A. M. Johnson).— [John McLoughlin], The letters of John McLoughlin from Fort Vancouver to the governor and committee, [1825–46], E. E. Rich, édit. ; et introd. par W. K. Lamb (3 vol., Londres, 1941–1944).— Daily Colonist, 1858–1889.— Free Press (Nanaimo), C.-B.), 1874–1889.— Nanaimo Gazette, 10 juill. 1865–juill. 1866.— Nanaimo Tribune, août 1866–31 août 1867.— Vancouver Daily World, 18 avril 1889.— Victoria Daily Times, 5 oct. 1908, 8 juin 1920.— J. B. Kerr, Biographical dictionary of well-known British Columbians, with a historical sketch (Vancouver, 1890), 152–154.— Standard dict. of Canadian biog. (Roberts et Tunnell), II.— The year book of British Columbia [...], R. E. Gosnell, compil. (Victoria), 1897 : 322.— J. [G. P.] Audain, From coalmine to castle : the story of the Dunsmuirs of Vancouver Island (New York, 1955).— H. H. Bancroft, History of British Columbia, 1792–1887 (San Francisco, 1887).— J. N. G. Bartlett, « The 1877 Wellington miners’ strike » (travail de b. a., Univ. of British Columbia, Vancouver, 1975).— William Bennett, Builders of British Columbia [...] (Vancouver, 1937).— R. E. Cail, Land, man, and the law : the disposal of crown lands in British Columbia, 1871–1913 (Vancouver, 1974), 138–141.— C. H. Clapp, « Coal-fields of Vancouver Island », The coal resources of the world : an inquiry made upon the initiative of the executive committee of the XII International Geological Congress, Canada, 1913 [...], William McInnes et al., édit. (3 vol. et 1 atlas, Toronto, 1913), II : 509–513.— Cumberland, British Columbia, 1871–1971 (Cumberland, C.-B., 1971).— D. T. Gallacher, « Men, money, machines : studies comparing colliery operations and factors of production in British Columbia’s coal industry to 1891 » (thèse de ph.d., Univ. of British Columbia, 1979).— F. W. Howay et E. O. S. Scholefield, British Columbia from the earliest times to the present (4 vol., Vancouver, 1914), III : 666–670.— P. M. Johnson, A short history of Nanaimo (Nanaimo, 1958), 33–48.— Gustavus Myers, History of Canadian wealth (Chicago, 1914 ; réimpr., New York, 1968 ; Toronto, 1972), 301–308.— P. A. Phillips, No power greater : a century of labour in British Columbia (Vancouver, 1967), 2–12.— Martin Robin, The rush for spoils : the company province, 1871–1933 (Toronto, 1972).— R. D. Turner, Vancouver Island railroads (San Marino, Calif., 1973).— A. F. Buckham, « The Nanaimo coal field », Canadian Institute of Mining and Metallurgy, Trans. (Montréal), 50 (1947) : 460–472.— B. A. McKelvie, « The founding of Nanaimo », BCHQ, 8 (1944) : 169–188.— J. D. MacKenzie, « The coal measures of Cumberland and vicinity, Vancouver Island », Canadian Institute of Mining and Metallurgy, Trans., 25 (1922) : 382–411.— T. A. Rickard, « A history of coal mining in British Columbia », Miner (Vancouver), 15 (1942), no 6 : 30–34 ; no 7 : 28–30.— R. H. Roy, «... in aid of a civil power », 1877 », Canadian Army Journal (Ottawa), 7 (1953), no 3 : 61–69.— J. T. Saywell, « Labour and socialism in British Columbia : a survey of historical development before 1903 », BCHQ, 15 (1951) : 129–150.

Bibliographie générale

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Daniel T. Gallacher, « DUNSMUIR, ROBERT », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/dunsmuir_robert_11F.html.

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Auteur de l'article:   Daniel T. Gallacher
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1982
Année de la révision:   1982
Date de consultation:   22 décembre 2014