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DUPARC, JEAN-BAPTISTE, jésuite, supérieur des missions jésuites de la Nouvelle-France, né le 18 juin 1676 dans le diocèse de Chartres, France, fils de Claude Duparc de Tenanguer et de Jeanne de Meur, décédé à Québec le 31 janvier 1742.

Issu d’une vieille famille noble possédant une terre à Saint-Jacut-du-Mené (dép. des Côtes-du-Nord, France), Jean-Baptiste Duparc entra au noviciat des jésuites à Paris, le 28 septembre 1695. Auparavant, il avait fait trois ans de philosophie et un an de théologie. De 1697 à 1702, il enseigna successivement la grammaire, les humanités et la rhétorique au collège de Tours, puis, de 1702 à 1706, il étudia de nouveau la théologie au collège Louis-le-Grand à Paris.

En 1707, il s’embarqua pour la Nouvelle-France et vint résider au collège des jésuites à Québec où il enseigna la philosophie et la théologie jusqu’en 1715. Tout en étant professeur, le père Duparc prêchait à l’église du collège et se fit une réputation de prédicateur. Il ne sortait du collège que pour visiter les malades, les hôpitaux et les prisons. De plus, son zèle apostolique trouva une occasion unique de s’exercer auprès des Anglais, protestants pour la plupart, qui étaient prisonniers à Québec. Très tôt il s’appliqua à l’étude de leur langue ; il la maîtrisa si bien après quelques mois qu’il put, dès 1709, les inviter à des réunions hebdomadaires, puis quotidiennes. Il connut beaucoup de succès et les conversions au catholicisme furent nombreuses. « Presque tous se sont convertis », écrit le père Antoine Silvy* au général des jésuites à Rome, le 24 octobre 1710. En 1715, ses occupations de prédicateur, de confesseur à l’église des jésuites, de directeur de la congrégation des hommes et de ministre (assistant du supérieur) du collège de Québec l’obligèrent à abandonner son enseignement qui fut pris en charge par le père Louis-Bertrand Gérard. Depuis 1714, il était le confesseur de Mgr de Saint-Vallier [La Croix*]. Aurait-il aimé se consacrer aux missions chez les Indiens que sa santé ne le lui aurait pas permis. Toute sa carrière de prêtre, il la passa à Québec et à Montréal.

À partir de 1726, il assuma une responsabilité nouvelle, celle de supérieur des missions jésuites de la Nouvelle-France et de recteur du collège de Québec. Les problèmes ne manquaient pas : le champ des activités missionnaires grandissait à la mesure de l’empire français d’Amérique mais le nombre des missionnaires diminuait, car les missions d’Extrême-Orient, plus prometteuses, attiraient davantage les jeunes missionnaires. De plus, la mission des Abénaquis d’Acadie était menacée par les Anglais et, à l’intérieur de la colonie, l’estime traditionnelle dont jouissait les jésuites déclinait, en raison des querelles du jansénisme en Europe et des rites chinois, querelles qui se répercutaient jusqu’à Québec. La dispute à l’occasion des funérailles de Mgr de Saint-Vallier fut pour certains membres du clergé l’occasion de manifester leurs sentiments contre les jésuites : on en démit quelques-uns de leur charge de confesseur des religieuses dans la capitale ; on abolit la procession qui se faisait à l’église des jésuites depuis 68 ans, en hommage aux services rendus à l’Église canadienne par les pères de la compagnie. Au cours de cette querelle qui se prolongea durant huit mois entre les chanoines [V. Boullard*] et l’intendant Claude-Thomas Dupuy*, les jésuites s’efforcèrent de garder la paix.

En septembre 1732, le père Duparc reprit sa charge de confesseur et de prédicateur à l’église des jésuites, à Québec, puis, en 1733, il se rendit à Montréal où il exerça les mêmes fonctions. Revenu à Québec en 1741, Jean-Baptiste Duparc mourut subitement le 31 janvier 1742, alors qu’il terminait une prédication. Dans la lettre où il annonçait ce décès, le père Jean-Baptiste de Saint-Pé souligna la grande charité du défunt, son amour de la mortification, et aussi la régularité de sa vie religieuse, qu’il poussait jusqu’au scrupule et à la contention d’esprit.

Joseph Cossette

ASJCF, 579bis ; Fonds Rochemonteix, 4 018.— [Melançon], Liste des missionnaires jésuites.— Dubé, Claude-Thomas Dupuy, 235 ; l’auteur de cet ouvrage affirme que les jésuites de Montréal reprochèrent à leurs confrères de Québec de prendre parti dans la querelle entre le chapitre et l’intendant Dupuy, en 1728, et qu’un certain jésuite Cabrara leur aurait servi cette remontrance. Le nom de ce jésuite ne figure sur aucune liste de jésuites en Nouvelle-France.  [j. c.].— Rochemonteix, Les Jésuites et la N.-F. au XVIIIe siècle, I : 135–145, passim.— Henri Têtu, Notices biographiques : les évêques de Québec (Québec, 1889), 178s.

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Joseph Cossette, « DUPARC, JEAN-BAPTISTE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/duparc_jean_baptiste_3F.html.

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Auteur de l'article:   Joseph Cossette
Titre de l'article:   DUPARC, JEAN-BAPTISTE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1974
Année de la révision:   1974
Date de consultation:   23 septembre 2014