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EDWARDS, EDWARD, libraire, imprimeur, éditeur, fonctionnaire et officier de milice, né vers 1756 ; décédé le 1er septembre 1816 à Montréal.

En 1781, Edward Edwards devient libraire et agent à Montréal de William Brown*, imprimeur à Québec. Il participe aux revendications politiques en signant, en novembre 1784, la pétition des anciens et nouveaux sujets pour l’obtention d’une chambre d’assemblée. L’année suivante, il compte parmi les signataires de deux pétitions soutenant le lieutenant-gouverneur Henry Hamilton*. En juillet de la même année, Edwards, identifié comme « libraire et directeur de la presse », fait partie des créanciers de l’imprimeur Fleury Mesplet* qui lui doit la somme de £300. En1785 toujours, le gouverneur Haldimand lui aurait vraisemblablement demandé de surveiller le contenu du nouveau journal que Mesplet s’apprête à lancer, la Gazette de Montréal.

En février 1794, quand est mis à l’encan le matériel d’imprimerie qu’Edward William Gray louait à Mesplet, décédé le mois précédent, Edwards se porte acquéreur d’une presse à rouler, d’une autre à relier et d’une petite presse, ainsi que de papier et de caractères, le tout moyennant 1 802# 5s.

Le 16 juillet 1795, Edwards, qui avait ouvert un bureau rue Saint-Vincent, annonce son intention de poursuivre la publication de la Gazette de Montréal. La semaine précédente, Louis Roy*, imprimeur installé à Québec, avait lui aussi manifesté son désir d’assurer la relève de la Gazette de Montréal. Le journal d’Edwards paraît le 3 août, suivi de celui de Roy, 15 jours plus tard. Pendant plus d’un an, les deux hebdomadaires portant le même nom se font concurrence. Au début, Roy prend la vedette en mettant l’accent sur les affaires locales tandis qu’Edwards consacre plus d’espace aux nouvelles étrangères. Ce dernier, qui remplit la fonction de maître de poste depuis 1786, a facilement accès aux journaux étrangers et n’hésite pas à les reproduire. Parfois, il empêche la distribution de ces périodiques à son concurrent qui dénonce ouvertement cette tactique déloyale. En 1797, faute de moyens financiers, Roy doit céder son journal à son frère Joseph-Marie qui ne réussit pas à en assurer la viabilité. Le journal disparaît en novembre laissant ainsi le champ libre à Edwards.

Sous la direction d’Edwards, la Gazette de Montréal s’avère un simple journal d’information. Ses colonnes sont remplies de proclamations gouvernementales, d’avis publics, de ventes par le shérif, d’annonces et de renseignements sur la vie intellectuelle et commerciale. Avec un retard de plusieurs mois, Edwards fait paraître des textes tirés de journaux britanniques et américains. Soucieux d’éviter tout sujet de controverse, il ne publie que rarement des lettres de lecteurs.

Outre des formulaires, quelques calendriers, une chanson et un cahier d’exercices, Edwards a imprimé le traité Jay en 1795, un sermon de James Marmaduke Tunstall* trois ans plus tard, de même qu’un recueil de fables de l’écrivain anglais Robert Dodsley vers 1800. La mauvaise qualité d’impression de ces ouvrages, contrastant singulièrement avec le soin qu’avait apporté Mesplet à sa production, ou celui dont faisait preuve John Neilson*, de Québec, pourrait expliquer le fait qu’aucun ouvrage ne soit sorti de l’imprimerie d’Edwards à partir de 1801.

Dès 1805, Edwards commence à éprouver des difficultés. En mars, il publie dans son journal les toasts plutôt sarcastiques qu’avaient portés des marchands de Montréal lors d’un banquet présidé par Isaac Todd. La chambre d’Assemblée, réunie en février 1806, qualifie cet imprimé de faux, de scandaleux et de séditieux, et se prononce en faveur de l’arrestation de Todd et d’Edwards. Pour échapper à l’incarcération, les deux hommes s’enfuient, et l’affaire n’a pas de suite.

L’arrivée à Montréal de trois imprimeurs de métier en 1807 met un terme au monopole d’Edwards. D’un côté, Nahum Mower* lance le Canadian Courant and Montreal Advertiser en mai, tandis que les frères James* et Charles Brown font paraître la Gazette canadienne en juillet. Edwards n’est pas en mesure de soutenir la concurrence. De fait, sa santé s’est détériorée, l’obligeant même à démissionner de sa charge de maître de poste en octobre. Aussi, au début de 1808, endetté et malade, il vend la Gazette de Montréal aux frères Brown qui déclarent leur intention de rajeunir le journal.

Il semble qu’Edward Edwards se soit ensuite retiré des affaires. En 1813, il occupe encore le poste de capitaine de milice, fonction qu’il détient depuis 1800. Il meurt à Montréal le 1er septembre 1816.

John E. Hare

ANQ-M, CE1-63, 3 sept. 1813.— La Gazette de Québec, 20 juill. 1786, 16 juill. 1795, 8 oct. 1807, 16 sept. 1813.— Beaulieu et Hamelin, La presse québécoise, 1 : 5s., 12, 22.— Hare et Wallot, Les imprimés dans le B.-C., 293s., 352.— Tremaine, Biblio. of Canadian imprints, 162, 164, 424, 449, 498s., 524, 540, 575, 584, 623–629.— R. W. McLachlan, « Fleury Mesplet, the first printer at Montreal », SRC Mémoires, 2e sér., 12 (1906), sect. ii : 268, 300, 302.— Pierre Tousignant, « La Gazette de Montréal de 1791 à 1796 » (thèse de m.a., univ. de Montréal, 1960).— Wallot, Un Québec qui bougeait, 63–65.

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John E. Hare, « EDWARDS, EDWARD », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 5, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 25 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/edwards_edward_5F.html.

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Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1983
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