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FYFE, ROBERT ALEXANDER, pasteur baptiste et enseignant, né le 20 octobre 1816 dans la paroisse de Saint-Philippe, qui faisait alors partie de la seigneurie de Laprairie, dans le Bas-Canada, mort à Woodstock, Ont., le 4 septembre 1878.

Robert Alexander Fyfe était le fils d’émigrants écossais, originaires de Dundee, venus s’établir au Canada en 1809. Il fut élevé à la campagne, puis apprit le métier de cordonnier et travailla dans des exploitations forestières. Plus tard, alors qu’il n’avait pas encore 20 ans, sa famille alla s’établir à Laprairie même, où il fut employé comme commis dans un magasin. Le 27 avril 1835, il fut baptisé par le révérend John Gilmour* et entra dans l’Église baptiste de Laprairie. Peu de temps après, il décida de devenir pasteur baptiste.

Il avait reçu une instruction si rudimentaire qu’il lui fallut quatre ans de travail acharné pour pouvoir être admis dans une école de théologie. Il passa sa première année de formation à la Hamilton Literary and Theological Institution, à Hamilton, N.Y., et sa deuxième année au Montreal Baptist College. En juin 1837, il alla dans l’état du Massachusetts espérant entrer à la Newton Theological Institution, où on lui conseilla de poursuivre sa préparation, ce qu’il fit alors à la Manual Labor High School de Worcester, Mass. Malgré le mauvais état de sa santé et après avoir surmonté des difficultés financières, il entra à la Newton Institution en octobre 1839, y obtint un diplôme en 1842, et fut ordonné pasteur à l’église baptiste Brookline Massachusetts le 25 août 1842.

Fyfe revint immédiatement au Canada, où, les étés précédents, il avait travaillé comme élève pasteur avec le révérend Daniel McPhail, dans la vallée de l’Outaouais. Il alla à Perth, Canada-Ouest, où l’on avait ouvert une église le 31 octobre 1842 et, le 23 février 1843, il épousa Jane Thomson, fille d’un émigrant écossais de Laprairie.

Le même automne, le conseil de direction du Montreal Baptist College le persuada d’accepter le poste de principal de cette institution. Fyfe s’intéressait vivement à l’enseignement mais, à cette époque, il ne se sentait pas prêt à diriger ce collège de façon permanente, même si on lui en faisait l’offre. Lorsque, à l’automne de 1844, le collège eut un nouveau président en la personne de John Mockett Cramp*, Fyfe accepta la charge de pasteur que lui offrit l’église baptiste March Street (plus tard Bond Street, et par la suite, Jarvis Street), à Toronto ; il y travailla jusqu’en 1848 et obtint de remarquables résultats. Au cours de son séjour à Toronto, une nouvelle église fut érigée rue Bond.

Son premier fils était né en 1844 et le second naquit en juin 1845. Fyfe fut durement éprouvé lorsqu’en juin 1846 ils moururent tous les deux à 17 jours d’intervalle et lorsqu’un an plus tard, en juin 1847, sa femme mourut après une longe maladie. En septembre 1848, il épousa, au Massachusetts, Rebecca S. Kendall, de Brookline. Elle ne lui donna aucun enfant et lui survécut jusqu’en mai 1884.

Fyfe quitta Toronto, en octobre 1848, pour exercer la charge de pasteur à Perth. Après trois ans d’un ministère fructueux, il démissionna, car l’échec de ses tentatives en vue d’amener une coopération plus étroite entre les baptistes de l’ouest et de l’est de la province du Canada finit par le décourager. Les baptistes de la vallée de l’Outaouais et de Montréal étaient principalement des immigrants de Grande-Bretagne avec des traditions différentes de celles des baptistes de l’Ouest qui, pour une large part, étaient d’origine américaine. En matière de religion, le littéralisme de ces derniers créait des différends sur de nombreuses questions de doctrine ; les deux groupes étaient ainsi difficiles à concilier. En décembre 1851, Fyfe accepta de devenir pasteur de l’église; baptiste de Warren, dans le Rhode Island, et, en novembre 1853, il devint ministre de l’église First Baptist, à Milwaukee, dans le Wisconsin. Deux ans plus tard, il revint à Toronto, pour y exercer de nouveau le ministère dans l’église Bond Street.

L’Église baptiste avait tenté vainement de maintenir des écoles théologiques à Montréal (où le Baptist College avait dû fermer ses portes en 1849) et, plus tard, à Toronto. Devant ces échecs répétés, Fyfe préconisa la fondation d’une école pour garçons et filles qui dispenserait un enseignement littéraire au niveau supérieur, tout en incluant une formation théologique. Son projet fut accepté et Fyfe fut le premier directeur du Canadian Literary Institute de Woodstock, qui ouvrit ses portes en septembre 1860. Grâce à l’institut, il exerça une grande influence au sein de son Église. Après sa mort, la faculté de théologie fut transférée en 1881 à Toronto et devint le Toronto Baptist College. En 1887, le collège obtint une nouvelle constitution juridique et devint la McMaster University ; le Canadian Literary Institute, encore localisé à Woodstock, y fut rattaché et prit le nom de Woodstock College.

En 1859, Fyfe et un de ses amis avaient acheté le Christian Messenger, un journal baptiste publié à Brantford, dont il transféra le siège à Toronto et auquel il donna le nom de Canadian Baptist en 1860. Il en assuma la rédaction d’une manière très remarquable jusqu’en 1863, date à laquelle le révérend Hoyes Lloyd lui succéda. Fyfe se fit le défenseur des droits civiques et, dès le début de son ministère, il se soucia des questions d’intérêt public. Il était un auteur prolifique et un orateur convaincant. Doué d’un esprit solide et clair, il affronta publiquement la question des « réserves » du clergé, des presbytères dotés, de la sécularisation de King’s College, et, plus tard, celle de la réforme administrative de l’University of Toronto, bien qu’il fût lui-même membre du « sénat » de cette université.

De son temps, Fyfe fut le baptiste le plus éminent de l’Ontario et du Québec. Chrétien sincère et gentilhomme, il était respecté de tous quel que fût leur âge. À preuve qu’il fut un très bon pasteur et un excellent prédicateur, deux des quatre églises qu’il avait desservies le demandèrent une seconde fois. C’était un homme aux vues larges, intéressé par tout ce qui pouvait contribuer au développement de son Église. Quand il fut revenu au Canada, en 1855, il se dépensa plus que quiconque afin d’unir le groupe hétérogène des baptistes du Haut et du Bas-Canada. Il assuma la direction de différents conseils, comités et associations, prenant part à presque toutes les activités touchant l’organisation des églises baptistes. Il donna aussi de sages conseils aux petites églises rurales, fut un ami sincère et dévoué pour les missionnaires et un confident compréhensif des pasteurs qui traversaient des crises de découragement.

F. T. Rosser

The Baptist encyclopaedia [...], William Cathcart, édit. (Philadelphie, 1881).— J. E. Wells, Life and labors of Robert Alex. Fyfe, D.D. [...] (Toronto, s.d.).— John McLaurin, Robert Alexander Fyfe, McMaster University Monthly (Toronto), III (1893–1894) : 1–9.

Bibliographie générale

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F. T. Rosser, « FYFE, ROBERT ALEXANDER », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 21 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/fyfe_robert_alexander_10F.html.

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Auteur de l'article:   F. T. Rosser
Titre de l'article:   FYFE, ROBERT ALEXANDER
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1972
Année de la révision:   1972
Date de consultation:   21 octobre 2014