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GANDEACTEUA (Gandeacteüa, Gandeaktena, Gandeakteoua, Gandiaktua, Ganneaktena), baptisée Catherine, Ériée de la nation des Chats, responsable de la fondation de la mission Saint-François-Xavier à la Prairie-de-la-Magdelaine (déménagée depuis 1717 à Caughnawaga), morte, à la mission en 1673.

À l’automne de 1654, les Agniers rasèrent de fond en comble Gentaienton, un village des Chats, et, avant la fin de l’année, ils avaient anéanti ce peuple de souche iroquoise établi sur la rive sud du lac Érié. Gandeacteua et sa mère furent emmenées comme esclaves au village onneiout de Ganouaroharé. On raconte qu’elle y gagna bientôt le cœur de tous. Vers 1656, on la maria à un Huron chrétien iroquoisé, François-Xavier Tonsahoten.

C’est en 1667 qu’elle rencontra le père Jacques Bruyas*, jésuite, venu travailler dans sa bourgade. Elle lui enseigna l’iroquois et lui, en retour, les vérités de la foi. Gandeacteua l’aida à convertir une mourante. Peu de temps après, son mari l’emmenait en voyage à Montréal. Elle lui suggéra de pousser jusqu’à Québec. Là, à la fin de l’été de 1668, Mgr de Laval* la baptisa, ainsi qu’un petit groupe d’Onneiouts et d’Agniers. Lorsque les néophytes furent de retour à Montréal, le père Pierre Raffeix*, jésuite, les accueillit et les invita à hiverner chez lui à la Prairie-de-la-Magdelaine. Ainsi, les « nouveaux baptises sen retournerent l automne et sen furent debarquez a la prairie ou a succession de temps avec plusieurs autres ils ont fait un beau village [...] ils partirent ensuite pour aller a la chasse au commencement de 1 hyver ».

Au printemps de 1669, Catherine et les autres Indiennes semèrent du maïs. La récolte fut excellente. Cette année-là, trois autres cabanes iroquoises furent construites. La charité et le zèle de Catherine Gandeacteua attiraient de plus en plus les païens. En 1671, à sa grande satisfaction, plus de 20 familles iroquoises faisaient partie de la mission Saint-François-Xavier. Les néophytes décidèrent d’y rester définitivement. C’est cette même année que le jésuite Philippe Pierson, un Belge, fit connaître la Confrérie de la Sainte-Famille aux nouveaux convertis. Catherine y exerça une influence prépondérante et, encore de nos jours, la confrérie existe chez les Indiens de la mission.

Avant la fin de l’année 1673, le Grand Agnier [V. Togouiroui] conduisit une quarantaine des siens à la Prairie-de-la-Magdelaine. On pouvait maintenant y compter plus de 200 Indiens, représentant au moins 22 nations. Catherine Gandeacteua avait pratiquement terminé son œuvre. Cette femme d’une charité, d’une humilité, d’une ténacité et d’un tact extraordinaires, mourut après une courte maladie, le 6 novembre 1673. Tous, Français et Indiens, l’estimaient au point que, lors du déménagement du cimetière en 1689, 16 ans après sa mort, ils se querellèrent pour savoir où l’on garderait ses restes. Il fut enfin décidé qu’on les conserverait à la mission. De l’avis de ses contemporains, Gandeacteua, la fondatrice de Caughnawaga, était une sainte authentique.

Henri Béchard

Charlevoix, Histoire de la N.-F.— JJ (Laverdière et Casgrain).— JR (Thwaites), LXIII : 154–182 ; LXI : 194–208.— Positio super virtutibus servae Dei, Catharinae Tekakwitha (Rome, 1940).— The Positio on Katharine Tekakwitha.— Félix Martin, Relation des années 1673–1674 pour faire suite aux anciennes relations avec deux cartes géographiques (Paris, 1861).— E. J. Devine, Historie Caughnawaga [...] (Montréal, 1922).— Hunt, Wars of the Iroquois, 101 s.— Rochemonteix, Les Jésuites et la N.-F. au XVIIe siècle.

Bibliographie générale

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Henri Béchard, « GANDEACTEUA », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/gandeacteua_1F.html.

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Auteur de l'article:   Henri Béchard
Titre de l'article:   GANDEACTEUA
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1966
Année de la révision:   1966
Date de consultation:   23 septembre 2014