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GSCHWIND (Gschwindt, Schwindt), JOHN (Johann) FREDERICK (Friedrich) TRAUGOTT, officier dans l’armée et dans la milice, médecin, chirurgien et fonctionnaire, né vers 1748 à Oberdaubnitz, près de Meissen, Saxe (République démocratique allemande) ; le 3 août 1782, il épousa, probablement à Halifax, Anna Fletcher, et ils eurent au moins un enfant ; décédé le 2 septembre 1827 à Halifax.

On ne sait rien de la jeunesse de John Frederick Traugott Gschwind, mais il est possible qu’il ait reçu une certaine formation médicale. Au milieu des années 1770, il s’enrôla dans les troupes hessiennes qui allaient être envoyées en Amérique du Nord afin d’aider le gouvernement britannique à réprimer la révolte dans les colonies. Son unité, le régiment von Stein (rebaptisé von Seltz en 1778 et von Porbeck en 1783), fut rassemblée à Hersfeld, dans la Hesse (République fédérale d’Allemagne), et partit de là en mai 1776. Cinq mois plus tard, après leur passage à Brème puis à Portsmouth, en Angleterre, les troupes arrivèrent à New York et passèrent les deux années suivantes dans les environs. En octobre 1778, le régiment de Gschwind fut transféré à Halifax. Lui même est inscrit comme chirurgien dans la 3e compagnie de 1780 à 1782, mais il avait peut-être occupé ce poste auparavant. Quand son régiment repartit pour l’Europe, après la conclusion des traités de Versailles en 1783, Gschwind décida de rester.

En 1782, Gschwind avait épousé une veuve un peu plus jeune que lui, Anna Fletcher, et il ne fait pas de doute que c’est là une des raisons qui le poussèrent à demeurer en Nouvelle-Écosse. Sa femme allait mourir en 1805, à l’âge de 55 ans, et leur fille Anna épouserait un autre chirurgien militaire, Charles Alexander Simpson.

Gschwind réussit à se tailler une place dans la société néo-écossaise. En récompense de ses services en temps de guerre, le gouvernement provincial lui concéda un terrain de 500 acres en 1784 et un autre de 400 en 1788, tous deux situés dans le comté de Halifax ; la concession de 500 acres lui serait confisquée en 1820. À Halifax, Gschwind et sa famille habitaient une maison sise au coin des rues Duke et Grafton, et ils fréquentaient l’église St Paul. Gschwind maintenait aussi des liens étroits avec la communauté allemande et devint vice-président de la High German Society en 1789.

Pendant tout le temps qu’il vécut à Halifax, soit plus de 40 ans, Gschwind gagna sa vie comme médecin. On reconnut sa compétence en 1793 en lui confiant la tâche de chirurgien du 2nd Halifax Militia Regiment, avec le grade d’adjudant, et en l’élevant au poste de chirurgien et médecin général de la milice provinciale en 1796. Vers 1801, il fut nommé aide-chirurgien de la garnison, poste qu’il occupa pendant 15 ans. Ses obligations militaires lui laissèrent quand même le temps d’assumer des fonctions civiles. En 1799, il devint officier de santé, avec salaire, « dans et pour le port » et la ville de Halifax. Son premier devoir à ce titre consistait à prévenir la contagion ; il était notamment responsable de l’inspection des bateaux à leur arrivée et des décisions concernant la quarantaine.

On sait peu de chose de la vie de Gschwind durant les deux décennies suivantes. En 1818, on renouvela sa nomination au poste d’officier de santé. Au lieu d’un salaire, toutefois, il n’obtint que la promesse d’une compensation par la chambre d’Assemblée, pour services rendus. Cet arrangement s’avéra défavorable. Le travail lui-même était désagréable et assez dangereux pour un homme vieillissant qui devait ramer par tous les temps jusqu’aux bateaux et qui était exposé à contracter le typhus ou la variole. Les conditions de son nouveau contrat l’obligeaient en plus à payer de sa poche la location d’un bateau ainsi que le matériel de fumigation, et l’Assemblée se montra lente à le dédommager pour sa peine. Les nombreuses pétitions qu’il adressa à la chambre afin d’obtenir une juste compensation témoignent de ses déboires. Il tint bon jusqu’en 1825, mais les infirmités de son âge le forcèrent ensuite à donner sa démission.

Les états de service de John Frederick Traugott Gschwind en tant que chirurgien militaire ne sortent peut-être pas de l’ordinaire, mais sa carrière d’officier de santé, comme celle d’un autre médecin de Halifax, Matthias Francis Hoffmann*, montre les hésitations du gouvernement à s’engager dans le domaine de la santé publique considéré alors comme relevant avant tout du secteur privé. Et les difficultés auxquelles Gschwind fit face démontrent clairement que l’engagement du gouvernement dans ce domaine laissait à désirer. Toutefois, faisant honneur à l’éthique de sa profession, Gschwind agit manifestement du mieux qu’il put dans les circonstances. À ses funérailles, ce fut l’aumônier de l’évêque, le révérend Edward Wix*, qui prononça le sermon, ce qui prouve bien l’estime dans laquelle le tenaient ses concitoyens. Gschwind fut enterré dans le cimetière St Paul.

Udo Sautter

PANS, RG 1, 171 :51, 71 ; 172 : 47 ; 173 : 414–415 ; 232 : 29 ; RG 5, O , 41 ; Pp, 80 ; RG 20A, 43 ; RG 2,135.— PRO WO 17/1516 : 2v.—St Paul’s Anglican Church (Halifax), Reg. of burials, 1816–1954 : 63 (mfm aux PANS).— Acadian Recorder, 3 juin 1815, 8 sept. 1827.— Novascotian, or Colonial Herald, 6 sept. 1827.— Hessische Truppen im Amerikanischen Unabhängigkeitskrieg (HETRI-NA: Index nach Familiennamen, E. G. Franz et al., compil. (5volrg, République fédérale d’Allemagne, 1972–1976), 4.— Loyalists in N.S. (Gilroy).— D. A. Campbell, Pioneers of medicine in Nova Scotia (Halifax, 1905).— Max von Eelking, Die deutschen Hülfstruppen im Nordamerikanischen Befreiungskriege, 1776 bis 1783 (2 vol., Hanover, République fédérale d’Allemagne, 1863) ; disponible aussi dans une édition traduite abrégée en 1 vol., The German allied troops in the North American War of Independence, 17761783, J. G. Rosengarten, trad. et édit. (Albany, N. Y., 1893).— Ernst Kipping, Die Truppen von Hessen-Kassel im Amerikanischen Unabhângigkeitskrieg, 17761783 (Darmstadt, République fédérale d’Allemagne, [1965]).— E. J. Lowell, The Hessians and the other German auxiliaries of Great Britain in the revolutionary war (New York, 1884 ; réimpr., Port Washington, N.Y., 1965).— M. H. L. Grant, « Historical sketches of hospitals and alms houses in Halifax, Nova Scotia, 1749–1859 », Nova Scotia Medical Bull. (Halifax), 17 (1938) : 294–304, 491–512.

Bibliographie générale

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Udo Sautter, « GSCHWIND, JOHN FREDERICK TRAUGOTT », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 27 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/gschwind_john_frederick_traugott_6F.html.

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Auteur de l'article:   Udo Sautter
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1987
Année de la révision:   1987
Date de consultation:   27 août 2014