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HALL, GEORGE BENSON, officier de marine et de milice, fonctionnaire, homme politique, juge de paix et marchand, né en 1780 en Irlande ; le 1er février 1806, il épousa à Amherstburg, Haut-Canada, Angelica Fortier, et ils eurent quatre fils, dont George Benson Hall*, et une fille ; décédé le 9 janvier 1821 au même endroit.

Pendant les guerres de la Révolution française, George Benson Hall servit quatre ans dans la marine royale comme midshipman et, à l’occasion, comme sous-officier de navigation. Après le traité d’Amiens, conclu en 1802, il quitta la marine et s’engagea sur un navire marchand en qualité de second. Cette année-là, il fit un voyage à Québec, qui se termina abruptement ; son navire s’échoua alors qu’il naviguait dans le Saint-Laurent. En décembre 1802, il accepta l’offre du capitaine William Robe, adjoint au quartier-maître général, de servir comme second sur le yacht du gouvernement, le Toronto, qui sillonnait le lac Ontario. Une vacance se produisit dans la marine provinciale en avril 1804 par suite de la mort d’un officier, et Hall fut alors nommé lieutenant de vaisseau chargé du commandement du brick General Hunter en service sur le lac Érié. En octobre 1806, à la suite d’un autre décès, on lui confia le commandement du chaland Camden et, dès 1811, il était capitaine du Queen Charlotte.

La marine provinciale, qui était administrée par le bureau du quartier-maître général, avait pour mission d’assurer le transport des troupes aussi bien en temps de guerre qu’en temps de paix ; cependant, avec le temps, on songea de plus en plus à l’utiliser comme force de combat. Le Queen Charlotte avait donc été construit en 1809 avec l’intention de l’armer de canons et de caronades, le rendant ainsi apte à servir en temps de guerre. Toutefois, en temps de paix, les navires transportaient des marchandises, y compris des produits destinés au commerce, sur les lacs Supérieur, Huron et Michigan. Cette activité fournit à Hall l’occasion de nouer des liens avec des marchands locaux, notamment avec John Askin* et sa famille. Tandis que Hall apportait aux marchands un service essentiel, ces derniers pouvaient, en retour, lui fournir à l’occasion les approvisionnements dont il avait besoin.

Avant 1812, Hall était devenu progressivement un citoyen respecté à Amherstburg. Il y acheta une propriété qui comprenait un entrepôt utilisé par la marine provinciale. En février 1812, il obtint aussi six lots, ou 1 200 acres, dans le canton de Colchester, (cantons de Colchester North et de Colchester South) et dans celui d’Aldborough. Son avenir semblait donc assuré, surtout depuis qu’il était considéré comme l’officier le plus compétent de la marine provinciale sur le lac Érié, et peut-être de tout le service.

Cette année-là, le major général Isaac Brock*, qui prévoyait un conflit, ordonna qu’Alexander Grant*, commodore de la flotte des lacs Érié, Huron et Michigan, soit relevé de son poste ; en mars, Hall fut donc nommé pour lui succéder. Comme il était habituel dans la marine provinciale, le Queen Charlotte transportait des produits destinés au commerce, dont un chargement de drap très résistant expédié à un marchand de Philadelphie, lorsque la guerre éclata en juillet. En tant que commodore, Hall était responsable de la préparation de ses vaisseaux en vue des opérations militaires ; il devait notamment mettre en place les canons et les caronades à bord des différents navires et intégrer aux équipages les membres du Royal Newfoundland Regiment et du 41st Foot arrivés depuis peu.

Hall participa à son premier combat important en août 1812, lors de l’attaque contre Detroit ; Brock, qui lui avait alors confié la manœuvre des pièces d’artillerie, se montra satisfait de sa conduite au cours de cet engagement. On devait décerner à Hall une médaille à titre posthume pour la façon dont il s’était comporté à Detroit. Après la reddition de la ville, la marine provinciale aida à transporter les troupes britanniques à la frontière du Niagara et à leur fournir un appui. Avec la venue de l’hiver, Hall fut autorisé à se rendre à Québec afin d’organiser l’envoi, aux lacs Érié et Ontario, de marins, de charpentiers expérimentés et d’approvisionnements essentiels.

Comme il se trouvait à Québec, Hall ne put participer à l’engagement de Frenchtown (Monroe, Michigan) le 22 janvier 1813. C’est lui, cependant, qui commanda la marine provinciale lors de l’attaque du fort Meigs (près de Perrysburg, Ohio) en mai 1813, et sa conduite lui valut encore une fois l’approbation de ses supérieurs. Même après l’arrivée d’officiers chevronnés de la marine royale, et après qu’on eut confié au lieutenant de vaisseau Robert Heriot Barclay* la direction des opérations sur le lac Érié, Hall fut confirmé dans ses fonctions de commandant du Queen Charlotte par sir James Lucas Yeo*, qui commandait les forces navales sur les lacs du Canada. Toutefois, il aurait mieux valu que les autorités militaires nomment Hall à un poste dans l’administration, car dès son arrivée au lac Érié, le 9 juillet, Barclay prit le commandement du Queen Charlotte. Ne détenant aucun poste officiel, Hall se borna à attendre le départ de l’escadre avant de se rendre au chantier naval pour surveiller les travaux. Avant que Barclay ne confie un poste à Hall, il exigea que ce dernier reconnaisse que son rang serait inférieur à celui de tous les officiers de la marine royale. Hall, tout aussi conscient de l’importance du grade que Barclay, insista alors pour être reconnu junior commander ; il fut rayé des effectifs de la marine provinciale le 15 août 1813. Hall n’avait pas assez d’influence pour faire annuler son licenciement, mais il obtint rapidement le poste de surintendant du chantier naval et des magasins de la marine d’Amherstburg, avec la même solde et les mêmes allocations qu’il recevait à titre de commodore. En outre, le capitaine Noah Freer, secrétaire militaire, fit clairement savoir à Barclay qu’il n’avait aucune autorité pour annuler une nomination sanctionnée par le gouverneur sir George Prevost*.

Hall s’acquitta de ses fonctions jusqu’à ce qu’il soit contraint, à l’automne de 1813, de quitter Amherstburg avec sa famille, en même temps que les troupes britanniques [V. Henry Procter]. Il arriva à Kingston à la fin d’octobre avec d’autres employés du chantier naval d’Amherstburg ; peu après, on lui offrit le choix entre trois postes. Comme il recevait encore sa pleine solde, il préféra partir pour Québec, s’attendant probablement que certains de ses protecteurs, tel Freer, lui dénichent un poste important dans cette ville. En fait, il fut nommé garde-magasin de la marine à Montréal, le 24 décembre 1813. Cependant, il décida qu’étant donné « l’aide restreinte qui allait lui être accordée » il lui serait impossible de s’acquitter convenablement de ses fonctions ; en conséquence, sa nomination fut annulée le 24 janvier 1814.

Sans travail et sans revenu appréciable, George Benson Hall se trouva dans une situation financière critique. Il n’avait alors comme principales sources de revenus qu’une demi-solde, qui lui avait été accordée le 1er octobre 1814, et qu’une part de prise qu’on lui avait octroyée en 1815 pour avoir capturé des navires et saisi des marchandises en 1812. Après la fin des hostilités, Hall retourna à Amherstburg où il s’imposa rapidement comme le représentant accompli de l’élite locale. En faisant appel à ses relations d’avant-guerre, il se fit élire en 1816 à la chambre d’Assemblée et devint ainsi un des deux députés de la circonscription d’Essex. La même année, il fut nommé juge de paix et, le 21 septembre 1818, il reçut une commission de major dans le lst Régiment of Essex militia. Député jusqu’en 1820, Hall consacra beaucoup de son temps aux affaires d’Amherstburg et, entre autres, il essaya d’en faire le chef-lieu du comté à la place de Sandwich (Windsor). Il multiplia les démarches pour obtenir les services d’un.ministre anglican à Amherstburg et pour faire confirmer les titres de propriété des occupants de lots de ville. Mettant à profit l’expérience qu’il avait acquise comme garde-magasin de la marine, il fit le commerce d’articles de quincaillerie, de briques et de pierres de taille. Cependant, malgré les relations que Hall avait dans le monde de la politique, sa situation financière demeura précaire. En 1821, après sa mort, la Trésorerie accorda à sa femme une allocation annuelle de £25, mais elle continua à connaître des difficultés financières tout le reste de sa vie.

Kenneth G. Pryke

AO, Hiram Walker Hist. Museum coll., 20–107.— APC, RG 1, L3, 226A : H10/36 ; 228 : H11/66 ; 252 : H misc., 1797–1820/72 ; RG 8, I (C sér.), 76, 86, 678–679, 688A, 725, 729–731, 1202, 1220, 1224, 1726 ; RG 19, E5(a), 3728, claim 242.— John Askin papers (Quaife).— « List of vessels employed on British naval service on the Great Lakes, 1755–1875 », K. R. Macpherson, compil., OH, 55 (1963) : 173–179.— W. A. B. Douglas, « The anatomy of naval incompetence : the Provincial Marine in defence of Upper Canada before 1813 », OH, 71 (1979) : 3–25.— C. P. Stacey, « The ships of the British squadron on Lake Ontario, 1812–14 », CHR, 34 (1953) : 311–323.

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Kenneth G. Pryke, « HALL, GEORGE BENSON (1780-1821) », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 6, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/hall_george_benson_1780_1821_6F.html.

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Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1987
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