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HALLIBURTON, sir BRENTON, officier, avocat, juge et homme politique, baptisé le 27 décembre 1774 à Newport, Rhode Island, fils de John Halliburton et de Susannah Brenton ; le 19 septembre 1799, il épousa Margaret Inglis, et ils eurent quatre fils et cinq filles ; décédé le 16 juillet 1860 à Halifax.

Élevé dans une famille d’ecclésiastiques d’ascendance écossaise, le père de Brenton Halliburton servit sur une frégate britannique pendant la guerre de Sept Ans puis ouvrit un cabinet de médecin à Newport. Comme les Halliburton et les Brenton comptaient parmi les principales familles loyalistes de la ville, John Halliburton dut s’enfuir pendant la guerre d’Indépendance américaine, après que les rebelles eurent pris possession de Newport. Établi en 1782 à Halifax, où son beau-frère James Brenton* était juge suppléant à la Cour suprême, il devint chef du corps de santé de la marine royale et se relança dans la pratique privée. Lorsque Brenton eut une douzaine d’années, son père l’emmena rejoindre son frère aîné, John, qui étudiait en Écosse, mais il le plaça plutôt à l’école du révérend Shaw, à Enfield (Londres). Après la mort de son frère, en 1791, Brenton fut rappelé à Halifax, où il entreprit des études de droit au cabinet de son beau-frère, James Stewart, loyaliste originaire du Maryland.

Au début des hostilités contre la France, en 1793, Halliburton se joignit au Royal Nova Scotia Regiment, mais deux ans plus tard il fut muté comme lieutenant au 7e d’infanterie, régiment du prince Edward* Augustus, commandant des troupes de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick. Tandis qu’il commandait la redoute York, à l’entrée du port de Halifax, Halliburton reçut en public des remerciements du prince pour avoir tenté de secourir une partie de l’équipage d’une frégate naufragée, la Tribune. En 1798, il fut affecté à une compagnie du 81e d’infanterie, mais le prince Edward Augustus le rappela dans le 7e d’infanterie. L’année suivante, il épousa l’une des filles de Charles Inglis*, évêque anglican de la Nouvelle-Écosse. Une fois marié, et convaincu que le traité d’Amiens signé en 1802 mettait fin aux hostilités contre la France, Halliburton décida de retourner au droit. Il reprit ses études auprès de James Stewart, qui était devenu solliciteur général ; il fut reçu attorney le 12 juillet 1803 et barrister le même jour. Il commença sa carrière comme assistant dans le cabinet privé de Stewart ; la plupart de ses premières causes, à la Cour de la vice-amirauté, portaient sur le transport maritime.

Grâce à sa position au sein de l’élite sociale de Halifax, la famille Halliburton put contribuer à l’avancement du jeune homme. Le 10 janvier 1807, après la mort de son oncle, le juge James Brenton, Halliburton fut nommé juge puîné à la Cour suprême par le lieutenant-gouverneur, sir John Wentworth*, ce qui, croyait-il, serait moins dommageable pour sa santé que d’être confiné dans un bureau. « Je [...] rentrai chez moi, nota-t-il après son assermentation, et me prosternai devant le Tout-Puissant pour le remercier de cette manifestation de bonté envers moi. » Le juge en chef, Sampson Salter Blowers*, était heureux de sa nomination car les autres juges puînés n’avaient pas reçu de formation juridique. En 1819, le lieutenant-gouverneur lord Dalhousie [Ramsay*] décrivit Halliburton comme un juge « hautement respecté dans la vie publique et privée, un sujet loyal et un homme de bonne moralité [qui se] distingu[ait] particulièrement par une grande facilité de conversation et par le rire bruyant et vulgaire dont il ponctu[ait] chaque mot ». Quant à Peter Lynch, avocat de Halifax et historien, il devait écrire en 1887 que Halliburton « n’avait pas une connaissance très étendue du droit mais [que], comme son vin, elle était de la meilleure qualité ».

Régulièrement, la Cour suprême faisait des tournées dans toute la province pour juger des causes diverses : dettes, violations de propriété, vols, voies de fait, tentatives d’assassinat à coups de poignard, viols, meurtres, incendies criminels et naufrages provoqués en vue de toucher une prime d’assurance. Selon l’un de ses confrères, le juge Peleg Wiswall, Halliburton était en tournée « un compagnon très agréable ». Un spectateur venu assister à une audience à Windsor le décrivait comme « un petit homme délicat au teint clair ». Jovial et sociable (il aimait les grands dîners et les branles écossais), il n’appréciait cependant pas les pénibles déplacements que les tournées à l’île du Cap-Breton rendaient nécessaires. En 1825, il écrivait : « Je ne souhaite nullement me rendre plus souvent dans cette île que mon devoir ne le commande – des quatre tournées que la Cour suprême y a faites, j’en ai accompli trois et, au cours des sept dernières années, je n’ai emprunté qu’une fois le circuit facile qui mène à l’ouest, même si mes affaires privées m’obligeaient chaque année à visiter cette partie du pays une fois que j’étais revenu de l’est. » Pourtant il reconnaissait que, en effectuant ces tournées aussi souvent que possible, il pourrait plus tard, comme il l’avoua à Peleg Wiswall en 1833, « demeurer plus tranquillement à la maison quand [il] estimerai[t] nécessaire de le faire ».

Après plusieurs années dans la magistrature, Halliburton fut nommé au Conseil de la Nouvelle-Écosse par le lieutenant-gouverneur, sir John Coape Sherbrooke* ; sa nomination entra en vigueur le 20 juin 1815 et il commença à occuper son siège le 26 octobre. Cette nomination renforça sa position au centre d’un family compact naissant. De 1816 à 1837, il assista fidèlement aux réunions du conseil. Il était souvent appelé avec d’autres à tenir des conférences conjointes avec la chambre d’Assemblée, durant les sessions ; en outre, il fut membre de comités qui s’occupaient de questions juridiques, de routes et de ponts, de pêche et d’éducation. Après la mort d’Inglis, en février 1816, Halliburton maintint les positions modérées de son beau-père sur les questions religieuses, s’opposant ainsi aux conseillers extrémistes comme le procureur général Richard John Uniacke*. En 1816, Thomas McCulloch* et Edward Mortimer* s’adressèrent à lui afin qu’il les aide à obtenir une loi pour la constitution juridique d’une maison d’éducation presbytérienne à Pictou. Halliburton répondit : « étant [moi-même] un homme pratiquant et aussi fortement attaché à [mon] Église qu’eux à la leur, [je] ne participer[ail à l’adoption d’aucune mesure qui créerait un centre commun autour duquel tous les non-conformistes pourraient se rallier, mais, en tant que membre du corps législatif d’une contrée où les non-conformistes forment une si grande partie de la population, [je promets d’appuyer] leur tentative d’établir un séminaire pour l’éducation de leurs jeunes ». Le projet de loi, qui fut adopté cette année-là avec un amendement proposé par Halliburton, permettait aussi bien aux anglicans qu’aux presbytériens de devenir administrateurs et instituteurs dans cette maison d’enseignement. À l’instar des autres conseillers modérés, l’arpenteur général Charles Morris*, James Stewart et Simon Bradstreet Robie, Halliburton soutint la Pictou Academy jusqu’en 1827. Les quatre modérés avaient des attaches solides à l’extérieur de la capitale et détenaient des postes qui les rendaient particulièrement sensibles aux intérêts de la province. En février 1827 cependant, Halliburton retira son appui à la Pictou Academy : des querelles ouvertes s’étaient déclarées entre McCulloch, premier directeur de l’institution, et l’évêque John Inglis*, beau-frère de Halliburton, et, en tant qu’Église établie, l’Église d’Écosse s’opposait aussi bien à la maison d’enseignement qu’au scissionniste McCulloch. Soit parce qu’il considérait le Conseil de la Nouvelle-Écosse dans une perspective provinciale ou parce qu’il était fondamentalement d’inclination tory, Halliburton rédigea en 1828 un pamphlet anonyme contre Thomas Chandler Haliburton*, qui avait durement qualifié les membres du conseil de « vieilles rentières » dont la plupart « pens[aient] que le monde entier [était] contenu dans les étroites limites de Halifax ».

Jusqu’à la fin des années 1820, Halliburton avait approuvé l’ambition du procureur général Uniacke de succéder à Sampson Salter Blowers comme juge en chef. Mais, tandis qu’Uniacke « abandonnait petit à petit les travaux du barreau et approchait du déclin de la vie », Halliburton informa le procureur général qu’il lui était venu « presque graduellement à l’esprit qu’[il] devai[t] [lui-même] avoir droit au poste ». En 1829, à 54 ans, il était le plus jeune à siéger tout en étant depuis longtemps le plus ancien juge puîné. De plus, comme ses sœurs avaient obtenu le droit à des sommes provenant de la succession de leur père qu’il avait utilisées pour une nouvelle maison, il connaissait une crise financière qui le rendait probablement plus désireux encore de gagner les émoluments du juge en chef, plus importants que les siens. Dans des mémoires adressés au ministère des Colonies, il prétendit avoir été recommandé par quatre lieutenants-gouverneurs successifs : Sherbrooke, Dalhousie, sir James Kempt et sir Peregrine Maitland. En 1832, soulignant qu’il avait exercé sans rémunération supplémentaire les fonctions de juge en chef pour Blowers, il précisait : « [celui-ci] était un homme âgé quand j’ai été nommé, il n’a jamais fait de tournées depuis ma nomination et, comme son âge avancé l’empêche depuis longtemps d’assister aux audiences, je les préside depuis dix ans ».

La course au poste de juge en chef devait se poursuivre pendant les féroces élections de 1830 qui portèrent sur la querelle du Brandy. Ces élections avaient surtout été rendues nécessaires par le désaccord qui opposait l’Assemblée et le Conseil de la Nouvelle-Écosse au sujet du contrôle des taxes [V. Enos Collins*]. Mais la rivalité croissante entre Halliburton et le solliciteur général Samuel George William Archibald* au sujet du poste de juge en chef et leurs différends constitutionnels au conseil à propos des recettes gouvernementales constituaient aussi des facteurs importants. D’après un manifeste publié par le conseil en 1828 mais rédigé par Halliburton, le conseil avait légalement le droit de rejeter les projets de loi de finances. En janvier 1831, Maitland intervint dans la lutte entre Halliburton et Archibald en envoyant le premier en Angleterre, officiellement pour s’opposer à la réduction des droits impériaux sur le bois étranger importé par la Grande-Bretagne. Même s’il y traiterait d’autres questions d’intérêt provincial, comme l’appui à un projet de loi de la province pour la constitution juridique des congrégations non conformistes, bien des gens, dont le juge Lewis Morris Wilkins*, reconnurent clairement dans ce voyage « une bonne occasion » pour Halliburton « de faire jouer ses intérêts afin d’obtenir la réversion de la nomination du juge en chef ». Selon Wilkins, « Halliburton [était] fort et vif, et [était] peut-être puissant, mais tous [devraient] le moment venu s’incliner devant le meilleur candidat ». « Je souhaite, poursuivait-il, qu’Archibald l’emporte ; c’est un homme doux et raffiné [qui] ferait un chef agréable, et ses compétences juridiques sont assez égales, sinon supérieures, à celles de l’autre, en qui coule je crois un peu de sang tyrannique. » En raison du voyage de Halliburton, Archibald dut organiser son propre lobby en Angleterre. Comme Halliburton prolongeait son séjour pendant des mois, refusant de rentrer avant qu’Archibald ne le fasse aussi, son absence aux audiences devint un sujet d’inquiétude : « [Il] nous manque beaucoup », écrivait William Blowers Bliss*, avocat de Halifax et député à la chambre d’Assemblée, à son frère Henry*, « [nous] avons besoin de lui au tribunal, qui est rempli d’ignorance et de préjugés et s’en va au diable. » En décembre, Halliburton était rentré à Halifax.

Pendant son absence, Halliburton changea apparemment d’avis sur les modifications constitutionnelles, peut-être à cause du Reform Bill de lord John Russell et d’au moins une entrevue avec lord Goderich, secrétaire d’État aux Colonies. En 1830, répondant au lieutenant-gouverneur Maitland qui le consultait sur un élargissement du conseil, Halliburton avait recommandé, à la manière d’un radical, la formation d’un Conseil législatif distinct et une augmentation des sièges de l’Assemblée. Par ailleurs, écrivant de Londres en mars 1831 à Simon Bradstreet Robie au sujet de la représentation populaire, et particulièrement d’un Conseil législatif élu, il notait : « il y a peu de risques dans le moment que des mesures néfastes pour la Nouvelle-Écosse soient adoptées à la hâte. Je crois qu’ils nous laisseront comme nous sommes ou qu’ils ne feront que des changements mineurs. » En tant que tory convaincu qui avait connu les effets des révolutions américaine et française, Halliburton se méfiait de la démocratie.

Le 4 décembre 1832, lord Goderich annonça que, après la mise à la retraite de Blowers, le juge en chef serait Halliburton, « qui exer[çait] depuis nombre d’années les principales fonctions du poste ». Sa nomination, datée du 13 janvier 1833, fut annoncée au conseil le mois suivant par l’administrateur de la province, Thomas Nickleson Jeffery*. L’influent Novascotian, dirigé par Joseph Howe*, leader du nouveau mouvement réformiste de la Nouvelle-Écosse, rapporta une « grande diversité d’opinions sur l’à-propos de [ce] choix ». Parlant des tribunaux, il reprocha à Halliburton de permettre aux avocats « de discuter de questions depuis longtemps résolues, de se perdre en palabres et [...] de passer des jours entiers à discuter de cas qui [auraient dû] être réglés en quelques minutes ».

Une fois devenu juge en chef, Halliburton se trouva directement mêlé au débat de plus en plus important sur l’indépendance du pouvoir judiciaire. En 1830, lord Goderich avait ordonné à Maitland de ne plus admettre de juges puînés au conseil, répondant ainsi au souhait grandissant de l’Assemblée d’exclure les juges des corps politiques. Quand Halliburton fut nommé juge en chef, trois ans plus tard, le Novascotian avança que ce poste « aurait dû être pourvu [...] en Angleterre par un parfait étranger aux partis et disputes politiques de la province, un homme formé dans les tribunaux supérieurs ». De plus, évidemment par réaction à la position de Halliburton au sein du family compact, le journal condamna ses activités partisanes. Cependant, dans sa réponse à une adresse de l’Assemblée, le conseil affirma que la présence du juge en chef parmi ses membres était compatible avec la pratique britannique. Il n’en demeure pas moins qu’en 1837 le gouvernement britannique décida qu’aucun juge de la Nouvelle-Écosse, y compris le juge en chef, ne devrait siéger au conseil une fois que celui-ci serait restructuré. Lorsque Halliburton se retira officiellement, le 23 décembre 1837, les membres du conseil lui présentèrent une adresse de félicitations.

Une autre affaire devait avoir des conséquences pour Halliburton dans les années 1830 – le débat sur le transfert des revenus imprévus à l’Assemblée en échange d’une liste civile permanente – puisque ce transfert supposait l’abolition des droits judiciaires, qui avaient traditionnellement assuré un supplément de revenu appréciable au juge en chef. En 1839, le ministère des Colonies ordonna au lieutenant-gouverneur de verser des salaires fixes aux juges et d’abolir leurs droits. Halliburton accepta ce changement même si, en raison de la perte financière qui en résultait, il eut probablement encore plus de mal à subvenir aux besoins de sa nombreuse famille et à conserver son rang social à Halifax.

Halliburton possédait deux propriétés dans cette ville ainsi que des terres de valeur à Pictou et dans la vallée d’Annapolis. Pendant son ascension comme avocat et juge, il avait pris part à nombre d’organisations sociales et religieuses de Halifax, notamment la Hand-in-Hand Fire Company, le Turf Club et la Provincial Agricultural Society. Anglican bien en vue, il était un membre dévoué de la Church Society du diocèse, de la Bible Society et de la Sabbath Alliance, et il fut commissaire de la Halifax Grammar School et administrateur de la National School et de la Royal Acadian Society [V. Walter Bromley*]. En 1833, à la demande du sous-secrétaire d’État aux Colonies, Robert William Hay, il aida à recueillir des fonds en Nouvelle-Écosse afin d’acheter la résidence écossaise de sir Walter Scott pour ses héritiers.

Halliburton avait dû quitter le Conseil de la Nouvelle-Écosse en 1837, mais il poursuivit ses activités de juge en chef. Il occupa ce poste pendant 27 ans, soit de 1833 jusqu’à sa mort. Ce n’est qu’en 1853 que des registres et documents de la Cour suprême furent rassemblés et mis en forme par James Thomson, et encore il ne s’agissait que de ceux qui couvraient la période de 1834 à 1841, de sorte que les archives relatives à ses années d’activité sont incomplètes. Les causes qu’il entendit pendant ces années portaient notamment sur des violations de propriété et des introductions par effraction, sur des manquements à honorer des billets à ordre et sur des bris de promesse de mariage, et exigeaient souvent qu’il tranche en s’appuyant sur les règles de la preuve, sur des polices d’assurance maritime et sur des titres fonciers. Même si Halliburton présida le procès en diffamation de Joseph Howe en 1835 et émit l’opinion que celui-ci était coupable, Howe devait le décrire en 1851 comme un « excellent juge ». D’après la notice nécrologique parue dans l’Acadian de Digby, Halliburton « étudiait le droit avec sérieux et minutie […], se familiarisait parfaitement avec tout nouveau bon traité de droit et il était au courant de l’amélioration des pratiques des tribunaux anglais ainsi que de leurs décisions successives ». À l’occasion, il citait aussi la jurisprudence américaine. Ainsi, en 1851, lors du procès opposant le locataire de Lawson et al. à Whitman, il introduisit dans le droit néo-écossais la notion américaine de possession foncière établie par déduction. Les défendeurs s’appuyaient sur des autorités américaines pour accorder pendant 20 ans à un squatter non seulement le droit aux terres qu’il occupait, mais aussi le droit à toutes celles décrites dans les titres en vertu desquels il revendiquait la propriété des terres, que celles-ci soient occupées ou non par lui. Halliburton observa : « La situation des terres dans la province ressemble tellement plus à celle des terres des Etats-Unis qu’à celle des vieilles terres cultivées de la mère patrie qu’il peut fréquemment être avantageux pour nous d’étudier les décisions que leurs tribunaux ont prises sur des questions de cette nature. »

Pendant sa carrière de juge en chef, Halliburton exerça diverses fonctions judiciaires connexes. En 1851, l’Assemblée le nomma à une commission chargée d’étudier l’abolition possible de la Cour de la chancellerie. En partie parce qu’ils mirent trop de temps à étudier la réforme de la chancellerie en Angleterre, les commissaires ne parvinrent pas à s’entendre avant la fin de leur mandat et soumirent, en mars 1852, des rapports individuels, puis, au début de l’année suivante, des commentaires supplémentaires sur la législation britannique. Charles James Townshend*, l’un des juges de la Cour suprême de la province, écrivit plus tard que les vues de Halliburton reflétaient une longue expérience et une solide connaissance de toute la question et étaient exprimées en un langage clair et vigoureux. Halliburton signalait que, si elle était abolie, la Cour de la chancellerie devrait être instituée de nouveau ; elle le fut en effet en 1864 sous le nom de Cour d’équité et sous la présidence du juge James William Johnston*.

La vieillesse et l’infirmité empêchèrent Brenton Halliburton de faire des tournées pendant les années 1850, mais il siégea à Halifax jusqu’en janvier 1859. Cette année-là, la reine Victoria le fit chevalier. Une cécité progressive lui causait sans doute des difficultés mais il prenait pour acquis, même dans sa 85e année, qu’il demeurerait juge en chef jusqu’à sa mort. Il mourut le 16 juillet 1860 après une longue maladie qui l’avait réduit « aux proportions d’un enfant », et c’est l’évêque Hibbert Binney* qui, trois jours plus tard, célébra les funérailles. William Young* succéda à Halliburton comme juge en chef.

Phyllis R. Blakeley

De son vivant, sir Brenton Halliburton publia anonymement un certain nombre de pamphlets, notamment Observations upon the importance of the North American colonies to Great Britain, by an old inhabitant of British America (Halifax, [1825]), dont une autre édition intitulée Observations on the importance of the North American colonies [...] fut publiée à Londres en 1831 ; Report of Mr. Bull’s jury, ex-officio, on the late conduct of his servants, in a certain public establishment ([Halifax], 1829), dont une copie est disponible aux PANS ; et Reflections on passing events ; written prior to the termination of the late war with Russia, by an octogenarian (Halifax, 1856). Ce dernier fait partie d’une collection de trois ouvrages publiés après sa mort en deux éditions privées : la première, John Bull and his calves (written previous to the Canadian rebellion; Addressed to Louisa Collins, who died at Margaretville, 16th of Oct., 1834, aged 1 year and 5 months ; Reflections on passing events, parut en appendice à la notice biographique de G. W. Hill*, Memoir of Sir Brenton Halliburton, lace chief justice of the province of Nova Scotia (Halifax, 1864), et la seconde, John Bull and his calves ; Address to a mother, on the death of a young child ; and Reflections on passing events, fut publiée à part. Aucune des deux éditions de John Bull ne porte une date ou un lieu de publication, mais elles furent aussi fort probablement publiées à Halifax en 1864. Memoir de Hill parut aussi en deux éditions, sauf que l’une comprend le pamphlet John Bull en appendice paginé séparément, tandis que l’autre ne le contient pas. De plus, certains des écrits de Halliburton paraissent dans Memoir, dont une réédition de Observations on the importance of the North American colonies, 121–143, et un essai satirique, « Critical state of the Bull family », 143–157.

Un portrait en pied de Halliburton, exécuté à l’huile en 1820 par Albert Gallatin Hoit, orne la salle d’audience de la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse à Halifax.

Halifax County Court of Probate (Halifax), Estate papers, n° 926 (mfm aux PANS).— Newport Hist. Soc. (Newport, R.I.), Trinity Church, reg. of baptisms, 27 déc. 1774.— PANS, MG 1, 226, nos 31–32, 37, 40, 42, 44, 48–49 ; 334 ; 805, n° 10 : 24 ; 979–980 ; 1490, n° 3 ; 1596, 1598–1599 ; RG 1, 173 : 402 ; 293, doc. 110 ; 304, n° 91 ; RG 5, A, 15, 16 déc. 1808 ; P, 69, 1828, 1830 ; RG 8, 1, n° 2 ; RG 39, J, 14–16, 39, 120, 122, 131 ; M, 45.— PRO, CO 217/149 : 168–177 ; 217/153 : 471–472 ; 217/154 : 397–401.— Joseph Howe, The speeches and public letters of Joseph Howe [...], J. A. Chisholm, édit. (2 vol., Halifax, 1909).— Letters and papers of Hon. Enos Collins, introd. de C. B. Fergusson, édit. (Halifax, 1959), 14–16, 23–34.— N.-É., Supreme Court, Law reports : containing decisions [...] between 1834 and 1841 (Halifax, 1853).— PANS, Report of the Board of Trustees (Halifax), 1955 : 18.— Ramsay, Dalhousie journals (Whitelaw), 1 : 54, 66, 104–105, 111, 166–171, 188–189, 191–195.— Acadian (Digby, N.-É.), 24 juill. 1860 (copie aux PANS, MG 1, 334, n° 98).— Acadian Recorder, 24 juin 1826, 20 févr. 1830.— British Colonist (Halifax), 17 juill. 1860.— Colonial Patriot (Pictou, N.-É.), 20 août 1833.— Liverpool Transcript (Liverpool, N.-É.), 9 juin 1859.— Novascotian, 13 juill. 1826, 14–15 avril 1830, 7, 21 févr., 4 mars 1833, 10 janv. 1848.— Beck, Government of N.S.— Brian Cuthbertson, The old attorney general : a biography of Richard John Uniacke (Halifax, [1980]).— Judith Fingard, The Anglican design in loyalist Nova Scotia, 1783–1816 (Londres, 1972).— S. W. Spavold, « Nova Scotia under the administration of Sir Colin Campbell » (thèse de m.a., Dalhousie Univ., Halifax, 1953).— The Supreme Court of Nova Scotia and its judges, 1754–1978 (s.l.n.d.).— C. J. Townshend, « Historical account of the courts of judicature in Nova Scotia », History of the Court of Chancery in Nova Scotia (Toronto, 1900), 3–60.— A. W. H. Eaton, « Bishop Charles Inglis and his descendants », Acadiensis (Saint-Jean, N.-B.), 8 (1908) : 191–194 ; « Correction », 335.— Peter Lynch, « Early reminiscences of Halifax – men who have passed from us », N.S. Hist. Soc., Coll., 16 (1912) : 196–197.— Norah Story, « The church and state « party » in Nova Scotia, 1749–1851 », N.S. Hist. Soc., Coll., 27 (1947) : 33–57.

Bibliographie générale

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Phyllis R. Blakeley, « HALLIBURTON, sir BRENTON », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 20 nov. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/halliburton_brenton_8F.html.

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Auteur de l'article:   Phyllis R. Blakeley
Titre de l'article:   HALLIBURTON, sir BRENTON
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1985
Année de la révision:   1985
Date de consultation:   20 novembre 2014