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HARTLEY, GEORGE ADKIN, ministre de l’Église baptiste Free Christian, né le 14 octobre 1831 à Mouth of Keswick, Nouveau-Brunswick, fils de Valentine Adkin Hartley, forgeron, et de Charlotte Foster ; le 18 mars 1854, il épousa à Woodstock, Nouveau-Brunswick, Emeline Estabrooks (décédée en 1855), puis le 12 juillet 1858, dans la paroisse de Brighton, Nouveau-Brunswick, Jael Ann Hayden (décédée en 1868), et enfin, le 2 décembre 1869, à Saint-Jean, Nouveau-Brunswick, Catherine Anna Clark ; trois garçons et deux filles lui survécurent ; décédé le 15 février 1903 à Saint-Jean.

Pendant ses 45 années de ministère en milieu urbain, George Adkin Hartley fit beaucoup pour éloigner les baptistes Free Christian du Nouveau-Brunswick de la tradition antiformaliste de Henry Alline* et pour les ramener dans le grand courant du protestantisme évangélique. Ses grands-parents paternels avaient embrassé la doctrine d’Alline sous l’influence d’Edward Manning*, mais, au début du xixe siècle, les Hartley délaissèrent le baptisme New Light pour le baptisme calviniste. C’est ainsi que George Adkin Hartley s’intégra à l’église baptiste de Woodstock en 1844. Toutefois, dès 1850, comme ses sentiments religieux avaient changé, il s’allia aux baptistes Free Christian, la secte anticalviniste et antihiérarchique la plus fidèle à la tradition ecclésiologique d’Alline. Sans tarder, il se mit à prêcher dans les camps de bûcherons situés dans le voisinage de Woodstock, tout en continuant d’exercer à cet endroit son métier d’imprimeur. Il fut ordonné six ans plus tard.

Dès l’abord, Hartley montra qu’il ne suivrait pas la tradition des ministres baptistes Free Christian. Jusque bien après le milieu du xixe siècle, la plupart des prédicateurs de la secte restèrent tellement fidèles au dédain professé par Alline pour les manifestations extérieures de la foi qu’ils résistèrent à l’instruction des ministres, au pastorat sédentaire, aux écoles du dimanche, aux sociétés missionnaires et autres attributs des institutions ecclésiastiques. Par contre, Hartley prit l’initiative d’atténuer le message d’Alline afin de gagner une population de plus en plus semi-urbaine et instruite. En 1850, il fonda une école du dimanche à Woodstock. En juillet 1858, il accepta une charge de ministre à Saint-Jean, en marge de la zone rurale où étaient concentrés les baptistes Free Christian. De 1858 à 1861, il publia un journal avec Ezekiel McLeod*, un de ses confrères pasteurs de Saint-Jean, le Religious Intelligencer. Tout comme McLeod, Hartley demeurait un évangélique convaincu, mais, parce qu’il œuvrait dans la ville, il estimait, contrairement à Alline, que les convertis avaient besoin d’une secte structurée et d’un pasteur stable. Une conférence datée de 1886 et intitulée « How to make our churches more efficient » révèle bien la nature de ses préoccupations. Il convertit notamment des jeunes gens promis à de hautes fonctions, par exemple deux futurs juges de la Cour suprême du Nouveau-Brunswick, James Alfred VanWart et sir Ezekiel McLeod, et un futur ministre fédéral des Finances, George Eulas Foster*, ce qui démontre bien qu’il sut allier évangélisme et respectabilité. On mesure à quel point la secte des baptistes Free Christian s’était institutionnalisée au fil de son long ministère quand on sait que ses deux fils qui devinrent ministres du culte avaient fait des études collégiales et que, au moment de sa mort, il avait une fille qui se préparait, au collège, à être missionnaire à l’étranger. Lui-même avait accepté un doctorat honorifique en théologie d’un collège religieux du Maine en 1898.

D. G. Bell

G. A. Hartley est l’auteur de Immortality versus annihilation (Saint-Jean, N.-B., 1867), texte qui attaquait de façon fort peu originale l’enseignement des adventistes selon lequel les méchants seraient anéantis plutôt que punis éternellement. [D. G. B.]

Carleton Sentinel (Woodstock, N.-B.), 25 mars 1854, 12 mai 1855, 17 juill. 1858, 25 janv. 1862.— Daily Telegraph (Saint-Jean), 16 févr. 1903.— W. O. Raymond, « George Adkin Hartley, and his descendants », Dispatch (Woodstock), 24 juin 1896 (comprend une notice autobiographique de G. A. Hartley).— St. John Daily Sun (Saint-Jean), 16 févr. 1903.— Saint John Globe (Saint-Jean), 8 févr. 1886.— D. G. Bell, « The Allinite tradition and the New Brunswick Free Christian Baptists, 18301875 », An abiding conviction : Maritime Baptists and their world, R. S. Wilson, édit. (Saint-Jean, 1988), 55–82.— Free Christian Baptists of New Brunswick, General Conference, Extracts from the minutes, 18501854, par la suite Minutes, 18551897, et Free Baptists of New Brunswick, General Conference, Minutes, 18981903 (différents lieux de publication au Nouveau-Brunswick).— General catalogue of Bates College and Cobb Divinity School, 1864–1930, Mabel Eaton, édit. (Lewiston, Maine, 1931).— The Newlight Baptist journals of James Manning and James Innis, D. G. Bell, édit. (Saint-Jean, 1984).— E. M. Saunders, History of the Baptists of the Maritime provinces (Halifax, 1902).

Bibliographie générale

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D. G. Bell, « HARTLEY, GEORGE ADKIN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 31 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/hartley_george_adkin_13F.html.

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Auteur de l'article:   D. G. Bell
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1994
Année de la révision:   1994
Date de consultation:   31 octobre 2014