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HERTEL DE ROUVILLE, JEAN-BAPTISTE-MELCHIOR, officier dans l’armée et dans la milice, fonctionnaire, seigneur et homme politique, né le 21 octobre 1748 à Trois-Rivières (Québec), fils de René-Ovide Hertel* de Rouville et de Louise-Catherine André* de Leigne ; décédé le 30 novembre 1817 à Chambly, Bas-Canada.

En 1760, Jean-Baptiste-Melchior Hertel de Rouville entre dans le régiment du Languedoc en qualité d’enseigne. Peu après la Conquête, il passe en France avec son régiment. En décembre 1764, il s’embarque pour la Corse où il participe à la guerre menée contre le patriote Pascal Paoli. Il revient en France en décembre 1770, et dans la province de Québec, deux ans plus tard. Partisan du nouveau régime, à l’instar de son père, Rouville n’hésite pas à défendre la couronne britannique lors de l’invasion du Canada par les troupes américaines [V. Benedict Arnold ; Richard Montgomery*]. À l’automne de 1775, il prend part à la défense du fort Saint-Jean, sur le Richelieu. Fait prisonnier, il passe 20 mois de captivité dans les colonies américaines. De retour dans la province, il obtient une commission de capitaine ; en 1783, il se retire avec la demi-solde.

La même année, Rouville obtient une commission de juge de paix pour le district de Montréal. L’année suivante, le 8 mai, il épouse à Chambly Marie-Anne Hervieux, fille de Jean-Baptiste Hervieux, négociant montréalais. Le contrat de mariage reconnaît la communauté des biens, accorde à l’épouse un douaire de 6 000 shillings et un propre de 31 000 shillings. Rouville, propriétaire d’une demi-lieue dans la seigneurie de Chambly, obtient de son père une avance d’hoirie comprenant une demi-lieue à Chambly avec un moulin à farine et il acquiert, par échange, une autre demi-lieue au même endroit.

En 1787, Rouville est nommé membre de la commission des biens des jésuites [V. Kenelm Chandler] et, à l’instar de ses collègues canadiens [V. Gabriel-Elzéar Taschereau], il se montre défavorable aux prétentions de la couronne. Conservateur, Rouville s’oppose à la réforme constitutionnelle envisagée par la bourgeoisie marchande de la colonie qui présente une pétition au roi en ce sens en 1788. L’année suivante, Rouville s’établit à Chambly, où il obtient une commission de colonel de milice en 1790.

Au décès de son père, en 1792, Rouville reçoit par droit d’aînesse la moitié de la seigneurie de Rouville et une partie de celle de Chambly. La même année, il se présente aux premières élections à la chambre d’Assemblée du Bas-Canada. Élu, il représente la circonscription de Bedford du 10 juillet 1792 au 31 mai 1796. En chambre, il appuie le parti canadien, notamment dans le choix de Jean-Antoine Panet comme président. Sa loyauté envers la couronne britannique lui vaut sans doute sa nomination au Conseil législatif en 1812. Cette année-là, il reçoit aussi le commandement du 2e bataillon de milice de Chambly. En 1813, il est nommé juge de paix des districts de Québec, de Montréal et de Trois-Rivières.

Jean-Baptiste-Melchior Hertel de Rouville meurt à Chambly le 30 novembre 1817 et il est inhumé dans l’église paroissiale le 3 décembre suivant. On le décrivit alors comme « un de ces hommes si uniformément honorables, équitables et probes ». Par testament, il avait légué la seigneurie de Rouville, dont il avait acquis l’autre moitié en 1797, et sa part de la seigneurie de Chambly à son fils Jean-Baptiste-René*. Sa fille, Marie-Anne-Julie, épouse de Charles-Michel d’Irumberry* de Salaberry, avait reçu 48 000# et un arrière-fief de 4 704 arpents de superficie dans la seigneurie de Chambly. Les enfants prirent possession de leur héritage au décès de leur mère, le 25 janvier 1819.

Céline Cyr

ANQ-M, CE1-39, 3 déc. 1817 ; CN1-43, 24 sept. 1814 ; CN1-290, 8 mai 1784.— ANQ-MBF, CE1-48, 21 oct. 1748.— AUM, P 58, U, Hertel de Rouville à Baby, 30 mars 1780, 7, 26 janv., 7 févr. 1798, 26 janv. 1802 ; Hertel de Rouville à Guay, 29 sept. 1817 ; Hertel de Rouville à Perrault l’aîné, 2 août 1771, 8 janv., 13 juin 1782, 7 juill., 11 août 1788 ; Hertel de Rouville à Sullivan, 8 sept. 1814.— « Papiers d’État », APC Rapport, 1890 : 305s.— La Gazette de Québec, 1er avril 1813, 11 déc. 1817.— F.-J. Audet, « Les législateurs du B.-C. ».— Desjardins, Guide parl., 124. P.-G. Roy, Inv. concessions, 2 : 199 ; 4 : 64, 77s.— Wallace, Macmillan dict. Armand Cardinal, Histoire de Saint-Hilaire ; les seigneurs de Rouville (Montréal, 1980).— F.-J. Audet et Édouard Fabre Surveyer, « Jean-Baptiste-Melchior Hertel de Rouville », La Presse, 1er oct. 1927 : 53.— Hare, « L’Assemblée législative du B.-C. », RHAF, 27 : 361–395.

Bibliographie générale

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Céline Cyr, « HERTEL DE ROUVILLE, JEAN-BAPTISTE-MELCHIOR », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 2 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/hertel_de_rouville_jean_baptiste_melchior_5F.html.

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Auteur de l'article:   Céline Cyr
Titre de l'article:   HERTEL DE ROUVILLE, JEAN-BAPTISTE-MELCHIOR
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1983
Année de la révision:   1983
Date de consultation:   2 septembre 2014