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HILL, CHARLES, homme d’affaires, homme politique, juge et juge de paix, né vers 1748 à Londonderry (Irlande du Nord), fils de Robert Hill ; il épousa une prénommée Rébecca (Cochran ?), et ils eurent quatre enfants, puis le 18 janvier 1800, à Halifax, Isabella Allan, et de ce mariage naquit un enfant ; décédé le 16 août 1825 dans la même ville.

Robert, Charles et Patrick Hill comptaient probablement parmi les 300 personnes natives de l’Ulster qu’Alexander McNutt* amena de Londonderry à Halifax à l’automne de 1761. Les trois frères s’installèrent par la suite à Upper Economy, dans le district de Colchester, où chacun d’eux reçut un lot de 500 acres le 24 mars 1768. Charles Hill était de retour à Halifax dès 1776, où son jeune neveu Robert le rejoignit. Hill s’associa probablement dès ses débuts dans les affaires à Thomas et à William Cochran, tous deux marchands de Halifax. Et c’est peut-être à cause de ces deux frères que Hill vint à Halifax la première fois. (On ne connaît pas véritablement l’identité de sa première femme, et son appartenance à la famille Cochran n’est qu’hypothétique.) En septembre 1778, Hill et Temple Stanyan Piers, père de Temple Foster*, s’associèrent comme encanteurs. Cette collaboration dura jusqu’à la mort prématurée de Piers en juillet 1786, après quoi Hill continua seul.

En 1790, Hill était déjà reconnu comme l’un des quatre grands encanteurs de la ville. Dans « sa salle des ventes » ou ailleurs, Hill vendait des maisons, des lots de terrain, des marchandises diverses, et même des esclaves noirs. Toutefois, avec l’éclatement de la guerre entre la Grande-Bretagne et la France en 1793, les bateaux capturés par les navires de guerre britanniques et les navires corsaires commencèrent à représenter une bonne part de ses transactions. La Cour de vice-amirauté autorisait certains encanteurs à s’occuper des prises, et ils recevaient peut-être un pourcentage fixe sur les profits ainsi réalisés. Quoi qu’il en soit, Hill devint certes un homme riche ; il fut plus tard connu comme l’encanteur qui vendit le plus grand nombre de prises condamnées sur le continent. À partir de 1790 environ, Hill exerça parallèlement l’activité de prêteur. Probablement à la même époque, il était engagé dans le commerce lucratif des Antilles, mais cette entreprise était accessoire pour lui. En 1798, sa notoriété lui valut de faire partie du conseil d’administration de la Shubenacadie Canal Company [V. Isaac Hildrith*] qui ne vit d’ailleurs jamais le jour, et de la Fire Insurance Association of Halifax en 1809. Cette dernière devint la Halifax Fire Insurance Company en 1819 et Hill y occupa le poste de président de 1820 à 1822.

À la longue, la réussite de Hill dans le monde des affaires le mena à la politique. Il représenta le canton d’Amherst à la chambre d’Assemblée de 1786 à 1793 mais, comme Richard John Uniacke père, Charles Morris et d’autres membres de l’oligarchie à prédominance irlandaise qui s’était formée durant les années 1770, il ne se présenta pas en 1793. Hill resta à l’écart de la scène politique pendant presque toute la période où s’exerça la suprématie des loyalistes sous le gouvernement du lieutenant-gouverneur sir John Wentworth*. Mais, contrairement à son ami Uniacke, Hill se réconcilia avec Wentworth qui reconnut son influence et son importance en le nommant au Conseil de la Nouvelle-Écosse en 1807. Hill conserva ce poste jusqu’à sa mort. En 1809, il fut nommé d’office au poste de juge de la Cour de vice-amirauté durant la session spéciale qu’elle tint pour le procès d’Edward Jordan qui était accusé de piraterie. Hill détint aussi diverses commissions de moindre importance, dont quatre comme juge de paix.

Hill avait pris son neveu Robert comme associé, et, en 1808, le seul fils qui lui restait, Charles Samuel, devint lui aussi un associé de la firme qui, dès lors, prit le nom de Charles and Robert Hill and Company. Robert mourut en 1812 et Charles Samuel en 1816. Quelques années plus tard, soit en 1822, la firme, connue alors sous le nom de Charles Hill and Company, avait fait faillite. À cette époque, Hill s’était beaucoup retiré des affaires et c’est Charles John Hill, le fils de Robert, qui en avait repris la direction. Mais il connut de sérieuses difficultés financières qui se soldèrent par son emprisonnement pour dettes impayées.

Outre ses activités dans le monde des affaires et de la politique, Hill joua un rôle de premier plan dans la Charitable Irish Society, dont il avait été membre fondateur en 1786. Il y occupa le poste de trésorier de 1786 à 1799, celui de président en 1799 et de 1801 à 1803, et celui de secrétaire en 1820 et 1821 ; il forma avec Uniacke un comité chargé de réviser la constitution de la société. À un certain moment, Hill fit aussi partie du Rockingham Club, association gastronomique qui avait été fondée par Wentworth dans les années 1790 et ranimée durant le mandat du lieutenant-gouverneur lord Dalhousie [Ramsay*].

L’hôtel particulier de Hill, situé rue Hollis et orné d’une fenêtre palladienne remarquable, subsista jusqu’en 1960. C’était apparemment le théâtre de maints divertissements extravagants, au cours desquels Uniacke aurait, dit-on, porté une épinette sur ses épaules. Les liens qui unissaient les familles Hill et Uniacke se resserrèrent encore en 1821 par le mariage de Richard John Uniacke fils avec la seule fille que Hill avait encore à l’époque, Mary Ann. À la mort de Hill, l’Acadian Recorder publia une longue notice nécrologique qui soulignait notamment que peu de personnes avaient joui comme Hill de « la considération et de l’estime du public » ; on y louait son « caractère honorable, sincère et généreux ». Cet hommage reflétait le respect qu’il inspirait non seulement à la presse plus libérale mais aussi à la société dans laquelle il avait réussi et qu’il avait si longtemps servie, tant dans le monde des affaires qu’au sein du gouvernement. Hill fut inhumé au cimetière St Paul où sa tombe existe encore.

Le testament de Charles Hill se distingue par l’importance de la succession qui s’élevait à plus de £113 000. Elle consistait surtout en hypothèques sur des propriétés de la région, en effets de commerce provenant de marchands et de commerçants haligoniens, et en actions britanniques et américaines. En outre, la nature et la variété des legs de Hill sont deux autres éléments marquants. Non seulement il établit des fidéicommis pour chacun des petits-enfants de son neveu décédé, Robert, mais il laissa aussi des fonds à chacune des principales confessions de Halifax. En matière de religion, il semble avoir eu à la fois un grand cœur et des idées larges, attitude assez rare chez les Haligoniens de son époque ou des temps qui suivirent.

J. B. Cahill

Halifax County Court of Probate (Halifax), Estate papers, H110 (Charles Hill) (mfm aux PANS).— PANS, MG 1, 469C ; MG 3, 154 ; 164–165 ; MG 4, 46–47A ; MG 20, 65 ; RG 39, C, 1817, box 130, Hill, Charles, notes.— St Paul’s Anglican Church (Halifax), Reg. of baptisms, marriages, and burials (mfm aux PANS).— Acadian Recorder, 20 août 1825.— Directory of N.S. MLAs.— A. W. H. Eaton, Families of Eaton-Sutherland, Layton-Hill (New York, 1899), 15–16.— Akins, Hist. of Halifax City.— Marion Moore, « Hollis Street building once elegant residence », Mail-Star (Halifax), 24 oct. 1960 : 3.

Bibliographie générale

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J. B. Cahill, « HILL, CHARLES », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/hill_charles_6F.html.

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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1987
Année de la révision:   1987
Date de consultation:   22 juillet 2014