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HOLMAN, JAMES HENRY, peintre, né le 29 novembre 1824 à Londres, ou peut-être à Plymouth Dock (Plymouth, Angleterre), fils aîné de Samuel Holman et de Mary Ann Gover (Grover) ; décédé le 27 mars 1891 à Boston.

Incapable de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille, Samuel Holman avait décidé en 1827 de quitter l’Angleterre, qui subissait alors une récession économique. Il avait immigré à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, où son frère James, marchand prospère de l’endroit, l’avait persuadé de venir s’installer et lui avait offert son soutien financier. C’est là que, l’année suivante, sa femme et ses enfants l’avaient rejoint. Il s’était établi comme peintre en bâtiments, peintre d’enseignes et ornemaniste. Son entreprise était vite devenue assez florissante : il avait alors construit une maison dans le district commercial de la ville, qui connaissait une expansion rapide, et avait enseigné son métier à ses fils. Parmi les premières pièces décoratives que l’on connaisse de James Henry, on compte une fresque qu’il peignit avec son père, au palais de justice, vers la fin des années 1840, ainsi que des bannières de cérémonie destinées à la fraternité franc-maçonnique de Saint-Jean, qui furent présentées en 1859 et malheureusement détruites dans l’incendie du 20 juin 1877.

Au début des années 1850, James Henry Holman, à l’encontre des souhaits de son père, décida d’apprendre l’art du portrait. On raconte dans la famille qu’il transforma en atelier la mansarde mal éclairée de la maison et chercha à perfectionner sa technique en captant les traits du modèle pendant que celui-ci tenait une lampe. Son premier portrait connu, celui du vice-amiral William Fitz William Owen*, fut présenté à l’Amateur Artists’ Exhibition de Saint-Jean en 1856. Le portrait grandeur nature du prince de Galles, venu à Saint-Jean en 1860, lui valut beaucoup de succès. Certains des concitoyens de Holman apprécièrent tellement ce portrait qu’ils demandèrent à la province de l’acquérir pour la chambre d’Assemblée ; si la province n’en voulait pas, la ville devrait l’acheter pour la salle du conseil municipal. On ne sait pas ce qu’il advint par la suite de ce tableau, mais il est possible qu’il ait été détruit, avec d’autres, dans le grand incendie de 1877. L’œuvre la plus originale que Holman ait peinte est le résultat d’une commande terminée en 1866 : un portrait de l’ancien président du European and North American Railway, Robert Jardine, peint sur une plaque de métal que l’on fixa ensuite sur une locomotive à laquelle on donna son nom.

Bon nombre de portraits de Holman, sinon la plupart, sont peints à l’huile par-dessus des images photographiées. Si l’on en juge par l’accueil qu’avait reçu le portrait du prince de Galles, ses contemporains n’avaient aucune objection à ce que l’artiste emploie un tel procédé dans le but de faire plus ressemblant. Entre 1865 et 1880, Holman peignit le portrait de divers parents et amis et de maints citoyens éminents de Saint-Jean. Il n’avait cependant pas tout à fait abandonné la peinture décorative et, au milieu des années 1870, il travailla à la production de bannières de cérémonie pour divers chapitres de la loge d’Orange, qui se livraient une concurrence cordiale afin de préparer les insignes les plus soignés et les plus coûteux.

Au cours de sa carrière, Holman fut au service de quelques-uns des photographes qui tenaient studio à Saint-Jean entre 1860 et 1877 : Bowron and Cox (George J. Bowron et Thomas W. Cox), James R. Woodburn, Woodburn and McClure (James R. Woodburn et James McClure), et James McClure and Company, pour qui il faisait de la peinture sur photographie. Sa réussite, il la devait au fait que le public souhaitait obtenir des portraits fidèles, dans des couleurs naturelles. Comme, à l’époque, la photographie ne permettait pas de le faire, on avait besoin d’artistes habiles pour colorier les portraits photographiés. Grâce à son talent, Holman put produire certains des meilleurs spécimens du genre.

Après l’incendie de 1877, qui détruisit la plupart des studios de photographie de Saint-Jean, Holman se désintéressa apparemment de la photographie et commença peut-être à peindre d’après nature. Il exposa aussi des œuvres qu’il avait copiées de gravures européennes. Cependant, incapable de prospérer dans la ville en pleine reconstruction, il quitta Saint-Jean en 1880 ou 1881. Comme toute sa famille s’était établie au Massachusetts dans les années 1860, il partit pour Boston, où son frère Horatio avait travaillé comme peintre de fresques jusqu’à sa mort, en 1874. Holman accompagna probablement son ancien employeur James McClure, qui quitta Saint-Jean en même temps que lui. Il est possible qu’à Boston il ait pu travailler comme peintre dans l’une des filiales de l’empire du photographe William Notman, peut-être au studio que gérait le frère cadet de ce dernier, James Notman, qui avait déjà tenu un studio de photographie à Saint-Jean et qui connaissait vraisemblablement le talent de Holman.

C’est à peu près tout ce que l’on sait de la carrière de James Henry Holman. Alcoolique, souffrant d’un cancer de l’intestin, il mourut célibataire et sans enfants, à Boston, en 1891.

Peter J. Larocque

Une grande partie de l’œuvre connue de James Henry Holman, y compris un autoportrait, se trouve dans la collection du Musée du N.-B., Dept. of Fine and Décorative Arts ; d’autres articles appartiennent à des particuliers.

La Church of Jesus Christ of Latter-Day Saints, Geneal. Soc., International geneal. index (Salt Lake City, Utah) indique que Holman a été baptisé le 18 déc. 1825 à Marylebone, Londres ; son lieu de naissance n’est pas donné.

Musée du N.-B., Dept. of Fine and Décorative Arts, J. H. Holman, artist’s file ; Holman Exhibition file, 1959.— Stewart, Story of the great fire.— Daily Telegraph (Saint-Jean, N.-B.), 16 sept. 1872, 11 sept., 5 oct. 1875, 10, 26 avril 1876, 18 sept. 1879, 30 janv. 1880.— Morning News (Saint-Jean), 15 oct. 1856, 14 août, 27, 30 sept., 9 oct. 1861.— Canada directory, 1871.— Harper, Early painters and engravers.— N.B. directory, 1865–1866.— The St. John and Fredericton business directory, 1862 [...] (Saint-Jean, 1862).— Saint John directory, 1863–1864 ; 1869–1881.— W. F. Bunting, History of St. John’s Lodge, F. & A.M. of Saint John, New Brunswick [...] (Saint-Jean, 1895).— D. E. Holman, The Holmans in America [...] (New York, 1909).— [G. B. MacBeath], Exhibition of portraits by James Henry Holman, 1821–1891 (catalogue d’exposition, Musée du N.-B., Dept. of Fine and Decorative Arts, [Saint-Jean, 1959]).

Bibliographie générale

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Peter J. Larocque, « HOLMAN, JAMES HENRY », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 16 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/holman_james_henry_12F.html.

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Auteur de l'article:   Peter J. Larocque
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1990
Année de la révision:   1990
Date de consultation:   16 avril 2014