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HOPE, ADAM, marchand et homme politique, né le 8 janvier 1813 à West Fenton, paroisse de Dirleton (région de Lothian, Écosse), fils de Robert Hope et de Christian Bogue ; en 1840, à St Thomas, Haut-Canada, il épousa Hannah White (1821–1916), et ils eurent trois fils et une fille qui vécurent au-delà de l’enfance ; décédé le 7 août 1882 à Hamilton, Ontario.

Adam Hope venait d’une famille d’agriculteurs écossais renommée : Fenton Barns, la ferme de son père, était réputée pour l’agriculture progressive qu’on y pratiquait, et son frère aîné, George, se fit connaître par ses écrits sur les questions agricoles, s’opposa aux Corn Laws et défendit les droits des locataires. Adam Hope, quant à lui, fit une carrière dans le commerce. Après des études à la Dirleton Parish School et à Édimbourg, il passa six années dans une maison de commerce à Leith. Arrivé dans le Haut-Canada en 1834, il se trouva rapidement un emploi à Hamilton, dans la firme Young and Weir [V. John Young*], entreprise de « marchandises sèches », d’articles d’épicerie et de quincaillerie. Trois ans plus tard, à l’instar d’un grand nombre de jeunes commis ambitieux de cette époque, il se mit à son compte et ouvrit son propre « magasin général » à St Thomas. Hope dirigea cette entreprise en association avec Thomas Hodge ; il jouit de l’appui de Young et, après 1840, de la nouvelle firme de celui-ci, la Buchanan, Harris and Company [V. Isaac Buchanan].

Avec l’approbation de cette dernière, Hope résolut de dissoudre son entreprise de St Thomas en 1845 et il se rendit à London où il s’associa avec John Birrell* ; celui-ci dirigeait un magasin général qui prit alors le nom de Hope, Birrell and Company. Les deux hommes utilisèrent à plein leur marge de crédit et devinrent les plus gros clients de la Buchanan, Harris and Company et les principaux « marchands généraux » de London. Or, ils laissèrent grossir leur compte à tel point que les propriétaires de la firme de Hamilton, notammant Peter Buchanan* et Robert William Harris*, décidèrent de convertir ce crédit en un intérêt majoritaire dans l’entreprise de Hope et d’utiliser celle-ci comme base de l’expansion de leur commerce de gros dans la région de plus en plus prospère de London. L’association de Hope avec Birrell fut dissoute en 1851 ; celui-ci garda le commerce au détail des marchandises sèches, tandis que Hope ouvrait à London le premier établissement spécialisé dans le commerce de gros, où il vendit des marchandises sèches et des articles d’épicerie et de quincaillerie (ce dernier rayon, dirigé par son frère cadet, Charles James, offrait également des articles au détail). La maison Adam Hope and Company se fit rapidement une nombreuse clientèle dans les petites localités situées au nord et à l’ouest de London, et, en 1856, Hope estimait à £10 000 la valeur nette de son capital investi dans l’affaire. Comme la plupart des entreprises du Haut-Canada, cette maison subit des pertes pendant la dépression de 1857, mais Hope se révéla un administrateur avisé : il passa un grand nombre de mauvaises créances par profits et pertes, battit la campagne à la recherche de nouveaux clients et surveilla de très près ses coûts et ses marges de profit.

En 1865, fort de l’appui que la Buchanan, Harris and Company n’avait cessé de lui fournir, Hope avait réussi à placer son entreprise de London en excellente situation. Cependant, Isaac Buchanan, dont la firme de Hamilton, contrairement à l’entreprise de Hope, ne s’était pas remise de la crise économique, offrit à celui-ci de s’associer aux entreprises qu’il dirigeait à Hamilton et à Glasgow ; il allait confier à Hope la tâche d’accomplir au sein de la compagnie de Hamilton le travail que celui-ci avait mené à bien depuis 1857 à London. Hope ne voulut pas rater cette chance d’entrer dans une entreprise qui était depuis longtemps la plus vaste maison de commerce en gros du Haut-Canada. C’est seulement après avoir liquidé la plus grande partie de ses affaires à London, s’être associé à la Buchanan, Hope and Company de Hamilton et à la Peter Buchanan and Company de Glasgow, et avoir transféré à Hamilton le rayon de vente de quincaillerie au détail, que Hope se rendit compte qu’il s’était laissé tromper par l’optimisme en affaires dont Isaac Buchanan était coutumier, et aussi par sa propre ambition. Malgré tous ses efforts, il ne put éviter la faillite ; celle-ci frappa la Buchanan, Hope and Company en 1867, provoquant de violentes disputes entre les associés. Pour empêcher que ce désastre n’atteigne l’Adam Hope and Company (l’entreprise de quincaillerie était partiellement autonome au regard de la loi), Hope, son frère Charles et Robert Wemyss – celui-ci avait été, à Glasgow, l’associé d’Isaac Buchanan et de Hope – furent obligés de régler avec la Buchanan, Hope and Company une dette au montant de $95 000, et les comptes de la Peter Buchanan and Company dont l’Adam Hope and Company s’était portée garante ; ces comptes, atteignant presque £35 000 (cours d’Angleterre), étaient dus en grande partie à l’Union Bank of Scotland. L’Adam Hope and Company ne pouvait plus compter que sur le modeste capital de Charles Hope, sur une clientèle régulière dans l’ouest de l’Ontario et sur la confiance qu’un autre créancier, la maison Henry Rogers, Sons and Company (négociants en quincaillerie de Wolverhampton, en Angleterre), accordait largement aux frères Hope depuis que leurs opérations commerciales étaient distinctes de celles d’Isaac Buchanan.

Fait digne de mention, les Hope et Wemyss payèrent toutes leurs dettes bien que, par la suite, les frères Hope se soient séparés de cet associé. La chance les favorisa, car c’est dans le domaine de la ferronnerie et de la quincaillerie que la ville de Hamilton allait bientôt connaître son plus grand essor commercial ; il faut néanmoins admettre que la relance de leurs affaires fut un remarquable succès. À Toronto, en 1868, ils établirent une filiale qu’ils durent toutefois fermer en 1871 ; celle qu’ils ouvrirent à Montréal, en 1868 également, l’A. and C. J. Hope and Company, eut un meilleur sort. Quand il mourut, Hope laissait à son frère et à ses fils une firme de ferronnerie et de quincaillerie prospère.

Adam Hope partageait les vues libérales et la foi unitarienne de sa famille. Après avoir servi dans les St Thomas Volunteers, en qualité de simple soldat, durant la rébellion du Haut-Canada en 1837, il devint un personnage influent au sein du parti réformiste qui s’implantait dans l’ouest du Haut-Canada, mais il ne brigua jamais les suffrages. Après avoir participé durant presque toute sa vie à l’activité de ce parti à London et à Hamilton, il reçut une récompense bien méritée lorsqu’il fut nommé au sénat en 1877. Il y défendit les vues du parti libéral en se prononçant principalement sur les questions commerciales. Il dénonça avec une vigueur particulière la Politique nationale ; il demeura toujours partisan du libre-échange, même durant la longue période où il fut lié à Isaac Buchanan, ardent protectionniste, par des liens d’association et de dépendance.

En dépit du fait que sa carrière fut interrompue par des changements de résidence et une faillite, Hope joua un rôle important dans les milieux d’affaires de London et de Hamilton. Président de la City of London Building Society durant l’existence entière de cet organisme, il occupa durant une brève période le même poste, avant de quitter London en 1865, à la tête d’une société fondée depuis peu, la Huron and Erie Savings and Loan Society, qui allait devenir l’une des principales maisons d’affaires de l’ouest de l’Ontario. En 1857, il devint le premier président du Board of Trade de London. Il participa, en 1872, à la fondation de la Hamilton Provident and Loan Society, établissement de prêts hypothécaires et d’épargne qui, en mettant à contribution des capitaux britanniques, devint rapidement l’une des plus vastes parmi les quelque 50 sociétés de ce genre alors établies en Ontario ; premier président de cette société, il conserva ce poste jusqu’à sa mort. En 1874, il siégea au conseil d’administration de la Banque canadienne de commerce ; il y demeura également jusqu’à son décès et en fut le vice-président de 1876 à 1879.

Venu au Canada seul et sans argent, Hope connut le succès grâce à son travail assidu, à son talent et à son honnêteté. Sa vie se révéla une nette affirmation des valeurs libérales en lesquelles il croyait si fermement.

Douglas McCalla

APC, MG 24, D16.— HPL, Adam Hope letters, 1834–1837 (copie dactylographiée) ; Hamilton biog., Adam Hope ; Hope family.— Canada, Sénat, Debates, 1877–1882.— The Canadian Bank of Commerce : charter and annual reports, 1867–1907 (2 vol., Toronto, 1907), I.— Evening Times (Hamilton, Ontario), 8 août 1882.— Globe, 9, 11 août 1882.— Monetary Times, 1868–1882.— CPC, 1880.— Hamilton directory, 1868–1869 ; 1871–1873.— DNB (entrée à George Hope).— Dominion annual register, 1882 : 346.— Railton’s directory for the city of London, C. W. [...] 1856–1857 (London, Ontario, 1856).— History of the county of Middlesex, Canada [...] (Toronto et London, 1889 ; réimpr. avec introd. par D. J. Brock, Belleville, Ontario, 1972).— P. D. W. McCalla, « The Buchanan businesses, 1834–1872 : a study in the organization and development of Canadian trade » (thèse de d.phil., Univ. of Oxford, 1972).

Bibliographie générale

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Douglas McCalla, « HOPE, ADAM », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 27 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/hope_adam_11F.html.

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Auteur de l'article:   Douglas McCalla
Titre de l'article:   HOPE, ADAM
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1982
Année de la révision:   1982
Date de consultation:   27 août 2014