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HURLBURT, THOMAS, missionnaire méthodiste, linguiste et philologue, né le 3 mars 1808 dans le canton d’Augusta, Haut-Canada, quatrième fils de Heman Hurlburt et de Hannah Mosier qui eurent 16 enfants ; épousa en 1832 Betsy Almira, fille aînée du révérend Ezra Adams ; décédé le 14 avril 1873 à Little Current, Ont.

Fermier prospère, Heman Hurlburt dota chacun de ses enfants d’une solide instruction ; cinq de ses onze fils devinrent pasteurs méthodistes. On ignore où Thomas fit ses études et il ne semble pas avoir fréquenté l’université. Durant ses 45 années de vie missionnaire au service de l’Église épiscopale méthodiste d’abord puis de l’Église méthodiste wesleyenne, Hurlburt vécut surtout dans des régions éloignées. Pourtant, il donnait la preuve qu’il connaissait à fond plusieurs œuvres des plus grands scientifiques, philologues et théologiens ; il est lui-même, l’auteur de quelques études savantes en géologie et en philologie.

C’est à Muncey, dans le comté de Middlesex, que Hurlburt commença en 1828 à enseigner aux Indiens ; les méthodistes, qui l’avaient envoyé à Muncey, lui confièrent la direction d’une mission l’année suivante. En 1834, il fut affecté au village indien de Saugeen du lac Huron et, en 1835, il fut ordonné. Installé à la mission St Clair en 1837, il travailla sous la direction de James Evans* et le seconda dans la mise au point de l’orthographe qu’il venait d’inventer pour la langue des Sauteux. Il continua à collaborer étroitement avec Evans quand, en 1838, tous deux furent envoyés dans les avant-postes de la mission de Lake Superior (que l’on nomma plus tard Pic River) par la Société missionnaire méthodiste. Hurlburt demeura à Pic River jusqu’en 1843 ; l’année suivante, à cause de l’état de santé de sa femme, il reçut l’autorisation de travailler dans le Missouri et les régions avoisinantes de la vallée du Mississippi, sous la tutelle de la Conférence des missions indiennes de l’Église épiscopale méthodiste des États-Unis. De retour au Canada en 1851, il exerça son apostolat dans les villages indiens d’Alderville et de Rice Lake jusqu’en 1854 ; on le nomma alors président du district de Hudson’s Bay. Il se rendit à Norway House, son nouveau poste, en compagnie de John Ryerson qui faisait une tournée d’inspection dans les missions méthodistes du Nord-Ouest.

Hurlburt demeura à Norway House jusqu’en 1857 ; cette année-là on l’envoya à Garden River, puis, en 1858, à la mission St Clair. C’est là et sur l’île Manitoulin qu’il œuvra principalement, jusqu’à sa mort survenue le 14 avril 1873. Il mourut des suites de blessures qu’il s’était infligées en tombant sur la glace alors qu’il construisait un bateau en vue d’une tournée missionnaire. À l’exception de cinq années passées comme pasteur chez les Blancs, il travailla toute sa vie parmi les Indiens : il fit du ministère dans presque toutes les missions indiennes des méthodistes du Canada et, pendant sept ans, dans des missions américaines.

Le but de Hurlburt était d’apporter aux Indiens le christianisme et la civilisation. Seul le christianisme, affirmait-il, pouvait les civiliser et les premiers moyens d’y parvenir étaient « l’Écriture sainte dans leur langue, et [...] un organisme à leur service, des écoles et la prédication en langue indienne ». Hurlburt encouragea la formation d’instituteurs et de pasteurs indiens ; il traduisit et fit imprimer dans la langue des Cris et des Sauteux l’Écriture sainte, le catéchisme et des hymnes. En 1861, pendant son séjour à la mission St Clair, il commença la publication de Petaubun, Peep of Day (Sarnia), un journal mensuel en sauteux et en anglais. Grâce à ses connaissances très poussées du fonctionnement des organes de la parole et grâce à sa maîtrise de la phonétique indienne, il parlait couramment plusieurs dialectes ce qui est un fait remarquable. Il fut le seul missionnaire méthodiste de son temps à prêcher aux Indiens sans l’aide d’un interprète.

Dans les années 50, le gouvernement commença à exproprier, sur la péninsule de Bruce, des terres dont les Indiens réclamaient la possession. Il voulait y établir des Blancs. Hurlburt ne s’opposa pas à l’expropriation mais il protesta contre les dédommagements injustes que les Indiens obtenaient sans droit de recours ; il s’éleva aussi contre le fait de reléguer les Indiens dans un état de « minorité perpétuelle ». Il blâma le gouvernement qui prétendait que les Indiens étaient tous paresseux et constituaient une race sur le point de s’éteindre ; il répéta avec insistance que la seule politique valable à leur égard était d’en faire des « citoyens à part entière ».

On dédaigna les idées de Hurlburt ; malgré ses efforts et ceux de ses contemporains, les Églises et les gouvernements ne réussirent pas à donner aux Indiens du Canada le mode de vie qui pouvait leur convenir.

Arthur G. Reynolds

Thomas Hurlburt est l’auteur de Evidences of the glories of the one divine intelligence as seen in his works (Toronto, 1867) ; A memoir on the inflections of the Chippewa tongue, Information respecting the history, condition, and prospects of the Indian tribes of the United States [...], H. R. Schoolcraft, édit. (6 vol., Philadelphie, 1851–1857), IV : 385–396 ; et de Review of Sir Charles Lyell on The antiquity of man, Methodist Review (New York), XLVII (1965) : 559–582. Ses écrits et ses traductions en cri et en sauteux, ainsi que d’autres œuvres qu’on lui attribue, n’ont pas été retracés.

UCA, John Maclean coll., documentation recueillie pour la biographie de Thomas Hurlburt.— Christian Guardian (Toronto), 1838–1873.— Carroll, Case and his cotemporaries, III, IV, V.— John Maclean, Vanguards of Canada (Toronto, 1918), 66–83.— Erastus Hurlburt, Thomas Hurlburt, Indian missionary, Methodist Magazine (Toronto, Halifax), XXXIV (1891) : 52–59.

Bibliographie générale

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Arthur G. Reynolds, « HURLBURT, THOMAS », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 1 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/hurlburt_thomas_10F.html.

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Auteur de l'article:   Arthur G. Reynolds
Titre de l'article:   HURLBURT, THOMAS
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1972
Année de la révision:   1972
Date de consultation:   1 septembre 2014