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JACOBI, OTTO REINHOLD, peintre et professeur, né le 27 février 1812 à Königsberg (Kaliningrad, Russie), fils de Ehlert Reinhold Jacobi et de Johanne Louise Linck ; il épousa en 1838 Sybille Reuter, et ils eurent deux fils et deux filles ; décédé le 8 février 1901 à Ardoch, Dakota du Nord.

Otto Reinhold Jacobi était le benjamin des trois enfants d’un important marchand et brasseur de malt. Dès l’âge de dix ans, il manifesta un rare talent d’artiste et, selon son propre témoignage, il commença à donner des leçons particulières après la mort de son père en 1822. Son premier maître de dessin fut Christian Ernst Rauschke, et le second, le portraitiste Andreas Knorre. À l’âge de 16 ans, Jacobi quitta l’école secondaire pour enseigner à l’institut des sourds-muets de Königsberg. Deux ans plus tard, en 1830, grâce au soutien financier d’amis de son père, il put étudier à l’Académie des arts de Berlin et prendre des leçons de Karl Friedrich Schulz. En septembre de la même année, il exposa pour la première fois. En 1832, il gagna une bourse lui permettant d’étudier trois ans à l’académie de Düsseldorf (Allemagne), l’une des plus prestigieuses d’Europe, où il reçut des cours de Johann Wilhelm Schirmer. L’académie attirait des étudiants de tous les horizons, et c’est peut-être là que Jacobi eut son premier contact avec l’Amérique du Nord. Au cours des neuf années où il vécut à Düsseldorf, il rencontra Henry Ritter, artiste d’origine montréalaise, et probablement le peintre américain d’histoire Emanuel Gottlieb Leutze. Un biographe de Jacobi, William Robinson Watson, a émis l’hypothèse qu’en 1855, il fit la connaissance de Cornelius Krieghoff*, dont la réputation était déjà établie au Bas-Canada.

Jacobi passa des années productives à Düsseldorf. Il exposa de nouveau à Berlin en 1834, 1836 et 1839 ; il exposa aussi à Halberstadt en 1836 et à Leipzig en 1837, 1839 et 1841. Un carnet d’esquisses découvert récemment montre que, en octobre 1834, il parcourut le Palatinat. C’est peut-être dans cette région qu’il fit la connaissance de Sybille Reuter. D’après la tradition familiale, il contracta la variole, et Billa, comme il l’appelait, le soigna. En 1838, l’année de leur mariage, il illustra l’un des poèmes d’un recueil de Robert Reinick qui parut à Düsseldorf sous le titre de Lieder eines Malers, mit Randzeichnungen seiner Freunde (Chants d’un peintre avec vignettes de ses amis), et il vendit au musée municipal de Königsberg un paysage qui représentait les abords du lac de Genève. Le prince héritier de Prusse, alors en visite à Düsseldorf, fut tellement séduit par un portrait dans lequel Jacobi avait peint Billa en pêcheuse de la Frise qu’il le paya presque le double du prix demandé. On affirme que Jacobi vendit un autre paysage – une scène d’hiver sur le Rhin – à ce qui est maintenant le musée national des beaux-arts de Berlin. Le premier enfant du couple, Ernst (Ernest) Reinhold, naquit le 30 avril 1839, et le second, Carl Gustav Viktor, trois ans plus tard.

Artiste plein de ressource, Jacobi décrocha bientôt son premier poste permanent. En 1840 ou en 1841, l’impératrice de Russie, qui était une princesse prussienne, visita les stations thermales du duché de Nassau et demanda au duc de lui fournir, selon les termes de Jacobi, un « Album de belles aquarelles des environs d’Ems ». Cette commande lui ayant été confiée, Jacobi retrouva le guide de l’impératrice pour savoir où, exactement, elle était allée (on présume qu’elle avait voyagé incognito). Les peintures qu’il exécuta plurent tant à la duchesse douairière de Nassau qu’elle l’engagea « sur-le-champ » comme peintre de la cour de Wiesbaden, la capitale du duché. Pendant la vingtaine d’années qu’il passa à Wiesbaden, Jacobi donna des leçons de dessin aux enfants de la maison ducale, fut conservateur de la collection de tableaux du duc et peignit aussi bien pour la cour – notamment des fresques pour la chapelle grecque en 1855 – que pour des clients lointains. Son représentant, Moatz Bessunger, qui vivait à Liverpool, en Angleterre, en 1853 et s’installa à Montréal en 1855, achetait ses toiles sans les avoir vues et les vendait en Angleterre et en Amérique du Nord. Jacobi semblait parvenu au sommet de sa carrière et menait avec Sybille une « vie très heureuse » à Wiesbaden. Le couple eut deux autres enfants dans cette ville : Franziska (Francesca), née en 1845, et Louise, en 1851.

La mort de la duchesse douairière, en 1856, modifia peut-être la situation de Jacobi. De plus, la perte de son second fils, emporté par la fièvre typhoïde en 1858, le laissait avec un seul héritier mâle, et le fait que ce dernier venait à peine de terminer un cours de génie à Karlsruhe en faisait un candidat de choix pour le service militaire. Dans une lettre écrite en 1896, Jacobi parla aussi d’intrigues de cour dont sa discrétion l’empêchait de dévoiler les détails. (En 1891, un journal américain allégua qu’il avait participé à la révolution de 1848 et n’avait échappé aux poursuites que grâce à sa position à la cour.) C’est peut-être pour ces raisons, ou simplement pour voir s’il ne pouvait pas espérer un meilleur avenir à l’étranger, qu’il quitta Wiesbaden en 1860 et se rendit, seul, à New York.

Jacobi ne se fixa cependant pas là, et le fait qu’il avait déjà exécuté des commandes pour des têtes couronnées y est sans doute pour quelque chose. Bessunger le rencontra à New York et l’amena à Montréal en 1860. C’est là, a raconté Jacobi dans une esquisse biographique écrite en 1894 pour l’auteur Henry James Morgan*, qu’on lui demanda de peindre les chutes de Shawinigan, près de Trois-Rivières, pour offrir au prince de Galles, alors en visite dans la province de Québec. Certes, il est rassurant d’avoir une version de première main de cette anecdote devenue classique, mais il ne subsiste aucun autre document qui fasse état de cette commande ni de la toile elle-même, qui, selon Jacobi, donna « grande satisfaction ». « Tout cet épisode, dit Watson, est une énigme qui n’a jamais trouvé d’explication complète. » Quoi qu’il en soit, Jacobi affirmait avoir reçu un nombre suffisant d’autres commandes pour s’occuper durant trois ans. Il décida de rester.

En 1861, la femme et les enfants de Jacobi le rejoignirent, après avoir reçu du duc de Nassau lui-même l’argent nécessaire au voyage. Vers 1865, les enfants s’établirent sur des terres de l’est du Haut-Canada, à Ardoch, dans le canton de Clarendon, où tous trois se marièrent. Par la suite, Louise et Ernst partirent chacun avec leur famille pour ce qui est maintenant le Dakota du Nord et se fixèrent dans un coin qu’ils baptisèrent aussi Ardoch. Après avoir vécu là et à Manvel, une localité voisine, Ernst s’établit à Grand Forks. Jacobi lui-même déménagea souvent. D’abord installé à Montréal, il voyagea beaucoup le long du Saint-Laurent et de l’Outaouais de 1863 à 1865 avant de se fixer à nouveau, mais contrairement à ce que l’on a dit, il ne s’établit probablement jamais dans la région d’Ottawa. Alternativement, de 1868 à sa mort, il vécut en ville – à Montréal de 1868 à 1872 et de 1887 à 1891, à Toronto de 1878 à 1881 et de 1891 à 1896, à Philadelphie de 1881 à 1883 – et partagea l’existence pionnière de ses enfants, d’abord au Canada de 1873 à 1878 et de 1886 à 1887, puis aux États-Unis de 1883 à 1886 et de 1896 à 1901. C’est là une remarquable feuille de route pour quelqu’un qui avait mené une existence assez sédentaire en Europe.

Dès son arrivée à Montréal, Jacobi, grâce à ses huiles et à ses aquarelles – surtout des paysages, mais aussi, à l’occasion, des portraits et des scènes de genre – se classa au premier rang des artistes de la ville. Bien que des sources secondaires affirment que Jacobi et d’autres peintres montréalais, tels John Arthur Fraser*, Henry Sandham et Charles Jones Way*, travaillèrent un temps pour le photographe William Notman* et que Jacobi poursuivit cette association à Toronto, on n’a encore rien trouvé pour confirmer ces affirmations (en 1884, il tiendrait un studio de photographie à Manvel). Comme Krieghoff et Paul Kane*, Jacobi était avant tout un peintre d’atelier, et cette association eut une influence déterminante sur ses premiers paysages canadiens. Pendant ses dix premières années au Canada, il s’employa à reproduire fidèlement la topographie des lieux dans un style qui conservait la solidité formelle et la puissance de trait de sa période européenne. Chaque fois qu’il peignait un endroit précis, il prenait pour point de départ des photographies, certaines par Notman. Un des meilleurs exemples de cette collaboration, Falls of Ste. Anne, Quebec, qu’il peignit en 1865 et qui se trouve maintenant au Musée des beaux-arts de l’Ontario, à Toronto, est la transposition détaillée, à l’huile, d’une photographie prise par Notman la même année. Cette toile montre la stature de Jacobi et la solidité de sa formation. « Par sa virtuosité technique et le degré auquel elle parvenait à capter la puissance du paysage canadien, a écrit William Clement Forsey, Falls [...] était à l’époque l’une des toiles les plus importantes que l’on eût peintes au [Canada]. » Dans les années suivantes, Jacobi délaissa ses préoccupations topographiques pour faire des toiles plus floues, plus orientées vers le rendu atmosphérique. Selon Forsey, « même ses tableaux à l’huile se mirent à ressembler à des aquarelles ». À compter des années 1870, d’après Dennis Reid, il cessa de peindre des lieux précis et parut se concentrer sur « des paysages stylisés, idéalisés, sans visée topographique particulière ». Paul Duval affirme que ses meilleures œuvres « ont quelque chose du caractère et du charme lumineux des dernières aquarelles alpines de Turner ».

Courtois et doué d’un bon naturel, Jacobi, que Watson a décrit comme « un homme jovial au visage rubicond, qui aimait le rire et la bière », avait l’esprit d’équipe. En 1867, il fonda, à Montréal, la Société des artistes canadiens avec deux autres éminents peintres d’origine allemande, Adolphe Vogt et William Raphael*, de même qu’avec Allan Aaron Edson*, Fraser, Sandham et Way. Membre de l’Association des beaux-arts de Montréal au moins à compter de 1865, il fut admis à l’Ontario Society of Artists en 1876 sur la recommandation de Lucius Richard O’Brien*. En 1879, il fut mis en nomination à titre de membre fondateur de ce qui allait devenir l’Académie royale des arts du Canada [V. John Douglas Sutherland Campbell*] ; quatre ans plus tard, il remplit la condition d’admission, soit la présentation d’un morceau de réception. En 1890, il entra au Pen and Pencil Club de Montréal.

Contrairement au portraitiste torontois George Théodore Berthon*, formé lui aussi en Europe, Jacobi exposa régulièrement et en beaucoup d’endroits. Il participa aux expositions de l’Association des beaux-arts de Montréal de 1864 à 1898, à celles de l’Ontario Society of Artists de 1878 à 1896 et à celles de l’Académie royale des arts du Canada 16 fois de 1881 à 1898. En outre, il participa à des expositions organisées par les autres sociétés auxquelles il appartenait ainsi qu’à l’Upper Canada Provincial Exhibition tenue à London en 1865, où il remporta un deuxième prix, à l’Exposition universelle de Philadelphie de 1876, où il présenta jusqu’à 12 œuvres, à l’Industrial Exhibition de Toronto en 1881 et en 1900, et à l’Exposition universelle de Chicago en 1893. La Pennsylvania Academy of the Fine Arts de Philadelphie exposa huit de ses œuvres en 1881. L’Association des beaux-arts de Montréal lui décerna, en 1870, un prix qu’il partagea par la suite avec l’Ontarien Daniel Fowler*. Il fut l’un des premiers à être invités par Thomas Mower Martin*, en 1877, à enseigner à l’Ontario School of Art de Toronto (dans son cas, il s’agissait de donner des cours d’aquarelle). Il bénéficia de la protection du Montréalais George Alexander Drummond, homme d’affaires en vue et collectionneur d’art. Parmi tous ces témoignages de reconnaissance, celui qui le toucha le plus fut son élection à la présidence de l’Académie royale des arts du Canada en 1890 (il en devenait ainsi le deuxième président). Son ami le peintre Robert Harris*, qui avait été élu mais avait refusé le poste, a dit : « Alors le vieux Jacobi a été élu président, et je pense que rien, dans ses quatre-vingts années d’existence, ne lui a fait plus plaisir. Il occupe l’atelier voisin du mien, et sa joie semble envahir tout l’édifice. »

Pendant les trois années où Jacobi présida l’académie, sa vue baissa – le critique Newton McFaul MacTavish* note qu’il allait jusqu’à chausser trois paires de lunettes pour peindre – et il devint de plus en plus reclus. Lui-même et sa femme quittèrent le Canada pour la dernière fois en juillet 1896 et allèrent vivre avec leur fille Louise à Ardoch. Dans une émouvante lettre écrite en janvier 1897 à un ancien élève de Toronto, il disait avoir du mal à peindre parce que les reflets du soleil sur la neige troublaient sa vue. Il mourut chez Louise le 8 février 1901.

Personne n’a jamais douté du talent de Reinhold Otto Jacobi. Selon un jugement caractéristique de ce qu’on peut lire à son sujet et que l’on doit à Forsey, il était « l’un des peintres les mieux formés et les mieux établis à venir au Canada au xixe siècle ». Cela dit, la critique de son art n’est pas unanime. Même ceux qui sont bien disposés envers lui trouvent son œuvre répétitive. Ce peintre qui produisit des centaines de toiles – Reid parle de milliers – retournait inlassablement à ses sujets de prédilection, les cascades et les paysages d’automne. Tout en reconnaissant que Jacobi fut « indubitablement le pionnier de la peinture dans le Nord ontarien », Albert Henry Robson note : « l’esprit du pays lui échappait ; la topographie était excellente, mais l’atmosphère et la couleur, essentiellement européennes ». Augustus Bridle, dans le Toronto Daily Star du 1er novembre 1929, rejeta cette accusation en disant : « il était plus Canadien que certains des pionniers britanniques qui parsemèrent l’Ontario de petites Angleterre pour ne pas se sentir seuls ». Quant à sa contribution à l’art canadien, fut-elle notable ? Il n’enseigna pas longtemps à l’Ontario School of Art et donna des leçons particulières à un seul élève distingué, Sandham, mais on reconnaît que sa compétence amena de jeunes artistes à aller chercher, à l’étranger, le genre de formation qu’il avait reçue. Watson résume sa carrière ainsi : « Jacobi a enrichi son pays d’adoption de bien des manières, et nous pouvons remercier le destin de l’étrange tour par lequel il l’a conduit ici ». Peut-être faut-il laisser le mot de la fin à Harris, qui lui succéda en 1893 à la présidence de l’Académie royale des arts du Canada. Vers 1880, celui-ci écrivit qu’il était : « le meilleur qui soit en fait de paysage » et « aussi peu banal qu’on puisse l’être ».

Georg K. Weissenborn

Des peintures d’Otto Reinhold Jacobi exécutées avant et après son arrivée à Montréal en 1860 font partie de nombreuses collections publiques canadiennes, de la Colombie-Britannique au Nouveau-Brunswick, le plus grand nombre se trouvant en Ontario : Hamilton, Toronto, Oshawa, Kingston et Ottawa. On trouve également des reproductions publiées de ses tableaux dans : J. R. Harper, Painting in Canada, a history ([Toronto], 1966) ; N. [McF.] MacTavish, The fine arts in Canada (Toronto, 1925 ; réimpr., [introd. de Robert McMichael], 1973) ; The National Gallery of Canada catalogue of paintings and sculpture, R. H. Hubbard, édit. (3 vol., Ottawa et Toronto, 1957–1960), 3 (qui comprend son morceau de réception) ; The painter and the New World ; a survey of painting from 1564 to 1867 marking the founding of Canadian confederation, [D. G. Carter], compil. (catalogue d’exposition, musée des Beaux-Arts de Montréal, 1967) ; et A. H. Robson, Canadian landscape painters (Toronto, 1932). La peinture sans doute la plus reproduite est Falls of Ste. Anne, Quebec ; elle figure dans W. C. Forsey, The Ontario community collects : a survey of Canadian painting from 1766 to the present (catalogue d’exposition, Art Gallery of Ontario, 1975) ; D. [R.] Reid, A concise history of Canadian painting (2e éd., Toronto, 1988) et « Our own country Canada » : being an account of the national aspirations of the principal landscape artists in Montreal and Toronto, 1860–1890 (Ottawa, 1979) ; et Ann Thomas, Fact and fiction : Canadian painting and photography, 1860–1900 (catalogue d’exposition, Musée McCord, Montréal, 1979). Un portrait de Jacobi exécuté par Robert Harris en 1892 est reproduit dans le catalogue du musée des Beaux-Arts du Canada et dans le livre de MacTavish, et une photographie se trouve dans l’ouvrage de Reid (1979).

Ce compte rendu de la vie de Jacobi est basé sur des sources primaires constituées à partir de divers dépôts d’archives allemands, dont Geheimes Staatsarchiv Preueischer Kulturbesitz et Evangelisches Zentralarchiv, tous deux à Berlin ; Verein für Familienforschung à Ost- und Westpreueen (Hambourg) ; les registres d’étudiants de l’académie de Düsseldorf ; et Generallandesarchiv Karlsruhe.

D’autres sources primaires ont été fournies par un certain nombre de descendants du peintre au Canada et aux États-Unis, y compris le carnet de croquis de sa tournée du Palatinat en 1834 (Patricia Keyser, Californie), une collection de croquis de famille (Kenneth Jacobi, Californie), et un manuscrit dactylographié intitulé « Jacobi family history », préparé en 1939 par Gustav Jacobi, un petit-fils (l’auteur en possède une copie). Il faut accorder une importance particulière à l’ébauche d’une autobiographie olographe de 12 pages, datée du 28 juillet 1894 et adressée à Henry James Morgan, qui a publié la biographie de Jacobi quatre ans plus tard dans Canadian men and women of the time. Un exemplaire de cette ébauche est en la possession de l’auteur, ainsi que des photocopies de la plupart des autres sources mentionnées et un enregistrement préparé par Mme Ernestine Rossiter White, descendante et historienne non officielle de la famille.

Même si un certain nombre de travaux publiés et inédits traitent de Jacobi, la plupart ne lui rendent pas justice ; en fait, d’insignes erreurs se répètent d’une « source » à une autre. Pour avoir pu écarter définitivement l’anecdote souvent répétée et sans fondement voulant que Carl Jacobi soit mort après être tombé d’un pommier, l’auteur est reconnaissant à M. W. D. Tidball, descendant demeurant en Alberta, qui a fourni la preuve, à partir de sources conservées à Wiesbaden, que la cause du décès avait été la typhoïde.

Une hypothèse publiée est très curieuse. William Robinson Watson déclare dans le Standard dict. of Canadian biog. (Roberts et Tunnell) : « Il est possible que Jacobi n’ait laissé aucune famille sur le continent. » En fait, une lettre de Jacobi datée de 1894 et adressée à Morgan révèle qu’il avait 20 petits-enfants et « quelques » arrière-petits-enfants. Parmi ses nombreux descendants, on compte l’actrice de cinéma Jane Russell, arrière-arrière-petite-fille qui possède l’un des cahiers de croquis de Jacobi et qui, dans Jane Russell : my path & my detours : an autobiography (New York, 1985), chérit la mémoire de cet illustre aïeul.

On ne connaît pas la source de l’information erronée voulant que Jacobi soit mort chez Ernst, et à un endroit appelé parfois « Jaiva, Dacota », « Jarva, Dakota », « Taiva, Dakota », « Travia, dans les États de l’Ouest », Wyoming et Texas ; le fait que l’on donne le 8 février et non le 20, comme on l’avance souvent, pour la date de son décès est basé sur la notice nécrologique du Grand Forks Herald (Grand Forks, N.Dak.), 9 févr. 1901 (le numéro est conservé à la N. Dak., State Hist. Soc., Bismarck). Un rappel a paru dans un numéro subséquent du journal, peut-être celui du 16 février, et nous en avons obtenu une transcription d’un descendant qui habite à San Francisco. La notice nécrologique la plus éloquente à paraître au Canada a été écrite par Harris et publiée anonymement dans le Montreal Daily Star, 21 févr. 1901 : 1. Comme les registres du cimetière Ardoch ont été perdus, on ne peut plus identifier la tombe de Jacobi.  [g. k. w.]

AO, F 1140.— Confederation Centre Art Gallery and Museum, Arch. (Charlottetown), Robert Harris papers, notes, box 34 : 37.— Musée des Beaux-Arts de l’Ontario, Library, R. F. Gagen, « Ontario art chronicle » (copie dactylographiée, circa 1919) ; T. R. Lee coll., O. R. Jacobi, lettre datée de janv. 1897.— Musée des Beaux-Arts de Montréal, Arch., List of subscribers to the Art Assoc. and Art Union, 1865.— Musée McCord, Pen and Pencil Club of Montreal records, O. R. Jacobi à P. T. Lafleur, 15 mai 1896.— Evening Telegram (Toronto), 26 févr. 1927.— Montreal Daily Herald, 23 févr. 1901.— Northwest News (Grand Forks), 21 mars 1891.

         Allgemeines Lexikon der bildenden Künstler von der Antike bis zur Gegenwart [...], Ulrich Thieme et al., édit. (37 vol., Leipzig, Allemagne, 1907–1950).— Annuaire, Montréal, 1855–1856.— The annual exhibition record of the Pennsylvania Academy of the Fine Arts, 1876–1913, P. H. Falk, compil. ([Madison, Conn], 1989).— ARAC exhibitions (McMann).— C. A. Armstrong, Away back in Clarendon and Miller ([2e éd.], Westboro, Ontario, 1976), 23, 48, 50–51, 87, 102.— W. [G.] Colgate, Canadian art, its origin & development (Toronto, 1943 ; réimpr., 1967).— The development of painting in Canada, 1665–1945 (Toronto, 1945).— Paul Duval, Canadian water colour painting (Toronto, 1954).— Gore’s directory for Liverpool and its environs [...] (Liverpool), 1853.— Harper, Early painters and engravers.Minnesota, Dakota and Montana gazetteer and business directory (Minneapolis et St Paul, Minn.), 1884–1885 : 1550.— Montreal Museum of Fine Arts, formerly Art Association of Montreal, spring exhibitions, 1880–1970, Ede R. McMann, compil. (Toronto et Buffalo, N.Y., 1988).— Musée des Beaux-Arts de l’Ontario, The Canadian collection (Toronto, 1970).— « Name origins of North Dakota cities, towns and counties », N.Dak. Hist. (Bismarck), 13 (1946) : 127.— The National Museum of American Art’s index to American art exhibition catalogues from the beginning through the 1876 centennial year, J. L. Yarnall et W. H. Gerdts, compil. (6 vol., Boston, 1986).— Saturday Night, 25 juill. 1896 : 9.— W. S. Wallace, The dictionary of Canadian biography (Toronto, 1926).— W. R. Watson, Retrospective recollections of a Montreal art dealer (Toronto et Buffalo, 1974).— J. C. Webster, Catalogue of the John Clarence Webster Canadiana Collection, New Brunswick Museum (3 vol., Saint-Jean, N.-B., 1939–1949), 3.— Moncrieff Williamson, Robert Harris, 1849–1919 ; an unconventional biography (Toronto, 1970).

Bibliographie générale

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Georg K. Weissenborn, « JACOBI, OTTO REINHOLD », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 20 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/jacobi_otto_reinhold_13F.html.

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Auteur de l'article:   Georg K. Weissenborn
Titre de l'article:   JACOBI, OTTO REINHOLD
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1994
Année de la révision:   1994
Date de consultation:   20 avril 2014